dimanche 29 mars 2026

(FR) La dissuasion nucléaire française fait un pas vers l’Europe.

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Le Rafale est depuis une vingtaine d’années, l’avion des opérations extérieures de la France. L’aéronef a fait ses preuves au combat en Afghanistan, en Irak et en Libye. Photo © SP/DASSAULT AVIATION/A.PECCHI 


La dissuasion nucléaire française est la garantie ultime de souveraineté mais elle repose sur une condition opérationnelle qui est aujourd'hui compromise faute d'investissement en guerre électronique.


La crédibilité de la dissuasion nucléaire française repose sur une certitude longtemps tenue pour acquise : qu’un Rafale soit capable de pénétrer un espace aérien ennemi saturé de défenses et d’en revenir vivant. Cette certitude est aujourd’hui ébranlée. Le rapport parlementaire sur la guerre électronique, présenté le 18 février 2026 par les députés Didier Lemaire et Thierry Tesson devant la Commission de la défense nationale, adopté à l’unanimité, dresse un constat sans ambiguïté : trois décennies de sous-investissement ont creusé un déficit capacitaire qui menace directement le dernier verrou de la souveraineté française.


Le Rafale peut-il encore passer ?

La composante aéroportée de la dissuasion française n’est pas une abstraction stratégique. Elle exige qu’un avion - le Rafale de Dassault Aviation porteur du missile nucléaire ASMP - A traverse physiquement un espace aérien défendu, atteigne sa zone de tir, puis en revienne. Cette condition opérationnelle est aujourd’hui frontalement contestée par l’émergence des stratégies A2/AD - dispositifs de déni d’accès et d’interdiction de zone qui combinent radars d’alerte avancée à très longue portée, batteries sol-air de haute performance et brouillage massif du spectre électromagnétique.

Pénétrer un tel environnement sans préparation revient à entrer dans une salle obscure truffée de capteurs en croyant passer inaperçu. Les rapporteurs le formulent sans détour : « La priorité porte sur la reconquête de la capacité de suppression des défenses aériennes ennemies, qui nous permet de garantir l’entrée en premier et la crédibilité de la dissuasion. » Comme l’avait lui-même reconnu Emmanuel Macron lors de son discours à l’hôtel de Brienne le 13 juillet 2025, nos moyens de guerre électronique font partie de nos « zones de fragilité ».


Deux guerres récentes, une leçon commune

Deux opérations militaires menées en 2025 et 2026 ont apporté la démonstration pratique de ce que la théorie militaire enseignait depuis des années.

Opération 1 - Dans la nuit du 12 au 13 juin 2025, Israël lance l’opération « Rising Lion » (Guerre des Douze Jours) contre l’Iran. En 12 jours, l’armée de l’air israélienne effectue plus de 1.500 sorties offensives avec 370 aéronefs, frappant 900 cibles principales réparties sur l’ensemble du territoire iranien, jusqu’à Mashhad, à 2.500 kilomètres des bases de départ. Ce résultat spectaculaire n’a pas été obtenu par un avantage furtif ou numérique brut : il a été rendu possible par des missions massives de suppression des défenses antiaériennes ennemies SEAD conduites dès les premières heures. En 24 heures, 40 batteries iraniennes sont neutralisées - dont des systèmes S-300, Bavar-373 et Khordad 15 au cinquième jour. Drones, brouillages massifs et missiles anti-radar rendent aveugles tous les systèmes de veille iraniens avant que les frappes sur le programme nucléaire commencent. Téhéran elle-même, censée être la mieux défendue, est atteinte sans opposition significative.

Opération 2 : Six mois plus tard, dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les États-Unis lancent l’opération « Absolute Resolve » (Enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis) au Venezuela avec plus de 150 aéronefs issus de 20 bases différentes. L’élément décisif n’est ni la furtivité des F-35B ni la puissance de feu conventionnelle, mais les avions de guerre électronique Boeing EA-18G Growler de l’US Navy, déployés depuis le porte-avions USS Gerald R. Ford. En quelques minutes, les radars vénézuéliens - dont des systèmes russes Buk-M2E et des radars chinois JY-27 présentés comme capables de détecter des avions furtifs - sont rendus inopérants. Les opérateurs vénézuéliens décrivent leurs écrans « saturés d’interférences, comme si quelqu’un avait jeté du sable sur les moniteurs ». Les forces spéciales interviennent sans pertes.

Message stratégique identique dans les deux cas : sans maîtrise du spectre électromagnétique, aucun système de défense aérienne, aussi sophistiqué soit-il, ne résiste. Ce sont précisément ces capacités - SEAD massives, brouillage offensif, missiles anti-radar - que la France a méthodiquement abandonnées depuis 30 ans.


Trente ans d’abandon

Dans les années 1970-1980, face à la menace du Pacte de Varsovie, la France alignait le missile anti-radar AS-37 Martel et disposait d’escadrons de chasse spécialisés en guerre électronique Escadron  2/11 Vosges, basé à Toul-Rosières. Le Martel avait précisément pour mission d’ouvrir un couloir aérien vers les cibles nucléaires assignées aux Mirage IV, en détruisant les radars sur son passage. Il fut utilisé opérationnellement en 1986 lors du raid sur la base libyenne d’Ouadi-Doum.

Le 1er juillet 1996, l’EC 2/11 est dissous - sacrifié aux dividendes de la paix qui suivent la chute du mur de Berlin. Son missile successeur, l’ARMAT, connaît le même sort. Depuis lors, la France ne dispose plus d’aucun missile anti-radar dédié.

La guerre électronique est alors progressivement reléguée au rang de « variable d’ajustement budgétaire, parfois même la variable d’ajustement de la variable d’ajustement », selon les termes mêmes de Thierry Tesson devant la commission. Vingt ans d’opérations dans des théâtres permissifs - Sahel, Afghanistan - où la menace aérienne se résumait à des missiles sol-air à courte portée ont accéléré l’atrophie. Le retrait prématuré des C-160 Transall en mai 2022 - plateformes de renseignement électromagnétique sans successeur immédiat - a laissé un trou capacitaire de 3 ans, comblé seulement en 2027. Résultat cumulé : un déficit structurel documenté sur l’une des dimensions les plus critiques du dispositif de défense nationale.




Rafale F5 et ASN4G : le plan de rattrapage

Le programme de remontée en puissance repose sur une triade cohérente dont les composantes convergent toutes vers l’horizon 2033-2035.



© Rafale F5 et drone de combat (Photo Dassault Aviation)

Le Rafale au standard F5 constitue le pivot de cette transformation. Son nouveau radar RBE2-XG, exploitant le nitrure de gallium, offrira une portée de détection supérieure de 50 à 70 % à l’actuel, avec une résistance au brouillage significativement améliorée et la capacité de conduire des attaques électroniques dans les bandes X, Ku et K. Le système d’autoprotection SPECTRA sera entièrement renouvelé - passage au tout-numérique, intégration de l’intelligence artificielle IA, traitement de données atteignant 1 téraoctet par seconde. La mutation est surtout doctrinale : le Rafale F5 ne se contentera plus d’esquiver et de se défendre. Il intégrera des capacités offensives de neutralisation des défenses adverses - nacelles de brouillage, charges électromagnétiques embarquées ou éjectées. Capacité opérationnelle initiale en 2033, pleine capacité en 2035.



nEUROn au Salon du Bourget 2013 - Démonstrateur de drone de combat.

Pour faire ce que le Rafale seul ne peut pas faire - pénétrer les défenses les plus denses avant que le couloir soit ouvert - la France développe un drone de combat furtif de grande envergure, officialisé en octobre 2024 par le ministre Sébastien Lecornu. Héritier direct du démonstrateur nEUROn, cet appareil représente un saut d’échelle considérable : 17,5 tonnes au décollage, propulsion par moteur un  turboréacteur double-flux à postcombustion Safran M88, technologies de furtivité avancées. Opérant en binôme avec le Rafale F5 dans une logique de combat collaboratif homme-machine, sa mission première sera précisément celle qui manque aujourd’hui à la France : « faire un pré-trou pour un chasseur moins furtif qui traitera l’objectif ». Entrée en service prévue à l’horizon 2033.

Le missile nucléaire lui-même fait l’objet d’un renouvellement complet. L’ASN4G - Air-Sol Nucléaire de 4e Génération - succédera à l’actuel ASMP-A à l’horizon 2035. Développé par MBDA et l’ONERA depuis 2014, il sera propulsé par statoréacteur hypersonique à une vitesse officiellement supérieure à Mach 5 (6.174 km/h) - avec des projections industrielles évoquant Mach 7 (8.643,6 km/h) -, doté d’une manœuvrabilité à haute vitesse qui le rend structurellement difficile à intercepter, et d’une portée dépassant significativement les 1.000 kilomètres . Le 18 mars 2025, Emmanuel Macron a annoncé sur la base aérienne de Luxeuil-Saint-Sauveur un investissement de 1,5 milliard d’euros pour préparer son déploiement.

Complétant cette architecture, le programme STRATUS (Futur missile antinavire/Futur missile de croisière) prévoit deux variantes développées par MBDA pour la France, le Royaume-Uni et l’Italie : le STRATUS LO, missile de croisière subsonique furtif, et le STRATUS RS, variant supersonique entre Mach 3 et Mach 5, à haute manœuvrabilité — qui se déclinera également en missile anti-radar, restaurant ainsi une capacité absente depuis la dissolution de l’EC 2/11. Plus de 750 ingénieurs travaillent sur le programme, dont les essais en vol sont prévus en 2026.

Parallèlement à l’armement, la France doit reconstituer ses bases de données de signatures électromagnétiques ennemies — les « bibliothèques de guerre électronique » — sans lesquelles le SPECTRA du Rafale (Système de protection et d'évitement des conduites de tir du Rafale) ne peut identifier ni neutraliser un radar adverse. Leur dépendance à un fournisseur étranger serait rédhibitoire en mission nucléaire. Deux programmes y répondent : ARCHANGE, dont le premier Falcon 8X a effectué son vol inaugural le 17 juillet 2025 et sera livré à l’armée de l’Air en 2027 ; et CELESTE, successeur spatial des satellites CERES arrivant en fin de vie en 2029, dont le lancement - initialement prévu en 2025 - est désormais repoussé à fin 2026.


2033 : une fenêtre de vulnérabilité à combler

La technologie la plus avancée ne vaut rien sans les hommes capables de la programmer et de l’exploiter. Former un spécialiste capable de programmer la bibliothèque de guerre électronique d’un Rafale en conditions opérationnelles prend 6 ans - délai incompressible. À ce tunnel de formation s’ajoute une hémorragie continue vers le secteur privé, qui offre à ces profils rares des rémunérations sans commune mesure avec les grilles militaires. Le résultat est un bassin de compétences chroniquement sous-dimensionné : quelques centaines d’experts militaires et industriels confondus, que les praticiens eux-mêmes décrivent comme un « club fermé ». Le rapport recommande la création d’un BTS « guerre électronique » et l’instauration de primes de compétences spécifiques. Mais contrairement aux programmes d’armement, ce déficit ne se comble pas par décret budgétaire.

L’horizon qui se dessine dépasse déjà le Standard F5. L’introduction de l’intelligence artificielle embarquée dans les systèmes d’armes ouvre la voie à la guerre électronique cognitive : la capacité pour un système à analyser en temps réel un signal électromagnétique inconnu - jamais répertorié dans aucune bibliothèque - et à générer instantanément une contre-mesure adaptée. En février 2026, Lockheed Martin a franchi cette étape avec le « Project Overwatch » : un modèle d’IA tactique intégré à un F-35 a produit pour la première fois une identification de combat autonome lors d’un vol d’essai à la base de Nellis, en analysant les émissions radar environnantes sans intervention humaine. En France, lors de l’exercice ORION 2026, le COMCYBER (le Commandement de la cyberdéfense) a déployé pour la première fois un commandement dédié au spectre électromagnétique. Le Rafale F5, avec son architecture de traitement à 1 To/s, est dimensionné pour accueillir cette couche cognitive.

La France consacre des milliards à maintenir une posture de dissuasion indépendante, et a laissé se dégrader pendant trois décennies la condition opérationnelle qui la rend crédible. Le rattrapage est engagé - Rafale F5, ASN4G, drone furtif, STRATUS RS - mais l’horizon 2033-2035 laisse une fenêtre de vulnérabilité ouverte. Le rapport Lemaire-Tesson, adopté à l’unanimité.


COMMENTAIRE

Des Rafale F4 puis F5 sur les bases européennes, pour une dissuasion nucléaire avancée, c’est ce qu’a déclaré le Président de la République Française Emmanuel Macron du 2 mars 2026. 

Huit pays européens ont accepté un partenariat dans le cadre de la dissuasion nucléaire française : la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark.

Décision d’employer l’arme nucléaire : en fait, selon le système de décision en place en France, seul le Président de la République Française pourra décider de faire décoller les Rafale F4 dotés de l’arme nucléaire afin d’aller frapper une cible. Les pays partenaires dans cette dissuasion nucléaire avancée pourront solliciter l’intervention, sans jamais pouvoir la déclencher eux-mêmes.

Une telle répartition des Rafale nucléaires sur 8 pays supplémentaires accroit considérablement l’efficacité de la dissuasion, l’ennemi ayant beaucoup plus de difficultés à connaitre la position des moyens nucléaires sur le territoire européen et à les neutraliser le cas échéant.


SOURCES

Elysée : Déclaration conjointe du Président Macron et du Chancelier Merz

Assemblée nationale : Rapport Lemaire-Tesson sur le thème de la guerre électronique

Ministère des Armées : Rafale standard F5 : à la pointe de la technologie

F35 : Lockheed Martin Applying AI to Enhance F-35 Combat Identification System


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samedi 28 mars 2026

(FR) Après le détroit d'Ormuz, l'Iran menace de paralyser un deuxième détroit stratégique Bab el-Mandeb en mer Rouge.

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Après le détroit d'Ormuz, Téhéran menace de perturber le passage stratégique de Bab el-Mandeb en mer Rouge en cas d'offensive américaine. Un nouveau blocage qui menacerait directement les exportations de pétrole de l'Arabie saoudite.


Après le blocage du détroit d’Ormuz, l’Iran menace de s’en prendre au détroit de Bab el-Mandeb. Situé au sud du canal de Suez, Bab el-Mandeb est un point de passage stratégique pour le commerce mondial, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. De nombreux navires l’empruntent pour relier le Moyen-Orient à l’Asie.

Mais Téhéran pourrait ouvrir un front dans cette région en cas d’invasion américaine terrestre sur le sol iranien. D’après la presse américaine, les États-Unis envisageraient de s’emparer d’une île iranienne, l'île de Kharg, où est exportée la quasi-totalité des barils de brut iranien. Aucun ordre n'a pour le moment été donné par Donald Trump.


Craintes sur le pétrole

Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, par lequel transitent 20 % de la production d’or noir, a fait s’envoler les cours du baril. Le baril de Brent de la mer du Nord est encore au-dessus des 100 dollars, ce jeudi 26 mars 2026. Avant le conflit, le prix était de 70 dollars.



L'oléoduc Est-Ouest (à gauche) et l'oléoduc Habshan–Fujairah des Émirats arabes unis (à droite)

Le blocage d’un nouveau détroit dans la région, celui de Bab el-Mandeb, risque de compliquer davantage le commerce d’or noir. C’est surtout l’Arabie saoudite, le premier exportateur mondial de brut, qui risque d’être pénalisée par des perturbations en mer Rouge. Depuis le blocage d’Ormuz, le pays continue d’exporter son pétrole dans la région grâce à son pipeline Petroline qui traverse le pays d’est en ouest, via le port de Yanbu sur la côte ouest. Le volume échangé via cette solution de contournement est d’environ 4 millions de barils par jour, soit 40 % de la production du pays d’avant-guerre, note pour l’AFP Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.


Un couloir pénalisé depuis 2023 par les Houthis

Il n’empêche, le volume de pétrole brut et de produits pétroliers passant par ce détroit a déjà diminué de plus de moitié depuis 2023 et les attaques des Houthis. Ces rebelles du Yémen ont perturbé le commerce maritime mondial avec des attaques de drones et de missiles sur les navires passant par le détroit. Ils s’en prenaient notamment aux flottes occidentales, qui avaient des intérêts avec Israël. Si aucune attaque n’a eu lieu ces derniers mois, les Houthis, alliés de l'Iran, pourraient mettre à nouveau la pression dans la région. « À la moindre évolution du conflit appelant une réponse militaire, nous interviendrons sans délai (...) comme nous l'avons fait lors des phases précédentes », a même déclaré ce jeudi le chef des Houthis, Abdel Malek al-Houthi.

Dans le détail, le passage stratégique voyait passer 9,3 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers par jour en 2023, contre 4,2 millions au premier semestre 2025, d’après les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Concernant le gaz naturel liquéfié (GNL), si 4,2 milliards de pieds cubes de GNL transitaient par jour en 2023, aujourd’hui les flux sont quasi nuls.


Le commerce maritime touché depuis 2023

Du côté du commerce maritime, les grandes compagnies comme Maersk, Hapag-Lloyd et CMA CGM (propriétaire de La Tribune) ont déjà dû, depuis les attaques houthies, détourner les navires par le Cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique. Un contournement plus long et donc plus coûteux.

« À Bab el-Mandeb, il ne passe quasiment que des bateaux avec à leur bord de la marchandise russe, notamment le pétrole et le grain », confie à La Tribune Paul Tourret, directeur de l’ISEMAR, l'Institut supérieur d'économie maritime. Si certaines compagnies, comme Maersk, avaient recommencé de manière progressive à repasser par le canal de Suez et Bab el-Mandeb, le conflit au Moyen-Orient a redistribué les cartes. « Le passage par le canal de Suez est suspendu jusqu’à nouvel ordre, et les navires seront déroutés via le cap de Bonne-Espérance », a publié dans un communiqué CMA CGM, samedi 28 février 2026, après le début des frappes israélo-américaines en Iran.



Le détroit de Bab el-Mandeb


COMMTAIRE

Depuis le début de la guerre 28 février 2026, l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, voie stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial, ce qui a provoqué un choc énergétique majeur.

Aujourd'hui le 28 mars 2026, les rebelles Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont attaqué Israël, s'engageant dans la guerre qui embrase depuis un mois le Moyen-Orient et ébranle l'économie mondiale.

Les Houthis ont annoncé dans la matinée avoir visé des "sites militaires sensibles" en Israël, lors d'une attaque aux missiles balistiques. L'entrée dans la guerre des rebelles houthis pourrait encore perturber davantage le trafic maritime.

Plusieurs médias américains affirment que Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien, Esmael Saghab Esfahani.

Combien de temps cette guerre va-t-elle encore durer ? 

(FR) L'intelligence artificiel, à quoi ça sert dans la vie quotidienne ?

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L’intelligence artificielle est parfois décriée pour ses potentielles conséquences négatives, entre perte de contrôle et risque de déshumanisation. Pourtant, cette technologie peut avoir du bon au quotidien.


L’intelligence artificielle IA (AI : Artificial intelligence) peut faciliter sensiblement votre vie quotidienne, notamment en allant chercher et en compilant des informations de sources diverses. Démonstration à travers quelques exemples très concrets.


Applications d'IA pour planifier vos voyages

Que ce soit pour élaborer le programme de vos futures vacances, ou bien tout simplement pour optimiser vos visites de musées à Paris, l’intelligence artificielle peut être une alliée de taille. L’IA est ainsi capable de générer, en l’espace de quelques secondes, un programme complet de voyage en tenant compte de la distance entre chaque point sur la carte et du temps de transport qu’il vous faudra compter. L’IA peut également vous fournir les horaires de train ou d’avion, le coût à prévoir, les horaires des sites touristiques, etc. Mais au final, vous restez le seul maître à bord pour finaliser vos choix.

Pour accomplir ce petit miracle, vous pouvez utiliser des IA dites généralistes comme ChatGPT (un agent conversationnel d'IA "chatbot" développé par OpenA) ou Google Gemini. Afin d’obtenir le meilleur résultat possible, vous devez tout d’abord rédiger un bon « prompt ». Autrement dit, vous devez décrire de manière simple et concis ce que vous attendez de l’intelligence artificielle. Vous pouvez échanger en direct avec un agent conversationnel ou « bot » qui vous posera des questions afin d’affiner et de mieux répondre à votre demande.

Cerise sur le gâteau, les IA génératives peuvent retranscrire toute cette matière dans un format agréable à lire et avec une couverture que vous aurez choisie. Ou comment réaliser votre guide de voyage sur mesure et personnalisé…

Bon à savoir : Il existe également des IA spécialisées dans les voyages, comme Ask Layla ou GuideGeek.


 Mieux prévenir les chutes grâce aux technologies basées sur l’IA

L’IA peut également être utilisée à bon escient en détectant et prévenant mieux des accidents domestiques, comme les chutes à domicile. Certains types de capteurs détectent par exemple la perte de verticalité et, donc, les chutes. D’autres technologies basées sur l’IA permettent d’établir un score personnalisé qui permet de se faire une idée de la propension qu’une personne aura à chuter.

Ces innovations sont parfois associées à des objets connectés discrets, comme des montres ou des médaillons, qui permettent d’apporter de la sécurité au quotidien.


Ne jetez plus jamais rien de votre frigo grâce à l’IA

Vous avez peut-être l’impression de connaître les mille et unes manières d’accommoder les restes. Cependant, il peut arriver que vous soyez à court d’idées. Dans ce cas, n’hésitez pas à demander à votre IA générative préférée quel petit plat vous pouvez concocter. Il vous suffit de lister les ingrédients présents dans votre réfrigérateur et l’IA vous proposera une recette clé en main, qu’il vous suffira de suivre pas à pas.


Gardez le contact avec vos proches en utilisant l’IA

Enfin, l’intelligence artificielle peut constituer un bon moyen de conserver le lien avec les proches. Il est ainsi possible d’avoir une conversation avec un agent conversationnel "bot", capable de répondre aux interrogations les plus profondes en se basant sur des siècles d’histoire et de philosophie. L’IA peut également être utilisée pour bavarder tout simplement. L’application inTouch se propose, par exemple, d’appeler les grands-parents pour converser ou leur lire des messages écrits de leurs proches. Si cela ne remplace bien entendu pas les contacts humains, cette technologie peut constituer un atout appréciable lorsque le décalage horaire ou une vie professionnelle bien chargée empêche les proches d’être présents autant qu’ils le souhaiteraient…

L’IA peut également servir à rassembler, consigner et mettre en forme des souvenirs. Lorsqu’on a déjà un beau parcours derrière soi, transmettre son expérience et ses mémoires peut apporter une véritable satisfaction.


SOURCES

Wikipédia : Intelligence artificielle

tableau.com : Comment l'intelligence artificielle va changer nos vies ?

ringover.fr : 15 exemples d'intelligence artificielle dans notre quotidien

mews.com : Les 15 meilleures applications d'IA pour planifier vos voyages








vendredi 27 mars 2026

(FR) Discours de Claude Malhuret sur la situation au Proche et Moyen-Orient

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Claude Malhuret - Le Groupe "Les Indépendants - République et Territoires"

Le mercredi 25 mars 2026, un mois après les premiers bombardements, le Sénat débattait de la position française sur la guerre en Iran dans le cadre de l’article 50-1 de la Constitution (déclaration du gouvernement donnant lieu à un débat). Claude Malhuret, une nouvelle fois, a prononcé un discours sans concessions, n’hésitant pas à brocarder le président américain.


Discours de Claude Malhuret sur la situation au Proche et Moyen-Orient

Monsieur le Président, 

Monsieur le Premier ministre, 

Mesdames et Messieurs les ministres,


En février 2022, un fou dangereux, ivre de grandeur, a allumé en Ukraine une mèche qui a fait exploser un baril de poudre et bouleversé l'ordre mondial. La guerre devait durer une semaine, elle entre dans sa cinquième année.

En février 2026, un autre fou dangereux a allumé au Proche-Orient une autre mèche qui remet à nouveau en cause l'équilibre international. La guerre devait-elle aussi durer une semaine ? Un mois plus tard, le monde entier se pose la question : qu'est-ce qui va se passer ? La réponse simple, courte et précise est la suivante : Dieu seul le sait.

Il y a un an, ici même, je comparais la présidence de Trump à la cour de Néron. Je me trompais, c'est la cour des miracles. Un antivax, ancien héroïnomane, est ministre de la Santé. Un climatosceptique, ministre de l'Écologie. Un animateur télé alcoolique, ministre des Armées. Une ancienne agent du Qatar, ministre de la Justice. Une groupie de Poutine, ministre de la Sécurité nationale.

Un proverbe turc dit : "Quand un clown s'installe dans un palais, il ne devient pas roi, c'est le palais qui devient un cirque ". Cette fine équipe a décidé de créer un concurrent de l'ONU. Depuis que son Conseil de la paix existe, Trump a déclenché plus de frappes militaires que Biden durant tout son mandat. Chaque fois que l'affaire Epstein ressurgit, les bombes explosent quelque part dans le monde et font diversion. Bombarder plus pour gagner plus.

Il n'y a pas un pays où Trump n'ait profité de la situation pour s'enrichir sans jamais oublier sa famille. Boeing personnel offert par le Qatar, investissements dans tous les projets du Golfe ou d'ailleurs, manipulation des cours de bourse dont bénéficient quelques initiés. Un seul de ces conflits d'intérêts aurait provoqué ici une procédure immédiate de destitution. Mais nous ne sommes pas ici, nous sommes dans l'Amérique MAGA : la conduite des affaires publiques au service des intérêts privés.

Après les droits de douane, le Groenland, le lâchage de l'Ukraine, l'humiliation des alliés, l'aller-retour inefficace au Venezuela et tant d'autres, une nouvelle aventure insensée commence. Qu'on me comprenne bien : je suis le dernier à me plaindre de la décapitation du régime des mollahs et le premier à réclamer la liberté pour le peuple iranien.

Mais quelle est la stratégie pour y parvenir ? Et les dégâts collatéraux, y compris pour les Iraniens, ont-ils été mesurés ? La réponse est : il n'y a pas de stratégie et les dégâts collatéraux sont passés par pertes et profits. Tout comme lorsqu'en janvier, Trump a appelé les Iraniens à descendre dans la rue pour les laisser ensuite être massacrés par les bassidjis.

Après le prétexte de la bombe atomique iranienne imminente, contredit par la directrice du renseignement américain elle-même, puis l'argument du changement de régime, c'est Marco Rubio qui finalement crache le morceau : "Nous y sommes allés parce que nous avons suivi Netanyahu". Autrement dit, nous n'avons aucun objectif propre.

Trump s'est assis sur les avertissements des rares qui ont eu le courage de lui dire ce qui allait à l'évidence se passer : le blocage du détroit d'Ormuz, l'extension de la guerre à tout le Proche-Orient et enfin les contre-coups dans le monde entier. Dans une dernière intox dont le seul but est de calmer le prix du pétrole et les bourses qui chutent, il annonce que des négociations sont en cours.

Le Président du Parlement iranien dément dans les heures qui suivent. C'est la première négociation internationale où une des parties découvre qu'elle négocie en regardant le journal télévisé. Les pétroliers sont bloqués dans le Golfe, les Émirats ferment leur espace aérien, les influenceurs sur la plage à Dubaï supplient qu'on vienne les rapatrier, les raffineries et les champs de pétrole sont en feu.

Après avoir rassemblé la plus puissante armée du monde, échoué à gagner une guerre contre une puissance moyenne, explosé le prix du pétrole et du gaz, et tenu des discours sans queue ni tête, le golfeur de Mar-a-Lago avoue sans honte être stupéfait par la riposte iranienne, pourtant parfaitement prévisible, et appelle à l'aide ses alliés qu'il insultait hier. Et ceux-ci lui répondent : "Vous n'avez consulté personne, vous n'avez pas de plan et nous n'avons aucune raison de vous suivre à l'aveugle dans le brouillard".

Trump, le seul éléphant au monde qui se promène avec son propre magasin de porcelaine, n'a plus le choix qu'entre deux solutions, aussi mauvaises l'une que l'autre. Se retirer piteusement en prétextant sans convaincre personne, avoir atteint ses objectifs, ou déclencher l'escalade avec les résultats connus d'avance depuis le Vietnam, l'Irak ou l'Afghanistan : l'enlisement et à la fin le départ honteux en laissant le champ libre à l'époque aux communistes, à Daesh ou aux talibans.

Le problème de l'Europe, c'est qu'on ne peut stopper un désastre avec de belles phrases en suppliant Israël et le Hezbollah de ranger leurs armes et en déclarant qu'Ormuz n'est pas notre guerre. C'est vrai, mais cela ne fait que souligner notre impuissance.

À court terme, la position de la France est la bonne. Nous ne participons pas à une offensive sans but, sans stratégie et sans visibilité, mais nous tenons nos engagements internationaux en protégeant nos alliés dans le Golfe et en Méditerranée et en étant prêts à concourir à la libre navigation dans le détroit, car nous sommes le seul pays européen à avoir conservé des forces aéronavales opérationnelles. Cette position doit être soutenue.

Mais il va bien falloir aussi que les 27 commencent à résoudre leurs problèmes urgents et graves. Les guerres en Ukraine et au Proche-Orient nous envoient un message simple et clair. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. De Gaulle l'avait compris le premier, voici 60 ans. Son message a été oublié par les Européens. Il est plus que temps d'en tenir enfin compte.

L'Europe a trois défis majeurs : garantir sa propre sécurité, produire un système de décision efficace et s'inscrire dans la grande révolution technologique, cognitive et financière du XXIe siècle. Sinon, l'alternative sera simple : la vassalisation par nos alliés ou la soumission à nos ennemis.

L'objectif : devenir une Europe puissance militaire par un réarmement qui suppose une réindustrialisation et des investissements massifs, devenir une Europe puissance politique avec, entre autres, l'extension des décisions à la majorité qualifiée. Enfin redevenir une Europe puissance économique et commerciale par la mise en œuvre des rapports Draghi et Letta. Tout le monde le sait, mais peu de choses se passent.

En 2022, on nous a dit que l'Europe entrait en économie de guerre. Quatre ans plus tard, les commandes ne sont pas à la hauteur. La grande œuvre européenne, le marché unique, reste loin des objectifs de 1993. Quant à la révolution technologique, nous sommes à des années-lumière de la mise en place des instruments financiers indispensables pour rattraper les États-Unis et la Chine.

La France occupe une place paradoxale dans cette problématique. Elle est le pays européen qui comprend le mieux la situation, le seul qui ait conservé une armée autre que symbolique et une force de dissuasion. Mais elle est aussi, aujourd'hui, après 40 années de démagogie et de promesses intenables, en grande difficulté budgétaire.

John Adams, le deuxième Président des États-Unis, disait : "Il y a deux façons d'asservir une nation, la première par les armes, la deuxième par la dette". Malgré ces difficultés, vous nous avez annoncé, Monsieur le Premier ministre, une augmentation sensible des budgets de la Loi de programmation militaire et une actualisation de ses objectifs, après que vous l'ayez déjà fait il y a trois ans. C'est un effort que je tiens à saluer, mais c'est aussi un défi.

La campagne pour l'élection présidentielle commencera bientôt. La démagogie des deux extrêmes qui ne vont cesser d'appeler à la gabegie financière et d'expliquer qu'on peut avoir le beurre et l'argent du beurre fera peser sur les candidats raisonnables un terrible handicap. Pourtant, il est impératif de relever le double défi de notre sécurité et de la remise en ordre de nos dépenses publiques.

La question cruciale qui se pose aujourd'hui est la suivante : comment en convaincre nos concitoyens ? 

Je vous remercie.


SOURCES

Claude Malhuret - Le Groupe "Les Indépendants - République et Territoires"
Discours sur la situation au Proche et Moyen-Orient (FR 1/2)
Speech on the situation in the Near and Middle East (EN 2/2)

YouTube : Discours sur la situation au Proche et Moyen-Orient
YouTube : Speech on the situation in the Near and Middle East







(FR) Zone iranienne du détroit d'Ormuz : Mines, drones et 1 600 km de côtes

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Détroit d'Ormuz

Le détroit d'Ormuz est fermé depuis près de quatre semaines, provoquant le chaos sur le marché pétrolier mondial, et rien n'indique pour le moment que la situation s'améliorera.


Le 26 mars 2026, la chaîne de télévision d'information en continu américaine CNN a rapporté que les menaces et les attaques iraniennes contre des navires dans le golfe Persique ont accru les risques pour la navigation au point de paralyser presque totalement le trafic maritime dans cette voie navigable étroite. Il s'agit d'une voie maritime majeure pour environ 20 % du pétrole et du gaz naturel mondiaux, ainsi que pour les engrais nécessaires aux cultures dont le monde dépend.

Face à une crise énergétique qui s'aggrave, le président américain Donald Trump a mis l'accent sur les efforts diplomatiques pour mettre fin au blocus, tout en prévoyant de déployer des milliers de soldats supplémentaires au Moyen-Orient et en envisageant la possibilité que la marine américaine escorte les pétroliers.

L'Iran conserve néanmoins un avantage à bien des égards, notamment grâce à ses méthodes de guerre non conventionnelles, comme l'utilisation de drones et de mines navales peu coûteux, et grâce à sa situation géographique. Ces deux facteurs, combinés, rendent difficile pour les États-Unis et d'autres pays la protection des navires et la garantie de la sécurité militaire dans le détroit d'Ormuz.

Le maintien de ce contrôle est très avantageux pour l'Iran. Les autorités iraniennes ont déclaré qu'elles continueraient à percevoir des redevances pour garantir la sécurité de certains pétroliers traversant le détroit d'Ormuz, après la publication, le 23 mars 2026, d'un rapport de la société d'analyse de données maritimes Lloyd's List Intelligence indiquant qu'au moins deux navires avaient versé d'importantes sommes d'argent pour traverser le détroit.



Pourquoi la géographie est-elle avantageuse pour l'Iran ?

Selon la société d'analyse du transport maritime Vortexa, le détroit d'Ormuz mesure environ 42 kilomètres de large à son point le plus étroit. La majeure partie du trafic maritime emprunte deux voies de navigation principales encore plus étroites.

« On le décrit à juste titre comme un goulot d’étranglement. Il existe de nombreux goulots d’étranglement dans le monde. Mais on pourrait affirmer que celui-ci est particulièrement difficile à contourner car il n’existe aucune alternative », a déclaré Nick Childs, chercheur principal spécialisé dans les forces navales et la sécurité maritime à l’Institut international d’études stratégiques (IISS).

L'un des défis pour les navires et toute opération d'escorte navale est l'espace de manœuvre extrêmement limité.

« En haute mer, les possibilités de manœuvre sont toujours présentes ; mais dans les passages étroits ou les eaux peu profondes, ces possibilités sont impossibles », a déclaré Kevin Rowlands, rédacteur en chef du magazine du Royal United Services Institute. « Cela signifie que l’Iran n’a pas forcément besoin de rechercher activement des cibles. Il peut se contenter d’attendre. »

Cela crée facilement une « zone de danger », où le temps d'alerte avant une attaque peut se compter en secondes, a-t-il déclaré.

De plus, l'Iran dispose d'environ 1 600 km de côtes d'où il peut lancer des missiles antinavires. Ces sites de lancement sont mobiles, ce qui les rend plus difficiles à détruire, et l'étendue de son littoral dans le golfe Persique lui permet de frapper bien au-delà du détroit.

« Au nord, en territoire iranien, le terrain n’est pas une plaine. On y trouve des collines, des montagnes, des vallées, des zones urbaines et des îles au large. Tout cela complique la détection d’une menace imminente et facilite la dissimulation de systèmes d’armes mobiles par l’Iran », a déclaré Rowlands, ancien directeur du Centre d’études stratégiques de la Marine royale, à CNN par courriel.


Quelles sont les menaces auxquelles les navires sont confrontés ?

Les analystes estiment que la capacité de l'Iran à endommager des navires commerciaux par le biais d'une série d'attaques a diminué depuis le début du conflit.

« Toutefois, réduire le risque à zéro est quasiment impossible, et nous pouvons prévoir que les navires continueront à être confrontés à un certain niveau de menace pendant un certain temps encore, de la part de certains ou de l'ensemble de ces systèmes d'armes iraniennes », a déclaré Rowlands.

Selon lui, ces menaces complexes impliquent que toute opération d'escorte de navires pourrait devoir aller bien au-delà d'un convoi traditionnel de navires de guerre se déplaçant devant et derrière les pétroliers.

« Il est fort probable qu’une mission navale emploierait une stratégie de défense à plusieurs niveaux, avec une surveillance par satellite, des avions de patrouille et des drones. Les navires pourraient suivre un itinéraire précis déminé », a déclaré Rowlands.

Par ailleurs, l'expert Childs a déclaré que les États-Unis avaient affaibli une grande partie des capacités navales conventionnelles de l'Iran. Cependant, la plus grande menace demeure l'arsenal non conventionnel iranien, notamment les drones, les petites vedettes rapides et même les drones chargés d'explosifs.

« Si les Iraniens décident de poser des mines, ils pourraient les larguer depuis l'arrière d'un voilier d'apparence inoffensive », a déclaré Childs à CNN. « Bien que les États-Unis aient probablement déjà pris en compte les plus grands sous-marins iraniens, il pourrait également s'agir de petits sous-marins », a-t-il ajouté, faisant référence à des sous-marins plus petits capables d'opérer en eaux peu profondes.

Les alliés des États-Unis, notamment la Grande-Bretagne, la France et Bahreïn, travaillent également à l'élaboration de plans viables pour protéger la navigation internationale sur cette voie navigable.



L'équipage du navire thaïlandais Mayuree Naree a abandonné le détroit d'Ormuz après une attaque de drone iranienne. Photo : Marine royale thaïlandaise.

Quelle est la situation actuelle ?

L'Iran a attaqué au moins 19 navires près du détroit d'Ormuz, dans le golfe Persique et le golfe d'Oman.

Les analystes soulignent que l'Iran n'a même pas besoin de détruire des navires pour atteindre son objectif de perturber le commerce mondial de l'énergie. Tant que la menace demeure suffisamment élevée, il est peu probable que les compagnies maritimes prennent le risque de reprendre leurs activités. Cependant, certains navires liés à l'Iran, à la Chine, à l'Inde et au Pakistan sont parvenus à franchir le détroit.

L'Iran affirme que les navires non hostiles peuvent traverser le détroit s'ils coopèrent avec les autorités iraniennes. Un rapport de Lloyd's List Intelligence indique qu'au moins 16 navires l'ont franchi, dont un qui aurait versé un droit de passage de 2 millions de dollars, ainsi que plusieurs pétroliers fantômes utilisant de fausses identités de navires désarmés. CNN n'a pas pu vérifier ces informations de manière indépendante.

Même si le trafic maritime des pétroliers reprenait intégralement, il faudrait encore du temps pour résorber les embouteillages. Selon l'Organisation maritime internationale, près de 2 000 navires sont actuellement immobilisés dans le golfe Persique.

Selon CNN, Washington a maintes fois mis en avant ce qu'il considère comme des progrès diplomatiques. De son côté, l'Iran affirme ne pas négocier avec les États-Unis, tout en reconnaissant avoir échangé des messages par l'intermédiaire de médiateurs.

Le président Trump a également menacé de frapper d'autres sites liés au commerce pétrolier iranien si le pays maintenait son blocus du détroit d'Ormuz. Le 20 mars 2026, l'armée américaine a attaqué des installations militaires sur l'île de Kharg, qui gère environ 90 % des exportations de pétrole brut iranien. Les sites de négoce pétrolier situés sur cette île contrôlée par le gouvernement iranien n'ont pas été visés, mais Trump a averti qu'ils pourraient être les prochaines cibles, ce qui risquerait d'entraîner une nouvelle escalade des tensions.








jeudi 26 mars 2026

(FR) Conflit au Moyen-Orient : Le marché boursier américain va-t-il s'effondrer en 2026 ?

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Panneau indiquant Wall Street.

Les stratèges de Goldman Sachs ont récemment averti que de graves perturbations des approvisionnements mondiaux en pétrole pourraient faire chuter le S&P 500 à 5 400 points en 2026. Cette prévision représente une baisse de 22 % par rapport à son pic de janvier, à 6 979 points, ce qui signifierait que l’indice de référence entrerait en marché baissier.

Les marchés financiers américains sont secoués comme jamais auparavant. Dow Jones, Nasdaq, S&P 500… tous plongent dans une volatilité extrême, ravivant la peur d’un krach historique. Après des années de croissance, Wall Street semble au bord du gouffre, et chaque mouvement accentue l’inquiétude des investisseurs et des épargnants.

L’inflation persistante et les hausses continues des taux d’intérêt par la Réserve fédérale des États-Unis  rendent l’emprunt plus coûteux pour les entreprises et ralentissent la consommation. Les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques mondiales aggravent la situation, menaçant de déclencher une réaction en chaîne qui pourrait secouer non seulement les États-Unis, mais l’économie mondiale entière.

Pour les épargnants, l’inquiétude est palpable : portefeuilles de retraite, investissements et économies personnelles pourraient subir des pertes majeures. La confiance des consommateurs s’effrite, et ce manque de confiance risque d’amplifier la chute des marchés. Même les grandes entreprises américaines, considérées comme solides, ne sont pas à l’abri si la panique continue de croître.

Alors, simple turbulence ou krach imminent ? Les semaines à venir seront décisives. Chaque décision politique, chaque annonce économique, chaque événement international peut faire basculer la bourse dans le chaos.

Wall Street n’a jamais été aussi imprévisible. La vigilance et la prudence sont désormais essentielles diversifier ses investissements, suivre de près le marché et se préparer à l’inattendu sont les seules armes pour traverser cette tempête financière historique.








mardi 24 mars 2026

(FR) Hongrie : Le palais à 15 millions d’euros de la famille de Viktor Orbán ciblé par des accusations de corruption.

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Cette datcha d'Hatvanpuszta était autrefois la propriété des Habsbourg. DR/Facebook/Hadházy Ákos

À trente kilomètres de Budapest, la datcha d’Hatvanpuszta est devenue le symbole de la fortune du clan du dirigeant hongrois, menacé de chuter aux élections d’avril 2026 prochain

(*) Une datcha est, en Russie, une sorte de résidence secondaire à la campagne.

La datcha à Hatvanpuszta, manoir de luxe présenté comme une exploitation agricole par le pouvoir. Cette ferme de 13 ha avait été rachetée en 2011 par le père de Viktor Orbán, qui était alors un jeune chef de gouvernement, en poste depuis un an.

Cette ancienne propriété des Habsbourg (la famille impériale dont le règne s’est éteint pendant le conflit de 14-18), puis délaissée après la Seconde Guerre mondiale sous le glacis communiste, a des allures de palais. Ce « mini Versailles » du Premier ministre hongrois est épinglé par une vidéo diffusée par un député indépendant. D’où vient l’argent ?


Un mini Versailles

Le domaine s’étale sur 6.000 m2 et comporte aussi une bibliothèque, une salle des fêtes et un parking souterrain. « C’est un mini Versailles à la campagne », disait le député Akos Hadhazy sur France 2 en 2024. Estimation : 15 millions d’euros.

Ces dernières années, de nombreux articles de presse ont suggéré que Viktor Orbán utilisait ce manoir dit d’Hatvanpuszta comme lieu de retraite privé. Le  palais se situe près de sa ville natale de Felcsut, à environ 34 kilomètres à l’ouest de Budapest.


Une corruption galopante

Le succès viral de ces images intervient dans un contexte de frustration généralisée face à la corruption en Hongrie. L’entourage de Viktor Orbán est soupçonné de s’être enrichi de manière spectaculaire grâce à des appels d’offres publics.

Les soupçons de corruption dans les marchés publics ont justement conduit l’UE à geler 19 milliards d’euros de fonds destinés à la Hongrie. Depuis le retour au pouvoir de Viktor Orbán en 2010, le pays a rétrogradé de la 50e à la 82e place dans le classement de l’ONG Transparency International sur la corruption, arrivant dernière parmi les membres de l’UE en 2024.



Viktor Orban - Premier ministre de Hongrie en fonction depuis le 29 mai 2010.

Relations internationales depuis 2022

Durant la campagne pour l'élection présidentielle française de 2022, Orbán affirme ouvertement son soutien à Marine Le Pen. C'est de plus grâce à une banque hongroise qui appartient à Lőrinc Mészáros, un ami d'Orbán, que Marine Le Pen peut financer sa campagne électorale et donc participer à l'élection.

Devenu proche de Vladimir Poutine, Viktor Orbán tient une ligne pro-russe à partir des années 2010. Après avoir condamné l'invasion de l'Ukraine par la Russie et s'être rallié aux sanctions occidentales contre la Russie en 2022, il estime l'année suivante qu'il faut négocier avec cette dernière pour ramener la paix en Europe. Cette ligne génère des tensions au sein de l'Union européenne, qui soutient majoritairement l'Ukraine.

Après les élections européennes de 2024, Viktor Orban initie le troisième groupe du Parlement européen « Patriotes pour l’Europe ». Il lui donne pour objectifs de se positionner « contre le soutien militaire à l’Ukraine » et « contre l’immigration illégale » et « pour la famille traditionnelle » et « alléger les contraintes environnementales ». Jordan Bardella prend la tête de ce groupe d’extrême droite, l'Italien Roberto Vannacci est un des six vice présidents du groupe.

Fervent soutien de Benyamin Netanyahou, Viktor Orban apporte un appui total à la guerre menée à Gaza par Israël depuis 2023, en dépit des accusations de génocide visant cet État. Il annonce qu’il n’appliquerait pas le mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité émis le 21 novembre 2024 contre le premier ministre israélien par la Cour pénale internationale (CPI), puis reçoit celui-ci en Hongrie en avril 2025. Il annonce lors de cette visite que son pays allait se retirer de cette instance internationale. La Hongrie vote fin 2025 pour la suppression de l’Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens.


Viktor Orbán maintient son veto sur le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine

Réunis à Bruxelles, les dirigeants européens n'ont pas réussi à convaincre le Premier ministre hongrois de débloquer l'aide promise à Kiev. À la peine dans les sondages pour les prochaines élections législatives, ce dernier conditionne toujours son feu vert à la reprise des livraisons de pétrole russe via l'oléoduc Droujba.

Viktor Orbán avait pourtant accepté en décembre 2025 le principe de ce prêt, tout en obtenant, avec la Slovaquie et la République tchèque, de ne pas y contribuer directement. Or ces fonds sont jugés essentiels par Kiev pour financer son effort de guerre contre la Russie en 2026 et 2027.


COMMENTAIRE

Le 19 mars 2026, au-delà du prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, Budapest bloque également d'autres dossiers clés, comme :

-  l'adoption d'un 20e paquet de sanctions européennes contre la Russie

- et l'ouverture de nouvelles étapes dans le processus d'adhésion de Kiev à l'UE. 

Faute de consensus, les dirigeants européens devront revenir sur ces questions lors d'un prochain sommet.


Péter Szijjártó est depuis 2014 ministre des Relations économiques extérieures et des Affaires étrangères de Hongrie.

Péter Szijjártó s'est rendu 16 fois à Moscou depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022. Son dernier voyage a eu lieu le 4 mars 2026, lorsqu'il a rencontré le président russe Vladimir Poutine au Kremlin.

De plus, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a reconnu qu'il contactait régulièrement son homologue russe, Sergueï Lavrov, lors de réunions privées de l'UE sur les affaires étrangères.


En 2024, Péter Magyar rejoint le Parti Respect et liberté (Tisza), l'opposition historique à Viktor Orbán. Il est élu député européen en 2024, puis continue son ascension jusqu'à devenir l'opposant principal à Viktor Orbán.

Ce bras de fer s'inscrit dans un contexte politique tendu pour Viktor Orbán, engagé dans une campagne pour un cinquième mandat consécutif lors des élections du 12 avril 2026. Fragilisé dans les sondages face à son rival Péter Magyar, il adopte une ligne particulièrement critique vis-à-vis de l'Ukraine, accusée de vouloir entraîner la Hongrie dans son conflit avec la Russie. WAIT AND SEE.




SOURCES

Conseil européen : Viktor Orbán maintient son veto sur le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine

Conseil européen 19 mars 2026 : Les Vingt-Sept, à l'exception de la Hongrie et de la Slovaquie, ont toutefois réaffirmé leur volonté d'avancer dans un communiqué commun

Le Monde : A Felcsut, en Hongrie, la vie de château des proches de Viktor Orban

Le Parisien : Hatvanpuszta, ce « mini-Versailles » qui pourrait coûter cher à Viktor Orbán

Wikipédia : Viktor Orbán et Péter Magyar

YouTube - Le Parisien : Hongrie : le château du clan Orban dans le collimateur

Euronews : Le ministre hongrois des Affaires étrangères reconnaît avoir appelé Sergueï Lavrov lors de réunions clés de l'UE