dimanche 19 avril 2026

(FR) En avion, pourquoi doit-on lever "les stores des hublots" au décollage et à l'atterrissage ?

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Les hublots maintiennent l'équilibre entre la pression de l'air extérieure et intérieure de l'avion.

Un voyage en avion peut soulever de nombreuses questions, notamment concernant certaines consignes de sécurité.


Parmi celles-ci figure la demande faite aux passagers d’ouvrir les stores des hublots lors du décollage et de l’atterrissage. Alors, pourquoi cette demande et quelle est son importance ?


Favoriser une meilleure visibilité pour l’évacuation

Lorsqu’un incident survient à bord d’un avion, les pilotes et les membres d’équipage disposent seulement de 1 minute et 30 secondes pour diriger les passagers vers les issues de secours et procéder à l’évacuation.

Dans un tel contexte, chaque seconde compte, et il convient de mettre toutes les chances de réactivité et d’efficacité du côté du personnel navigant.

En ouvrant les stores au décollage et à l’atterrissage, ils contribuent à améliorer la visibilité à l’intérieur de la cabine et à faciliter l’évacuation grâce à la lumière naturelle.


Améliorer le confort des passagers

L’autre raison qui explique cette exigence de lever les stores des hublots concerne le confort des passagers.

Pendant un vol de jour, il est plus agréable pour ceux qui voyagent à bord de l’appareil si la cabine est baignée de lumière naturelle.

Dans le cas d’un vol nocturne, les stores peuvent être fermés une fois en altitude, permettant ainsi aux passagers de dormir sans être dérangés par la lumière extérieure.


QUELQUES CONSEILS CONCERNANT LES HUBLOTS

L’emplacement des hublots : Les hublots sont placés à l’avant pour les pilotes et sur les côtés pour les membres d’équipage et les passagers. Ils sont fabriqués à partir de verre renforcé afin de résister à la pression atmosphérique et aux conditions météorologiques extrêmes. Les hublots offrent également une excellente visibilité du ciel, quand ils ne sont pas obstrués par les nuages ou la nuit.

Adapter ses yeux à la lumière ambiante : Lors d’un vol de nuit, on demande généralement aux passagers de baisser leurs stores après le décollage afin de créer un environnement sombre. Cela facilite l’adaptation des yeux des passagers à l’éclairage réduit, évitant la gêne due à une trop grande luminosité dans la cabine.

Fenêtres ovales, une question de sécurité : Avez-vous déjà remarqué que les fenêtres des avions sont généralement ovales ? Ce choix a été fait pour des raisons de sécurité : cette forme réduit les risques liés au stress mécanique sur la structure de l’avion.


En résumé, ouvrir les stores des hublots pendant le décollage et l’atterrissage contribue à la sécurité globale des vols en offrant une meilleure visibilité et en permettant une réponse plus efficace en cas d’urgence.






vendredi 17 avril 2026

(FR) Guerre contre l'Iran : « La Chine observe discrètement les Etats-Unis se tirer une balle dans le pied ».

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Image d'illustration : Le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping lors d'une rencontre en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), à Busan, en Corée du Sud, le 30 octobre 2025. REUTERS - Evelyn Hockstein.

Depuis le début de la guerre contre l'Iran, initiée par les États-Unis et Israël, la Chine est restée relativement discrète. Pékin n'a pas condamné fermement la guerre menée par Washington contre Téhéran et n'a pas non plus été particulièrement actif sur le plan diplomatique. La Chine a observé avec humour les erreurs commises par les États-Unis, tout en consolidant son autonomie stratégique dans divers domaines.


« N’essayez jamais de dissuader un ennemi de commettre une erreur »

La une de l'hebdomadaire économique britannique The Economist du 4 avril 2026 citait une célèbre phrase de Napoléon Bonaparte pour décrire l'attitude de la Chine depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Tandis que Donald Trump publiait agressivement sur la plateforme Truth Social, semant le doute sur la cohérence de la stratégie américaine, Xi Jinping observait la situation.

Didier Chaudet, expert en géopolitique et spécialiste du monde persan, de l'Asie centrale et du Sud, notamment du Pakistan et de l'Inde, a déclaré à RFI Vietnamien que la Chine adopte une approche plutôt astucieuse. Il a affirmé que l'idée selon laquelle la réticence de la Chine serait un signe de confusion et d'incapacité à assumer un rôle de leader relève uniquement d'une perspective occidentale. 


Didier Chaudet  : «  L’idée est de laisser les États-Unis continuer à commettre erreur sur erreur, et de permettre aux pays, notamment aux pays en développement, de mieux comprendre le contraste que présente la Chine : la Chine ne cause pas de troubles, la Chine ne déclenche pas de nouvelles guerres, la Chine ne déstabilise pas le monde actuel, mais ce sont les États-Unis qui détruisent le système international qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer après la Seconde Guerre mondiale. »

L’échec des négociations américano-iraniennes, qui se sont tenues à Islamabad le samedi 11 avril 2026, illustre en partie l’impasse de la diplomatie américaine, qui continue d’opérer dans un cadre unipolaire, cherchant uniquement à imposer son propre point de vue.


Didier Chaudet  : «  Ce que les États-Unis veulent de l'Iran, c'est en faire un pays comme le Venezuela, une sorte d'État semi-colonial sur le plan diplomatique. Mais cela ne fonctionne pas avec l'Iran, car ce n'est pas le Venezuela. Cet État islamique n'est pas contrôlé par une seule personne, mais par une structure, et qu'on le veuille ou non, je pense que cette structure est soutenue par au moins 20 à 35 % de la population iranienne qui adhère à la ligne anti-impérialiste. »

Cela ne signifie pas que Pékin reste inactif. L'expert en géopolitique a souligné que la Chine fait preuve d'une extrême prudence dans sa gestion de la crise, car une défaite rapide et totale de l'Iran constituerait un problème majeur pour la Chine et la Russie. Les événements d'Islamabad démontrent clairement que Pékin occupe une position cruciale dans le processus de négociation.


Didier Chaudet  : «  Le Pakistan a accompli un travail considérable. Il s'est appuyé non seulement indirectement sur la Chine, mais aussi sur une alliance de puissances moyennes du monde islamique, dont la Turquie, l'Arabie saoudite et l'Égypte. Il a invité les ministres des Affaires étrangères de ces pays à Islamabad. Une fois qu'un consensus a été trouvé entre les ministres des Affaires étrangères des quatre pays, le ministre pakistanais s'est rendu en Chine pour présenter le détail des discussions menées entre les quatre parties. »


La Chine aspire à une ère post-dollar et post-américaine.

Un blocus prolongé du détroit d'Ormuz risque de provoquer des famines dans les pays du Sud et des pénuries alimentaires dans le Nord. Selon Chaudet, si la Chine parvient par la diplomatie à obtenir ce que les États-Unis ne peuvent accomplir par la force – la réouverture du détroit d'Ormuz –, alors, pour tous les pays de l'hémisphère Sud, elle deviendra le leader incontesté du monde post-guerre iranienne.

Alors que les États-Unis s'égarent et commettent des erreurs répétées, la diplomatie chinoise restera discrète et n'agira pas davantage. Car, comme on dit, « on  n'arrête jamais un ennemi qui se tire une  balle dans le pied ». Une fois les hostilités terminées, le monde pourrait entrer dans une ère post-dollar et post-américaine, notamment au Moyen-Orient, où des pays comme les Émirats arabes unis, le Qatar et l'Arabie saoudite dépendent de la protection américaine pour leur défense et leur stabilité.

Didier Chaudet, expert en géopolitique et fin connaisseur de Hong Kong, a fait remarquer :

Didier Chaudet  : «  Hong Kong espère sans doute que tous les capitaux qui affluaient autrefois vers les Émirats arabes unis et le Qatar se dirigeront vers Hong Kong ou Singapour. On parle peu des Émirats arabes unis, et peut-être aussi du Qatar, mais ces deux pays risquent de perdre leur ancien statut de puissance économique en raison des politiques américaines et israéliennes, qui ont entraîné des représailles iraniennes. »

Le système du pétrodollar mis en place par les États-Unis risque de s'affaiblir, et un nouveau système, le « pétroyuan », devrait émerger. Mais ce n'est pas tout : les observateurs évoquent également le risque d'une « électrification en yuans », c'est-à-dire l'achat d'équipements d'énergies renouvelables et leur paiement en yuans. La Chine, déjà acteur majeur du secteur des énergies renouvelables, pourrait tirer encore davantage profit de la crise au Moyen-Orient.

Didier Chaudet  : «  Si l'on regarde les chiffres de cette année, les quatre cinquièmes de la production mondiale d'énergie solaire, du point de vue de la fabrication, sont réalisés en Chine. Cette puissance asiatique domine également le secteur des machines électriques, et notamment celui des véhicules électriques. Avec la situation actuelle, même au Moyen-Orient, on achète des panneaux solaires chinois.  Les ventes de ces produits chinois explosent, par exemple en Irak. Ce pays possède du pétrole, mais il a besoin de gaz naturel et d'une grande quantité d'énergie pour raffiner le pétrole. Or, actuellement, c'est impossible, car toute la chaîne d'approvisionnement traditionnelle est bouleversée par la crise. »


Hormuz : une crise de Suez du XXIe siècle, à la chinoise ?

Le 9 avril 2026, le site web Capital évoquait la possibilité de la formation d'un axe pétrolier Russie-Chine-Iran capable de contrôler jusqu'à 30 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. De nombreux observateurs estiment que si cette hypothèse se concrétisait, elle sonnerait probablement le glas de l'hégémonie américaine. Selon Didier Chaudet, il s'agit d'une alliance entre blocs, la Russie, la Chine et l'Iran ne constituant qu'une alliance de circonstance.

Didier Chaudet  : «  Car, en réalité, la Russie défend ses propres intérêts. La Chine ne s’est jamais pleinement rangée du côté de la Russie ; elle ne souhaite pas son effondrement, mais elle ne se félicite pas non plus de l’invasion de l’Ukraine, contrairement à ce que certains à Paris pourraient affirmer – des personnes qui, en réalité, ne comprennent rien à l’Iran, à la Chine ou à la Russie, et qui, par conséquent, ne s’expriment que sur un plan idéologique. Actuellement, ce sont ces pays qui sont pris pour cible par l’Occident, au point qu’ils pourraient être tentés de former un bloc de représailles, mais la formation d’un tel bloc est loin d’être certaine. Ce sont des pays dont les intérêts ne convergent pas totalement. La Chine est plus favorable au maintien du statu quo et à une certaine paix internationale que la Russie, et même aujourd’hui que l’Iran. Car, dans le monde d’aujourd’hui, la Chine triomphe par la paix. »

L'issue du conflit au Moyen-Orient restant incertaine, de nombreux observateurs en France commencent à se demander si la crise actuelle du détroit d'Ormuz ne risque pas de se transformer en une crise du canal de Suez du XXIe siècle, avec une dimension chinoise. Le conflit de 1956 entre la coalition franco-britannique, israélienne et égyptienne au sujet du canal de Suez, qui s'est soldé par une intervention américaine, a entraîné le déclin de l'Empire britannique et la perte de la suprématie de la livre sterling. C'est un scénario que le géopolitologue Didier Chaudet juge plausible.


Didier Chaudet  : «  Si l’Europe continue de jouer un rôle diplomatique quasi inexistant, cela renforce encore l’image d’une Europe, y compris de la France, comme un immense musée que l’on visite mais qui n’a absolument aucune influence sur la politique étrangère. Si les États-Unis persistent dans leur attitude inflexible, sans se rendre compte qu’ils se rendent vulnérables d’une manière ou d’une autre, l’Iran n’a pas besoin de grand-chose pour semer le trouble aux États-Unis et dans le monde. C’est pourquoi la Chine adopte une approche extrêmement modérée, jouant le rôle qu’ont joué les Américains et les Soviétiques lors de la crise de Suez. »


RFI Vietnamien souhaite exprimer sa sincère gratitude à Didier Chaudet, expert en géopolitique et spécialiste du monde perse, de l'Asie du Sud et centrale, notamment de l'Inde, du Pakistan et du monde himalayen, du Nouvel Observatoire eurasien.



SOURCES

RFI-VN : Chiến tranh Iran : « Trung Quốc lặng lẽ nhìn Hoa Kỳ tự bắn vào chân mình »

YouTube : Didier Chaudet : "La Chine observe discrètement les Etats-Unis se tirer une balle dans le pied"











(FR) À quoi servent les bandes sur les serviettes ?

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Beaucoup de gens ont passé des années sans jamais vraiment savoir à quoi servent ces bandes sur nos serviettes de bain.


Cette zone s’appelle une bande de tissage ou bordure tissé ou bordure à Dobby.


Contrairement au reste de la serviette, elle est plus plate et plus serrée. Et elle n’est pas là juste pour le style :

- Renforcement : elle évite que la serviette se déforme avec les lavages.

- Durabilité : elle limite l’usure et l’effilochage.

- Séchage plus rapide : cette partie absorbe moins d’eau, ce qui aide la serviette à sécher plus vite.

- Structure : elle permet à la serviette de garder une bonne tenue et une forme régulière.


En résumé : ce n’est pas décoratif, c’est ce qui aide ta serviette à durer plus longtemps et rester efficace.













mercredi 15 avril 2026

(FR) UE : la présidente de la Commission européenne veut en finir avec le droit de veto.

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Ursula von der Leyen à Bruxelles le 13 avril 2026. REUTERS

Faut-il en finir avec le droit de veto des États membres ? Face aux blocages répétés, la présidente de la Commission plaide pour le vote à la majorité qualifiée en politique étrangère. Une réforme qui divise au sein de l’UE.

La présidente de la Commission européenne a sauté sur l’occasion pour remonter sur son cheval de bataille. Moins de 24 heures après que la Hongrie a voté pour évincer Viktor Orban - son dirigeant anti-européen en poste depuis 16 ans - Ursula von der Leyen a de nouveau plaidé pour que l’Union européenne obtienne davantage de pouvoir sur les gouvernements nationaux, afin de pouvoir imposer certaines décisions en matière de politique étrangère. Comprendre : mettre fin au droit de veto, outil historique de l'UE.

Car sous Viktor Orban, proche allié du président américain Donald Trump et du président russe Vladimir Poutine, la Hongrie a souvent bloqué des décisions de politique étrangère. Chaque gouvernement peut actuellement exercer un droit de veto sur les décisions concernant les affaires étrangères, l’élargissement et le budget de l’UE, ou encore la souveraineté des Etats… Et donc bloquer les 26 autres membres concernant les projets qui ne répondent pas à ses intérêts nationaux. C’est ce qui complique, notamment, l'adoption de sanctions envers la Russie et Israël, ou de budgets supplémentaires pour soutenir l’Ukraine.


Grand combat d'Ursula von der Leyen

Ces dernières années, Ursula von der Leyen s’est fait la figure de proue d’une lutte controversée au sein de l’UE, l’appelant à mener un grand changement : se débarrasser du droit de veto en passant au vote par majorité qualifiée. Dès son arrivée à la tête de la Commission en 2019, la dirigeante allemande avait apostrophé les nations européennes : "Soyez courageux et passez enfin au vote à la majorité qualifiée". En septembre 2025, dans son grand discours sur l’Etat de l’Union européenne, elle avait relancé une énième fois le débat. "Il est temps de nous libérer des carcans de l’unanimité", avait-elle appelé, récoltant les forts applaudissements de partisans qui peinent encore à se faire entendre.

"Passer au vote à la majorité qualifiée en matière de politique étrangère est un moyen important d’éviter les blocages systémiques, comme nous l’avons vu par le passé", a-t-elle encore plaidé ce lundi 13 avril 2026. Et d'exhorter les gouvernements à "saisir dès maintenant l’opportunité", c'est-à-dire la fin du règne de Viktor Orban, plus grand utilisateur du droit de veto bloquant l'Europe jusqu'ici.

Mais même parmi les membres les plus favorables à l’UE, peu se sentent prêts à pousser pour cette révolution interne. Car nombreux sont ceux qui rechignent à l’idée de perdre le contrôle de leur politique étrangère et de devoir potentiellement entériner des décisions auxquelles ils pourraient s'opposer.


Divisions

Pour certains petits Etats, le veto constitue un outil crucial pour se faire entendre. En revanche, de puissantes nations européennes ayant moins à perdre, comme l’Allemagne ou la France, se sont déjà exprimées en faveur du vote à majorité qualifiée. Emmanuel Macron a par exemple appelé à plusieurs reprises à généraliser l’outil. "Nous avons laissé s’installer l’idée que l’Europe était devenue une bureaucratie impuissante", déclarait-il quelques mois seulement après sa première élection en 2017, estimant depuis à plusieurs reprises que le vote à majorité qualifiée était la solution à ces blocages.

En 2023, Berlin avait même lancé un "Groupe d’amis du vote à la majorité qualifiée en politique étrangère et de sécurité commune". Mais l’élan s’était vite essoufflé : cette initiative, qui réunissait alors la Belgique, la Finlande, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Slovénie et l’Espagne, n’a depuis abouti à rien. Dans la réalité, même parmi les favorables, la vision diffère parfois, certains souhaitant voir le vote majoritaire généralisé, d’autres ne souhaitant le voir appliqué que sur certains sujets comme sur la fiscalité, mais non sur la politique étrangère.

Difficile donc aujourd’hui de savoir s’il existe une véritable dynamique pour la fin du veto derrière Ursula von der Leyen. Et même avec de forts soutiens, un problème demeure : pour passer de l’unanimité au vote à la majorité qualifiée, il lui faudra dans un premier temps récolter... l’unanimité.


SOURCE

L'EXPRESS : Après la défaite de Viktor Orban, Ursula von der Leyen veut en finir avec le droit de veto

Euronews : La vie après Orbán : comment sa défaite écrasante va transformer la dynamique du pouvoir au sein de l'UE








(FR) NATO - UE : L'Europe peut-elle se défendre sans les États-Unis ?

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Source: www.shutterstock.com/Pavlo Lys

Les deux dernières semaines ont été agitées par les multiples excès de langage et de provocation de Donald Trump. Une nouvelle façon d’envisager les relations internationales, sous-tendue par un principe simple : « je suis le plus fort donc j’impose ma politique par la force ». Sa dernière incartade, geler l’aide militaire à l’Ukraine pour amener ce pays à accepter les termes d’une négociation, est un non-sens dans la mesure où elle incite l’autre partie, la Russie, à aborder les négociations de paix avec une position maximaliste. À titre de comparaison, c’est comme si l’on démarrait un match de foot en ayant des joueurs exclus du terrain avant même le coup d’envoi. Les États-Unis sont en train de conduire seuls une négociation sur la sécurité de l’Europe alors même qu’ils ne cessent d’affirmer qu’ils ne sont plus impliqués dans la sécurité du continent européen. Il faut donc ouvrir les yeux et cesser d’implorer celui qui n’est plus l’ami américain. Continuer dans cette voie serait une position de faiblesse qui ne peut que fragiliser l’Europe encore un peu plus. Les Européens peuvent profiter de cette situation pour prendre en main leur destin. Il s’agit en réalité d’une chance et d’une opportunité pour l’Union européenne pour exister en propre, pour ne plus coller à l’image des États-Unis qui ne peut que se dégrader dans les semaines qui viennent aux États-Unis comme dans le reste du monde.

L’acte fondateur consiste donc à dire que les Européens conduiront la négociation de paix avec la Russie et non les États-Unis, et qu’à l’inverse l’Europe ne sera pas tenue par un quelconque accord de paix négocié par les États-Unis avec la Russie sans les Européens. Par conséquent, il est nécessaire de :

- reprendre contact avec la Russie afin de faire passer le message que les Européens sont disposés à discuter d’un accord de paix et plus largement du futur de la sécurité en Europe ;

- montrer que les États européens sont prêts à se défendre, qu’ils ne sont pas prêts à se laisser imposer un accord de paix par la force par la Russie.

Dans ce contexte, les discours que l’on entend ici ou là laissent penser que les Européens sont trop faibles, qu’ils réagissent trop tard et qu’ils ne peuvent pas défendre l’Europe sans les Américains. Il faut combattre ce discours qui repose bien souvent sur des informations inexactes – le comble étant qu’aujourd’hui les fake news proviennent davantage des États-Unis que de la Russie – et notamment de combattre les idées reçues erronées qui fleurissent ici ou là. Il faut citer notamment


1ère idée reçue : L’OTAN ne peut survivre sans les États-Unis 

Le budget de l’organisation OTAN est aujourd’hui de 2,85 milliards d’euros, ce qui permet à cette organisation de fonctionner, d’établir des plans de défense, d’organiser la défense collective de l’Europe. Or les États-Unis contribuent à hauteur d’un peu moins de 16 % au budget de l’OTAN soit 450 millions d’euros. Cela veut donc dire que l’OTAN peut vivre sans les États-Unis et au profit des Européens. Comment peut-on en effet imaginer que les 31 autres pays membres de l’OTAN ne pourront pas pallier au manque de ces 450 millions d’euros sachant que les États-Unis se sont d’eux-mêmes mis en marge de l’alliance atlantique ? Les Européens peuvent donc prendre le contrôle de l’OTAN à leur profit.


2e idée reçue : Les Européens sont militairement faibles. Ils ne veulent pas dépenser suffisamment pour leur défense et ne peuvent se défendre contre la Russie.

Les Européens n’ont pas attendu l’élection de Donald Trump pour commencer à prendre en main leur sécurité. Le total des budgets de défense des pays membres de l’Union européenne est passé de 200 milliards d’euros en 2021 à 320 milliards d’euros en 2024. L’effort de défense est donc significatif et en dépensant 2 % du PIB pour leur défense, les Européens égalent au minimum le budget de défense de la Russie qui s’élève à hauteur de 7 % de son PIB.

Par ailleurs, on peut douter de cette parité des budgets de défense européens et russes affichée par le think tank britannique The International Institute for Strategic Studies (IISS). En effet, celui-ci applique un facteur correctif du budget de défense russe, qui est nominalement de 137 milliards d’euros, en le multipliant d’un facteur 3 et en le mesurant en parité pouvoir d’achat en Russie. Or personne n’utilise un tel facteur correctif entre pays européens ou entre l’Europe et les États-Unis. De plus, la Russie n’est pas totalement autonome puisqu’elle est dépendante d’autres pays en ce qui concerne la fourniture d’équipements militaires (Iran, Corée du Nord) et de composants (Chine). La réalité est donc que dès aujourd’hui, les Européens sont déjà en capacité de dissuader la Russie de les attaquer, même si une meilleure efficacité de la défense européenne est nécessaire et que l’Europe souffre de lacunes capacitaires dans certains domaines comme la défense aérienne ou la défense antimissiles.


3e idée reçue : En dépensant 3 % pour leur défense en 2025, les États européens vont affaiblir leurs économies

Cette affirmation est à nouveau sans fondement, tout simplement parce que cet objectif est impossible à atteindre dans les quelques années à venir.

Il est en effet impossible pour les États d’augmenter leur budget de défense d’un tiers en un an. L’augmentation des budgets de défense doit porter sur l’acquisition d’un nombre plus important d’équipements militaires et sur le développement de nouveaux équipements en établissant une priorité sur le comblement des lacunes capacitaires. Pour se faire, il est nécessaire d’adapter les rythmes de production des industries de défense européennes et de s’assurer que toute les chaines d’approvisionnement sont dimensionnées en conséquence. Or cela ne peut se faire du jour au lendemain comme on a pu l’observer avec les munitions depuis 2023 puisqu’il a fallu deux ans pour passer d’une production de 300 000 obus de 155mm à 1 million d’obus par an. De ce fait, la montée en puissance de l’industrie de défense, pour être efficace, ne peut être que progressive et régulière. On peut donc espérer que les Européens auront trouvé une solution à la guerre en Ukraine avant d’atteindre un jour ce seuil des 3 % du PIB affecté à la défense. Bien entendu, l’augmentation des budgets de défense doit être un objectif pour les Européens. Il faut l’afficher ne serait-ce que pour conduire les Russes à la table des négociations dans de bonnes conditions. Néanmoins, il ne faut pas effrayer inutilement les Européens sur le coût de cet effort. Ce qu’il faut éviter c’est de reproduire ce qu’on fait les Allemands avec la création d’un fonds spécial de 100 milliards d’euros pour la défense en 2022 : en procédant ainsi ils se sont contraints à dépenser très rapidement cet argent, ce qui ne pouvait se faire qu’en achetant des équipements américains (plus de 50 % de leurs dépenses d’armement depuis 2022.) Fallait-il vraiment que les Allemands substituent leur dépendance au gaz russe par une dépendance aux armements américains ?


4e idée reçue : On ne peut se défendre qu’en achetant des armements aux États-Unis

Une nouvelle fois, cette affirmation est fausse. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les pays européens ont acheté des armements aux États-Unis (63 % de leurs acquisitions sur la période 2022-mi 2023) pour 3 raisons :

- Pour acheter la garantie de sécurité des États-Unis : on sait aujourd’hui que celle-ci n’existe plus ;

- Parce que les stocks supérieurs de l’armée américaine permettaient d’acheter rapidement des armements américains : les Américains ont épuisé leurs stocks d’armement qu’ils ne peuvent plus fournir rapidement aux Européens ;

- Parce qu’ils fabriquent des équipements qu’on ne fabrique pas en Europe : c’est vrai pour quelques équipements mais c’est loin d’être la majorité des cas et l’objectif des Européens est bien de combler ces lacunes.

Il faut ajouter à cela deux autres arguments qui militent aujourd’hui pour l’achat d’équipements militaires auprès de la BITD européenne :

- En premier lieu, les États-Unis vont diriger leur production pour la fourniture de l’armée américaine avec sans doute une accélération du pivot de l’outil militaire sur l’Asie : nous ne serons pas prioritaires quand il faudra commander des armes aux États-Unis ;

Sur une note plus grave, qu’est-ce qui garantit aujourd’hui que les Européens pourront acheter des armes aux États-Unis pour fournir l’Ukraine ? Pire, qu’est-ce qui garantit que Washington n’interdira pas aux États européens d’utiliser les armements américains contre la Russie si un jour l’Europe était obligée de se confronter militairement à Moscou ?

Sur la période 2022-2024, le taux de dépendance aux États-Unis en matière d’armement est tombé à 44 %. Les Européens ont commencé à réagir mais le niveau de cette dépendance est encore trop élevé, beaucoup trop élevé. Cela fait peser un risque pour la sécurité européenne qu’il ne faut plus prendre. Et ici pas de crainte de subir des mesures de rétorsion de Donald Trump : le marché américain est déjà fermé. Les Européens fournissent moins de 5 % du marché américain. La fermeture de ce marché n’aurait aucun effet pour les Européens : dans la défense le Buy European Act doit en réalité devenir un Buy European Security Act.


SOURCES

IRIS : Europe, Union européenne, OTAN

tdhj.org : Exploring the Benefits of NATO-EU Cooperation: The Case of Estonia, Kosovo and Colombia

Le Parisien : L’Europe peut-elle « se défendre sans les États-Unis » ? Passe d’armes entre le chef de l’OTAN et la France

Jean-Pierre Maulny (Directeur adjoint de l’IRIS) : 
Défendre l’Europe sans les États-Unis : yes we can !








mardi 14 avril 2026

(FR) Hongrie : Le futur Premier ministre hongrois Peter Magyar s'oppose à une adhésion rapide de l'Ukraine à l'UE.

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Peter Magyar, chef du parti Tisza, répond aux questions lors d'une conférence de presse internationale à Budapest le lundi 13 avril 2026. Photo : AP.


Selon BBC, Kyiv Post, Euro News - Peter Magyar qui deviendra très probablement Premier ministre de Hongrie, a déclaré que le plan visant à intégrer rapidement l'Ukraine à l'UE dans un délai de 10 ans n'est pas réalisable.


« Il serait absurde de permettre à un pays en état de guerre d’être admis dans l’Union européenne (UE) », a déclaré Peter Magyar, chef du parti Tisza qui a remporté les élections législatives hongroises le dimanche 12 avril 2026, en faisant référence à l’Ukraine lors d’une conférence de presse internationale de plus de trois heures à Budapest le 13 avril 2026.

Le parti Tisza ayant remporté plus des deux tiers des sièges au Parlement, Peter Magyar est quasiment assuré d'être élu prochain Premier ministre de Hongrie, succédant à Viktor Orbán, chef du parti Fidesz, au pouvoir depuis 16 ans. Son entrée en fonction est prévue pour le mardi 5 mai 2026.

Peter Magyar a fait campagne sur des politiques très différentes de celles du Premier ministre Orban, mais ses dernières déclarations laissent entendre que la position de la Hongrie sur l'Ukraine pourrait rester inchangée. Il a annoncé qu'il accepterait le plan de l'Union européenne visant à prêter 90 milliards d'euros à l'Ukraine.

Il a refusé de commenter davantage la question de savoir si la Hongrie soutiendrait une adhésion accélérée de l'Ukraine à l'UE une fois les combats terminés, mais a déclaré que la perspective de voir Kiev rejoindre l'Union dans les 10 prochaines années était « irréalisable ».

Cette déclaration laisse entendre que l'approche de la Hongrie différera de celle de nombreux pays européens, alors que l'UE examine la possibilité d'élargir le bloc, y compris un scénario impliquant l'adhésion rapide de l'Ukraine.

Néanmoins, Peter Magyar a déclaré soutenir le droit de l'Ukraine à décider de son propre avenir dans les négociations avec la Russie, affirmant qu'aucun pays n'a le droit de forcer l'Ukraine à accepter un accord de paix défavorable, surtout un accord qui exige des concessions territoriales.

« Personne ne devrait dicter les conditions dans lesquelles l'Ukraine doit signer un accord de paix. Nous ne pouvons exiger d'aucun pays qu'il cède son territoire », a-t-il déclaré.

Alors que le Premier ministre Orban est connu pour sa position pro-russe, Magyar est considéré comme plus pro-UE.

L'homme politique de 45 ans a déclaré être prêt à dialoguer s'il recevait un appel du président russe Vladimir Poutine, ajoutant que son premier message lors de cet appel serait d'exhorter la Russie à mettre fin aux hostilités en Ukraine et à ouvrir la porte au dialogue.

Concernant la politique énergétique, Peter Magyar a déclaré que la Hongrie continuerait d'acheter de l'énergie à la Russie à court terme, tout en cherchant à diversifier ses sources d'approvisionnement. « La Russie est toujours là, la Hongrie est toujours là. Nous rechercherons toujours les sources de pétrole les moins chères et les plus sûres », a-t-il affirmé.

Il a exprimé son souhait de maintenir des relations amicales avec les pays voisins, notamment l'Ukraine, et a laissé ouverte la possibilité de rencontrer le président Volodymyr Zelensky à l'avenir.

Avec au moins 138 sièges sur 199 au Parlement détenus par le parti TiszaPeter Magyar disposera d'un pouvoir considérable, capable de modifier les lois et même la Constitution, ce qui lui permettra de remodeler la politique intérieure et étrangère de la Hongrie lors de son prochain mandat.








(FR) L'Iran réclame des compensations à cinq pays du Moyen-Orient.

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Les États-Unis et l'Iran envisagent de tenir un deuxième cycle de pourparlers après l'échec du premier cycle à Islamabad, au Pakistan.

Le représentant de l'Iran auprès des Nations Unies, Amir-Saeid Iravani, a exigé des compensations de plusieurs pays du Moyen-Orient. 

Selon les médias iraniens du 14 avril 2026 , il s'agit de cinq pays : Bahreïn, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis (EAU) et la Jordanie. Par ailleurs, le gouvernement iranien a indiqué à l’agence RIA Novosti que les bombardements des États-Unis et d’Israël ont causé des dommages estimés à 270 milliards de dollars américains.

Amir-Saeid Iravani a soutenu que ces pays avaient violé le droit international en se joignant aux États-Unis dans la campagne militaire contre l'Iran. Il a insisté sur le fait que ces pays devaient indemniser « tous les préjudices matériels et moraux » subis.



Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (deuxième à partir de la droite) a accueilli le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, à Islamabad le week-end dernier. – Photo : Ministère des Affaires étrangères du Pakistan.

Selon des responsables américains, Islamabad a de nouveau été proposée comme lieu des pourparlers. Genève, en Suisse, est également envisagée.

Dans une interview diffusée sur Fox News le 13 avril 2026, le vice-président américain J. D. Vance a déclaré que les pourparlers à Islamabad « avaient fait des progrès » concernant le retrait des matières nucléaires d'Iran ainsi qu'un mécanisme visant à garantir que l'uranium ne puisse pas être enrichi à l'avenir.

Selon le vice-président américain, les négociateurs iraniens ne peuvent pas prendre de décision car ils ont besoin de l'approbation d'« autres personnes à Téhéran ».

Par ailleurs, Axios, citant un responsable américain anonyme et une source proche du dossier, a rapporté que les États-Unis avaient proposé à l'Iran de suspendre temporairement l'enrichissement d'uranium pendant 20 ans. L'Iran aurait cependant demandé une période plus courte, inférieure à 10 ans.