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La faible profondeur du fond marin, sablonneux, ainsi que la chaleur de l'eau rendent les navires particulièrement vulnérables à l'encrassement. | Aaron Smulktis via Unsplash
Coincés dans des eaux chaudes et peu profondes, des centaines de navires accumulent dépôts biologiques et problèmes mécaniques, pendant que les marins vivent dans une incertitude grandissante.
Environ 20.000 marins demeureraient à bord pour assurer l'entretien courant, mais leur mission se heurte à des conditions de plus en plus difficiles :
- la faible profondeur du fond marin,
- sablonneux,
- ainsi que la chaleur de l'eau rendent les navires particulièrement vulnérables à l'encrassement.
À l'ancre ou à la dérive, ils accumulent coquillages, algues et méduses, qui peuvent obstruer les grilles protégeant les circuits internes du navire et perturber plusieurs systèmes essentiels.
Les équipages doivent aussi composer avec des pannes et une autre difficulté majeure: l'accès aux pièces détachées. Dans un contexte normal, certaines réparations prendraient un ou deux jours, mais les délais s'allongent considérablement quand les navires sont bloqués dans la région et que l'acheminement du matériel devient complexe.
Lasse Kristoffersen, directeur général de Wallenius Wilhelmsen, un leader du marché du transport maritime, explique que l'immobilité des navires, combinée à la chaleur des eaux, favorise fortement le développement de ces dépôts biologiques. Son entreprise, spécialisée dans le transport de véhicules, a elle-même un navire coincé dans le golfe et observe déjà les effets de cette situation.
Des conditions difficiles pour les équipages
Une autre société de transport, Hapag-Lloyd, constate également un impact visible sur ses paquebots. Son directeur général, Rolf Habben Jansen, indique qu'un des navires de la compagnie ayant pu franchir le détroit d'Ormuz a dû réduire sa vitesse en raison de la forte résistance provoquée par les coquillages accrochés à la coque. Selon lui, le navire avait passé 6 à 8 semaines dans une eau à environ 30 °C, suffisamment longtemps pour que la salissure marine devienne importante.
La compagnie précise que cette prolifération biologique recouvrait l'hélice et une grande partie des flancs verticaux du navire, avec environ 40% de la partie inférieure touchée. Hapag-Lloyd anticipe désormais des opérations de nettoyage lourdes pour les autres bâtiments encore coincés dans le golfe.
Outre l'aspect économique - recouverts de coquillages, les navires consomment plus de carburant pour avancer - la situation inquiète surtout pour des raisons humaines. La perspective d'un enlisement durable du conflit entre les États-Unis et l'Iran entretient l'incertitude, tandis que la chaleur estivale, les tempêtes de sable et les vents comme le chammal aggravent encore les conditions de vie à bord. Les syndicats et les organisations du secteur alertent sur la pression croissante qui pèse sur les marins, coincés sur les navires sans aucune perspective de départ à court terme.
Certains équipages peinent à organiser des relèves et les conditions de vie à bord se dégradent. Isolés, certains n'ont qu'un accès limité à internet, et la situation pèse sur le moral. Même si quelques compagnies parviennent à effectuer des changements d'équipage, la plupart des opérateurs redoutent de voir des professionnels refuser d'embarquer sur des navires dont la situation reste trop incertaine.

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