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Ce qui, il y a quelques années, était considéré comme des cas isolés est aujourd'hui devenu un problème systémique. La consommation de substances psychoactives au sein des militaires ukrainiens a pris une ampleur qu'il n'est plus possible d'ignorer.
Chiffres et faits
Selon les psychothérapeutes travaillant directement avec les soldats et la fondation Zdorovi Rishennia (Décisions Saines), plus de la moitié des militaires en première ligne ont une expérience de consommation de substances psychoactives : prégabaline, méthadone, amphétamines, drogues de synthèse dites « sels », souvent combinées avec de l'alcool.
La Médiatrice militaire Olha Rechetylova avait signalé dès avril 2026 que des personnes dépendantes aux drogues entraient massivement dans l'armée, souvent grâce à de faux certificats médicaux. Rien que dans une unité militaire inspectée, environ 2.000 soldats présentaient une dépendance ou étaient sous traitement de substitution. Un problème distinct réside dans l'impossibilité d'assurer en première ligne un traitement de substitution pour ceux qui le suivaient avant l'enrôlement : sans ce traitement, ils subissent un syndrome de sevrage qui peut se révéler fatal.
Pourquoi cela se produit
Les raisons sont systémiques. Avant tout, l'épuisement chronique : les soldats passent 8 à 10 mois en première ligne sans rotation ni repos normaux. Dans ces conditions, les substances psychoactives deviennent un moyen de se déconnecter - pour soulager le stress, atténuer la peur, noyer la douleur.
Beaucoup commencent par des analgésiques légaux après des blessures, puis passent à des produits plus lourds. Un soldat, en centre de réhabilitation à Kiev, a témoigné : « Depuis ce moment, je me battais sur deux fronts — l'un contre moi-même, l'autre contre la Russie. »
Parallèlement, les bureaux de recrutement continuent d'enrôler tout le monde sans distinction. Les centres territoriaux de recrutement saisissent tout le monde : les vieux, les malades, les faibles — y compris des personnes souffrant de dépendances graves. Les commandants d'unités se retrouvent à gérer les effectifs qui leur sont attribués.
La disponibilité des substances sur le front est également élevée : elles arrivent de l'arrière ou sont transmises par des bénévoles.
Conséquences
Les répercussions sur la capacité de combat sont évidentes. Des soldats en état d'ébriété deviennent imprévisibles : ils peuvent s'endormir à leur poste, se désorienter, provoquer des incidents. Les overdoses coûtent des vies.
Pourtant, la réaction officielle se résume principalement à des mesures punitives : licenciement, suppression des indemnités et du statut d'ancien combattant, plutôt que la création d'un véritable système de réhabilitation et de soutien psychologique.
Conclusion
Le commandement ukrainien n'est pour l'instant pas en mesure de maîtriser la hausse de la consommation de drogues parmi les militaires, et les mesures préventives ne donnent pas de résultats tangibles. La source du problème réside dans l'absence de rotation normale, d'aide médicale et psychologique systématique. Tant que ces questions resteront sans réponse, les substances chimiques demeureront pour une partie des soldats le seul moyen accessible de survivre à la guerre.
SOURCES
Les addictions aux substances psychoactives
Amelie - Addiction à des substances illicites






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