mercredi 20 mai 2026

(FR) CHINE : Entre Trump et Poutine, Xi Jinping rêve de devenir un empire économique au centre du monde.

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Une installation artistique de Galam Zulkifli représentant les présidents (de gauche à droite) chinois Xi Jinping, états-unien Donald Trump et russe Vladimir Poutine lors de l'exposition ARTSUBS à Surabaya le 2 août 2025.  - Juni KRISWANTO/AFP

En recevant coup sur coup les principaux dirigeants mondiaux, Xi Jinping cultive l’image d’une Chine stable et incontournable. Une stratégie patiente qui profite des fragilités américaines et russes.


Xi Jinping a reçu Donald Trump les 14 et 15 mai 2026, puis Vladimir Poutine les 19 et 20 mai 2026, en l’espace de quelques jours. C'est une première depuis la fin de la guerre froide. Comme un prestigieux défilé entamé dès décembre 2025 avec le président français Emmanuel Macron, suivi du Premier ministre britannique, Keir Starmer, en janvier 2026.

La Chine tire profit de cette séquence pour se positionner comme une puissance incontournable et un pôle de stabilité face au chaos international. Mais derrière l’image de neutralité, Pékin défend avant tout ses intérêts : elle soutient discrètement l’effort de guerre russe tout en flirtant avec Washington.

D'après la Banque mondiale, la Chine pourrait devenir la première puissance économique de la planète en dépassant les États-Unis entre 2020 et 2030.

La Chine possède une part importante de la dette américaine avec 772,5 milliards de dollars de bons du Trésor détenus en moyenne en 2024. La Chine est le deuxième créancier étranger des Etats-Unis, juste derrière le Japon. Cela représente environ 2 % de la dette publique américaine.

Principal bénéficiaire des fonds du programme « la Ceinture et la Route », la Russie est de loin le plus gros emprunteur auprès de la Chine, avec une dette totale de 169,3 milliards de dollars contractée au cours des 20 dernières années. Cependant, les chiffres d'AidData ne prennent en compte que les emprunts contractés entre 2000 et 2021 et, en réalité, ce chiffre est probablement encore plus élevé suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Face aux sanctions occidentales, Moscou s'est tournée vers Pékin pour obtenir d'importantes sommes d'argent, les quatre plus grandes banques chinoises ayant quadruplé leur exposition au secteur bancaire russe depuis février 2022. Cela dit, d'autres banques ont décidé de ne pas prêter d'argent en raison des sanctions internationales, selon Newsweek.



La Chine en rouge, les membres de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures en orange, les six corridors en noir et en bleu.

En 2013, le président chinois Xi Jinping a lancé l'initiative « la Ceinture et la Route » (BRI). Initialement conçu comme un vaste programme d'investissements dans le développement des infrastructures visant à relier l'Asie à l'Europe, ce plan s'est ensuite étendu au monde entier, notamment aux pays en développement.

10 plus tard, la Chine est devenue le premier créancier officiel au monde, et le montant des arriérés de paiement qui lui sont dus explose, alors même que Pékin est confronté à ses propres difficultés financières. L'organisation de recherche AidData estime que près de 80 % du portefeuille de prêts à l'étranger de la Chine soutient actuellement des pays en difficulté financière, pour un montant total dépassant 1.000 milliards de dollars.


Les 30 pays les plus endettés envers la Chine ( mds € = milliards de dollars )

1.  Biélorussie : 11 mds €

2.  Turkménistan : 12,2 mds €

3.  Kenya : 12,7 mds €

4.  Congo (RDC) : 13,1 mds €

5.  Zambie : 13,5 mds €

6.  Myanmar :        13,7 mds €

7.  Nigéria : 14,5 mds €

8.  Égypte : 15 mds €

9.  Malaisie : 15,9 mds €

10. Cambodge : 16,3 mds €

11. Pérou :               16,9 mds €

12. Soudan : 18 mds €

13. Ouzbékistan : 18 mds €

14. Sri Lanka :        19,5 mds €

15. Bangladesh : 20 mds €

16. Éthiopie : 20,4 mds €

17. Laos : 20,6 mds €

18. Afrique du Sud : 21,3 mds €

19. Équateur :           26,3 mds €

20. Iran :                 28 mds €

21. Turquie : 28,3 mds €

22. Vietnam : 28,8 mds €

23. Argentine :        37,7 mds €

24. Brésil :              54,3 mds €

25. Indonésie :        55 mds €

26. Kazakhstan : 64,2 mds €

27. Angola : 64,8 mds €

28. Pakistan :           68,9 mds €

29. Venezuela :        112,8 mds €

30. La Russie :        169,3 mds €


COMMENTAIRE

Le pétrole reste sous tension, les marchés obligataires s’inquiètent et les taux américains poursuivent leur envolée. Alors que les discussions entre Washington et Téhéran patinent, les investisseurs redoutent un retour durable de l’inflation et un nouvel emballement de la dette américaine. Jusqu’où les marchés peuvent-ils encaisser cette montée des tensions ? Les banques centrales sont-elles en train de changer complètement de cap ?


SOURCES

Yahoo : China's biggest borrowers (Les plus gros emprunteurs de Chine)

Wikipedia : AidData

Wikipédia : Nouvelle route de la soie (la ceinture et la route - One Belt, One Road)








dimanche 17 mai 2026

(FR) TAIWAN : Après sa rencontre avec Xi Jinping, Donald Trump met en garde Taïwan contre toute idée d’indépendance.

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Xi Jinping et Donald Trump. Photo : Getty Images / Evan Vucci (AFP)

Vendredi 15 mai 2026, Donald Trump a mis Taïwan en garde contre toute déclaration d'indépendance, cela après que le président de la Chine, Xi Jinping, lui eut adressé un message d'une rare fermeté.

Le président américain a tenu ces propos juste avant de quitter Pékin, où sa visite, bien qu'ayant permis d'afficher une certaine stabilité entre les deux superpuissances, n'a pas débouché sur de grandes avancées, que ce soit sur le commerce ou sur l'Iran, allié de la Chine.

"Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15.000 kilomètres pour faire la guerre" - Extrait de la déclaration du président Donald Trump diffusé par Fox News.

Nous n'avons pas envie que quelqu'un se dise "Proclamons l'indépendance parce que les États-Unis nous soutiennent", a-t-il insisté, en ajoutant qu'il n'avait pas encore pris de décision concernant une vente d'armes à Taïwan, dont Washington est le principal soutien militaire.

"Je veux que Taïwan fasse baisser la température. Je veux que la Chine fasse baisser la température", a-t-il aussi déclaré.


CONFLIT

Jeudi 14 mai 2026, avec une fermeté inhabituelle, son homologue Xi Jinping l'avait mis en garde : "La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays Chine et États-Unis pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit".

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force.

Ces échanges sur Taïwan sont peut-être l'aspect le plus saillant du sommet à Pékin.

"Donald Trump a eu les images qu'il voulait et les Chinois ont été contents de les lui donner. Il s'agissait, selon moi, plutôt de conforter la dynamique entre les deux pays que d'obtenir des résultats particuliers", note Jacob Stokes, expert au Center for a New American Security.

La visite annoncée de Xi Jinping à Washington à l'automne servira de nouveau test pour le fragile statu quo entre la première et la deuxième puissance mondiale.

Bonnie Glaser, du German Marshall Fund, pense que la Chine va "pousser fortement" pour que Donald Trump s'abstienne de toute décision sur des ventes d'armes à Taïwan d'ici là.


COMMENTAIRE

Mis sous pression par Xi Jinping, Donald Trump ne s'est pas encore résolu à livrer les armes promises à la petite île convoitée par la Chine. Il ne veut pas d'une proclamation d'indépendance qui provoquerait une guerre.

Samedi 16 mai 2026, le gouvernement de Taïwan a réaffirmé que l'île était une nation "indépendante", en réponse à la ferme mise en garde du président américain à l'issue de sa visite à Pékin, et rappelé les États-Unis à leur engagement en ce qui concerne les ventes d'arme à Taïwan.

Quoi qu'il en soit, la Chine n'a pas pour habitude de bombarder des pays étrangers, d'assassiner leurs dirigeants ni de plonger l'économie mondiale dans le chaos. Un récent sondage Gallup a montré que la Chine est désormais plus populaire que les États-Unis dans le monde.

En France, la coopération économique franco-taiwanaise connaît, depuis deux ans, une montée en puissance, portée par la complémentarité de nos écosystèmes industriels et technologiques. Si le secteur des semi-conducteurs en constitue l’un des moteurs, la dynamique s’étend également à l’intelligence artificielle, au numérique, aux technologies quantiques et aux solutions industrielles durables.







samedi 16 mai 2026

(FR) Backwards shopping : la nouvelle méthode anti-gaspillage.

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Connaissez-vous la stratégie du « backwards shopping » qui peut se traduire par « achats à l’envers » ? Cette tactique peut vous faire économiser de l’argent.


En pleine inflation, le « backwards shopping » fait le buzz sur les réseaux sociaux. Cette méthode consiste à faire ses courses à l'envers en vidant ses placards avant d'acheter. Une astuce simple et efficace pour éviter le gaspillage alimentaire, limiter les achats compulsifs et réaliser des économies.

Cette méthode vise à limiter le gaspillage alimentaire et à réduire les dépenses. En France, chaque habitant jette en moyenne plusieurs dizaines de kilos de nourriture par an, selon les données de l'ADEME.


Stop aux habitudes de consommation

Le problème, avec la manière dont nous faisons habituellement nos courses, c'est que nous avons tendance à planifier nos repas de la semaine en fonction de nos envies, à dresser une liste, puis à filer au supermarché.

Résultat : nous rachetons des produits que nous avons déjà, nous oublions d'utiliser ceux qui traînent dans le frigo, et nous finissons par jeter des produits alimentaires périmés.


L'inventaire avant tout

La nouvelle méthode anti-gaspillage inverse complètement le processus habituel. Pour faire ses courses "à l'envers", il suffit de suivre ces étapes :

- Faire l'inventaire : listez tout ce que vous avez déjà chez vous, dans vos placards, votre réfrigérateur et votre congélateur, en vérifiant bien les dates de péremption.

- Construire ses repas : C'est seulement à partir de ces ingrédients que vous construisez votre liste de courses.

Votre liste ne contient que le strict nécessaire. Vous évitez ainsi les achats compulsifs, vous videz vos placards et, surtout, vous ne gaspillez plus.


Ce qu’il faut retenir

Le backwards shopping n’est pas une contrainte… c’est une nouvelle habitude.

Une habitude qui permet de :

- réduire ses dépenses

- éviter le gaspillage

- simplifier ses courses

Alors, avant votre prochaine liste, prenez quelques minutes pour regarder ce que vous avez déjà. Parce qu’au fond, faire des économies… commence souvent par ouvrir ses placards.


Source : Des astuces pour éviter le gaspillage alimentaire chez soi






samedi 9 mai 2026

(FR) Alors que les affrontements armés se poursuivent, pourquoi la Maison Blanche affirme-t-elle que le conflit avec l'Iran est terminé ?

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L’administration Trump tente d’utiliser un langage diplomatique pour mettre fin au conflit avec l’Iran, même si la situation dans le détroit d’Ormuz reste extrêmement tendue.

Lorsque le cessez-le-feu dans la guerre avec l'Iran est entré en vigueur il y a un mois, le président américain Donald Trump a clairement indiqué que si Téhéran ne mettait pas fin à son programme nucléaire ou ne rouvrait pas le détroit d'Ormuz, les frappes aériennes américaines reprendraient.

« S’il n’y a pas d’accord, les combats reprendront », avait déclaré Trump à l’époque, soulignant que le cessez-le-feu n’était qu’une accalmie temporaire.

Cependant, selon le secrétaire d'État américain Marco Rubio, la guerre en Iran est terminée. « L'opération Fureur épique est terminée. Nous avons atteint les objectifs de l'opération », a déclaré Rubio lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche le 5 mai 2026.


Évitez les pressions politiques.

Selon Rubio, les efforts américains pour rouvrir le détroit d'Ormuz sont désormais de nature purement défensive et humanitaire. Les forces américaines n'engageront un combat direct avec les forces iraniennes qu'en cas d'attaque contre des navires américains.

Le soir même, Trump annonçait la suspension temporaire de l'ensemble de l'opération d'escorte des navires dans le détroit d'Ormuz, un jour seulement après son déploiement. Il invoquait des « progrès significatifs » dans les négociations avec l'Iran pour justifier cette décision.

Néanmoins, les États-Unis maintiennent le blocus des ports iraniens dans le cadre de leur stratégie de pression économique.


Malgré les affirmations du secrétaire d'État américain Marco Rubio selon lesquelles les objectifs de la guerre contre l'Iran ont été atteints, la réalité semble être tout autre. Photo : New York Times.


Malgré les déclarations de l'administration Trump, la réalité sur le terrain est tout autre. Des missiles sont toujours tirés, des tirs persistent dans le détroit d'Ormuz, et les États-Unis comme l'Iran revendiquent le contrôle de ce détroit.

Durant 38 jours de combats intenses, les États-Unis ont attaqué environ 13.000 cibles. Mais la destruction de cibles militaires n'était pas le seul objectif des États-Unis dans ce conflit.

Aux premières heures du 28 février 2026, lors du lancement de sa campagne, Trump a exposé cinq grands objectifs pour les États-Unis.

Le premier objectif est de garantir que l’Iran « n’acquière jamais d’armes nucléaires ». De plus, il a déclaré que les États-Unis doivent détruire les systèmes de production et les plateformes de lancement de missiles balistiques iraniens, vaincre la marine iranienne, mettre fin au soutien de Téhéran aux groupes armés régionaux tels que les Houthis, le Hezbollah et le Hamas, et même chercher à provoquer un bouleversement majeur au sein du gouvernement iranien.

Ce que Trump a souvent mentionné — à savoir que la marine iranienne avait été vaincue — est peut-être le seul objectif que l'on puisse considérer comme atteint.

Néanmoins, Trump et Rubio avaient tous deux des raisons de déclarer la campagne « Operation Epic Fury » terminée. Cette déclaration hâtive de fin de guerre visait probablement à apaiser les pressions politiques.


Trump subit d'importantes pressions politiques en raison du conflit iranien. Photo : Reuters .


Le Congrès américain exerce une pression croissante sur l'administration Trump concernant la loi sur les pouvoirs de guerre, qui exige l'approbation du Congrès pour que les forces américaines soient impliquées dans des combats pendant plus de 60 jours.

Par ailleurs, les partisans de Trump commencent à se diviser quant à savoir s'il revient sur une promesse de campagne. Auparavant, Trump avait insisté sur la nécessité d'éviter de s'enliser dans des guerres interminables.

D'après le New York Times, la déclaration de l'administration Trump selon laquelle la guerre avec l'Iran est terminée ne reflète actuellement que des changements délibérés dans le raisonnement de la Maison Blanche.


Une tentative pour sortir de l'impasse.

Après avoir déclaré qu'il n'accepterait qu'une « reddition sans condition », le président Trump, après deux mois de conflit, revoit ses attentes à la baisse et cherche une sortie honorable, alors que le conflit iranien s'éternise et que sa cote de popularité auprès des électeurs américains atteint un niveau historiquement bas.

Les combats entre les États-Unis et l'Iran se poursuivent dans le détroit d'Ormuz. Malgré la poursuite des échanges de tirs, l'administration Trump tente de faire croire que la guerre est terminée et que Washington en est sorti victorieux.

La confusion stratégique de l'administration Trump était manifeste dans la déclaration du secrétaire d'État Marco Rubio le 5 mai 2026. Rubio a déclaré que l'objectif principal des forces américaines au Moyen-Orient était de ramener le détroit d'Ormuz « à son état d'origine : sans mines, sans péages ».


Un officier de marine à bord de l'USS Tripoli surveille les opérations aériennes depuis la tour de contrôle tandis que le navire d'assaut amphibie navigue en mer d'Arabie lors de l'opération Freedom, qui dure une journée. Photo : Marine américaine.


Rubio a qualifié l'opération d'« humanitaire et défensive », totalement indépendante du conflit iranien. Cependant, cette déclaration devient confuse lorsque Trump annonce la suspension temporaire du plan d'escorte de navires dans le détroit d'Ormuz, un jour seulement après son lancement, invoquant des « progrès significatifs » dans les négociations avec l'Iran.

De nombreux observateurs estiment que Trump tente désespérément de se sortir du bourbier iranien. Cependant, la prétendue « percée » semble avoir été exagérée. L'Iran se contente d'examiner la proposition formulée par les États-Unis.

La véritable raison de la suspension des escortes maritimes est leur inefficacité. La plupart des compagnies maritimes rechignaient à prendre le risque d'envoyer leurs navires traverser le détroit, même avec une escorte de l'US Navy.

L'apparition et la disparition rapides de ces campagnes ont démontré que l'administration Trump peinait à élaborer une stratégie pour contraindre l'Iran à faire des compromis. Des frappes aériennes ayant éliminé de hauts responsables aux blocus portuaires, aucune des actions américaines n'a véritablement ébranlé la résistance de Téhéran. Au contraire, des dirigeants plus radicaux ont rapidement comblé le vide.

Le principal point de blocage actuellement est la demande de Téhéran que les États-Unis lèvent le blocus de ses ports en échange de la réouverture du détroit d'Ormuz.

Le blocus américain nuit gravement à l'économie iranienne. Les autorités iraniennes considèrent la levée du blocus comme un acte de réciprocité. Parallèlement, Téhéran est conscient que le temps presse avant que la paralysie du détroit n'entraîne des dommages durables à l'économie mondiale. Cette situation confère à l'Iran un avantage dans les négociations, prolongeant ainsi l'impasse.

De toute évidence, Trump souhaitait obtenir un résultat plus probant que l'accord nucléaire de 2015 conclu par Obama avec l'Iran. Cependant, tandis qu'Obama avait eu besoin de 20 mois de négociations minutieuses avec une équipe d'experts chevronnés, Trump manquait de patience, tant sur le plan technique que sur celui des relations diplomatiques, pour parvenir à un accord négocié avec l'Iran.


Fresques de propagande à Téhéran, en Iran. Photo : Reuters.


Selon CNN , malgré la supériorité militaire des forces américaines, la guerre contre l'Iran est considérée comme un échec stratégique pour plusieurs raisons.

Les alliés des États-Unis au Moyen-Orient ne font plus confiance à la capacité de Washington à les protéger. Les États-Unis s'éloignent de plus en plus de leurs alliés traditionnels en Europe. Le conflit iranien a encore renforcé le pouvoir des factions radicales en Iran.

Bien que Trump ait menacé de bombarder l'Iran avec une « bien plus grande intensité » en l'absence d'accord, les analystes restent sceptiques quant à la possibilité de soumettre Téhéran par la force militaire.

Le résultat le plus évident de cette guerre est peut-être un Moyen-Orient plus instable. Selon CNN, Trump avait des ambitions trop élevées en entrant en guerre, et a dû rapidement revoir ses objectifs à la baisse.

Trump a maintes fois insisté sur le fait que l'Iran ne serait « jamais » autorisé à posséder l'arme nucléaire. Cependant, l'accord actuel vise un moratoire temporaire.

Trump avait déclaré un jour sur les réseaux sociaux : « Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran sans capitulation sans condition. » Aujourd’hui, il fait lui-même pression pour qu’un accord soit conclu.

La volonté de la Maison Blanche de parvenir à un accord préliminaire avec l'Iran montre que Washington privilégie la fin du conflit pour redresser sa situation politique intérieure, plutôt que de poursuivre des ambitions stratégiques chimériques au Moyen-Orient.

Malgré la déclaration de la Maison Blanche selon laquelle le conflit avec l'Iran est terminé, la réalité est la suivante : le détroit d'Ormuz reste fermé, les prix du pétrole sont toujours élevés, l'économie mondiale souffre toujours et la perspective de paix reste lointaine.










mercredi 6 mai 2026

(FR) Le Canada pourrait-il rejoindre l'Union européenne ?

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Le Premier ministre canadien Mark Carney à son arrivée au 8e sommet de la Communauté politique européenne le 4 mai 2026 à Erevan ( AFP / Ludovic MARIN ).

Au sommet de la Communauté politique européenne lundi 4 mai 2026 en Arménie, le Premier ministre canadien Mark Carney a amorcé un rapprochement inédit entre le Canada et l'Europe. Ce front uni intervient dans un contexte de tensions mondiales accrues par les politiques de Donald Trump, dont la guerre en Iran fait flamber les prix de l'énergie et menace la stabilité du détroit d'Ormuz. Le Canada a également réaffirmé son soutien à l'Ukraine avec une nouvelle aide militaire de 270 millions de dollars, alors que Volodymyr Zelensky appelle à maintenir la pression pour forcer la Russie à la diplomatie.


Alors que leur pays est brouillé avec les États-Unis de Donald Trump, une majorité de Canadiens estime que le Canada devrait envisager d’adhérer à l’Union européenne. Même si, pour l’heure, Ottawa et Bruxelles semblent explorer d’autres pistes. Dans la presse canadienne, l’idée fait débat.



La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors du sommet du G20, le 22 novembre 2025, à Johannesburg (Afrique du Sud).La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors du sommet du G20, le 22 novembre 2025, à Johannesburg (Afrique du Sud). PHOTO THOMAS MUKOYA/AFP

Ébranlés par plus d’une année de sévères droits de douane imposés par le président américain, Donald Trump, 58 % de Canadiens estiment que leur pays devrait envisager de rejoindre l’Union européenne (UE). Ce même sondage, relayé par The Globe and Mail, montre également que le quart des répondants va plus loin et "pense qu’il serait judicieux que le Canada rejoigne officiellement le bloc économique et politique des nations européennes".


Réunis en Arménie, l'Europe et le Canada serrent les coudes face à Trump

L'Europe et le Canada ont affiché un front uni lundi 4 mai 2026 lors d'une grand-messe diplomatique en Arménie, déterminés à faire bloc dans un monde soumis aux secousses de Donald Trump.

"Nous ne pensons pas être condamnés à nous soumettre à un monde plus transactionnel, insulaire et brutal", a lancé le Premier ministre canadien Mark Carney, en ouverture d'un sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan.

C'est la première fois qu'un dirigeant non-européen est invité à ce forum informel qui rassemble deux fois par an la quasi-totalité des pays européens, à l'exclusion de la Russie et du Bélarus.

"Des réunions comme celle-ci nous ouvrent une autre voie", a assuré le chef du gouvernement canadien, qui s'est fait le chantre ces derniers mois d'une alliance entre les "puissances moyennes", face aux "puissances hégémoniques" comme les Etats-Unis ou la Chine.



Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Mark Carney lors du 8ème sommet de la Communauté politique européenne le 4 mai 2026 à Erevan ( AFP / Ludovic MARIN )


Un soutien qui tombe à pic pour des Européens encore sonnés par la décision de Donald Trump. Il y a quelques jours de retirer 5.000 soldats américains stationnés en Allemagne. Le tempétueux président américain a également menacé l'UE de nouvelles surtaxes douanières.

"Nous payons aujourd'hui le prix de notre dépendance excessive à l'égard de la protection offerte par les Etats-Unis en matière de défense et de sécurité", a jugé le président français Emmanuel Macron.

Et d'ajouter, en évoquant le Premier ministre canadien: "Si Mark est lui aussi présent, c'est parce qu'il se sent de plus en plus proche des Européens, parce que nous sommes tous ensemble, et que nous estimons que nous avons besoin de l'être."

Les Européens se sont aussi engagés à muscler encore leurs propres capacités de défense.

Le retrait des militaires américains d'Allemagne "montre que nous devons vraiment renforcer le pilier européen de l'Otan, et nous devons vraiment en faire plus", a jugé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.


La présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky en Arménie

Le soutien à l'Ukraine est un autre sujet de discussion majeur à Erevan, alors que les Européens ont pris le relais des Américains pour financer l'effort de guerre de Kiev, avec un prêt de 90 milliards d'euros validé le mois dernier par l'UE.

"Résistez à l'idée de relâcher les sanctions sur la Russie", a plaidé Volodymyr Zelensky, soulignant qu'il fallait "pousser" Vladimir Poutine à accepter une solution diplomatique.

La présence du président ukrainien à ce sommet en Arménie, ancienne république soviétique du Caucase, restée l'alliée de Moscou après la chute de l'URSS, est un symbole fort.



Le président ukrainien Volodymyr Zelensky à son arrivée au 8ème sommet de la Communauté politique européenne le 4 mai 2026 à Erevan ( AFP / Ludovic MARIN )

Parmi les quelques absents à cette réunion de la famille européenne élargie, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a été retardé par un problème technique lors de son voyage, mais est finalement arrivé en Arménie.


Les participants au 8ème sommet de la Communauté politique européenne posent le 4 mai 2026 à Erevan ( AFP / Ludovic MARIN )

Hasard de la géographie, ces discussions se tiennent dans ce pays voisin de l'Iran, donnant de l'écho aux vives préoccupations des Européens, qui subissent de fortes répercussions du conflit au Moyen-Orient, notamment sur le plan énergétique.


Soutien à l'Arménie

La réunion de la Commissions du Parlement Européen (CPE) sera suivie mardi 5 mai 2026 du 1er sommet UE-Arménie, en plus petit comité, tandis que le président Emmanuel Macron, qui a reçu un accueil très chaleureux à Erevan, entamera lundi soir une visite d'Etat.

Autant d'occasions pour les Européens d'exprimer leur soutien à l'Arménie, un mois avant des élections législatives cruciales pour son avenir.

Cette ancienne république soviétique cherche sous l'impulsion de son Premier ministre, Nikol Pachinian, à développer ses liens avec l'UE.



Le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian le 1er avril 2026 à Moscou ( POOL / Pavel Bednyakov )


L'an dernier, le pays a adopté une loi déclarant officiellement son intention de se porter candidat à l'UE, dans la continuité d'un partenariat noué en 2017.

La candidature n'a pas encore été formellement déposée, mais comme dans une partie d'échecs - un sport national en Arménie - chaque camp avance ses pions : Vladimir Poutine a prévenu Nikol Pachinian début avril 2026 qu'une adhésion de son pays à l'UE serait "tout simplement impossible" compte tenu des liens actuels entre les économies arménienne et russe.




COMMENTAIRE

Le Canada partage les mêmes valeurs que l'Europe. Le Canada a-t-il intérêt à se rapprocher de l'Union européenne ? OUI, surtout depuis que Donald Trump a menacé de faire de ce pays le 51ème État américain. Il est temps pour le Canada de se séparer de sa grande sœur américaine, celle chez qui il exporte pour deux milliards de dollars par jour. Et les droits de douanes brandis par Washington ont changé la stratégie d'Ottawa.



SOURCES
















mardi 5 mai 2026

(FR) Le Royaume-Uni cherche à resserrer ses liens avec l’Union européenne.

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Photo d'illustration : Le Premier ministre britannique Keir Starmer (à gauche) lors d'une rencontre avec les dirigeants de l'Union européenne à Londres le 19 mai 2025. AP - Kin Cheung.

Le gouvernement britannique prépare un projet de loi majeur visant à dynamiser son programme de « réinitialisation » des relations avec l’Union européenne (UE), dix ans après le référendum sur le Brexit qui a entraîné la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Ce projet de loi intervient alors que le monde est confronté à l’incohérence des politiques tarifaires de l’administration Trump et à la crise du détroit d’Ormuz entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de paralyser l’économie mondiale.


L'aspect le plus remarquable de ce projet de loi, s'il est adopté prochainement, est qu'il permettrait au gouvernement britannique de coordonner et de mettre à jour automatiquement sa réglementation nationale afin de l'aligner sur celle du marché unique européen (alignement dynamique), sans nécessiter de votes parlementaires détaillés pour chaque modification. 

Voici les difficultés auxquelles la Grande-Bretagne est confrontée, ainsi que les points clés du nouveau projet de loi du gouvernement de Keir Starmer :



Carte Europe.


Ce qui s'est passé après l'entrée en vigueur officielle de l’accord sur le Brexit en 2020 ?

Depuis 2020, le Royaume-Uni n'est plus membre de l'Union européenne ni du marché unique européen. Londres a donc dû s'efforcer de conclure des accords de libre-échange avec des pays éloignés comme l'Australie, la Corée du Sud, l'Inde et même le Vietnam. Il s'agit d'un moyen de compenser les pertes engendrées par la sortie de l'UE. Le Royaume-Uni fondait également de grands espoirs sur la signature d'un accord de libre-échange avec les États-Unis. Or, dans les faits, l'administration Trump a engendré une instabilité considérable au Royaume-Uni, avec des réductions tarifaires parfois significatives (jusqu'à 10 % pour les exportations britanniques vers les États-Unis, selon les quotas sectoriels), et à d'autres moments, des menaces de changement de la part des États-Unis.

Il convient de noter que l'accord commercial entre le Royaume-Uni et les États-Unis a été signé en mai 2025, mais que dès la mi-avril 2026, le président Donald Trump a menacé de le « modifier à tout moment » pour des raisons géopolitiques et sous la pression des États-Unis. Ainsi, le Royaume-Uni considère toujours l'UE comme son principal partenaire commercial. Le Brexit a également fortement freiné la croissance économique britannique. Un article de février 2026, signé par Nicholas Bloom, Paul Mizen et Gregory Thwaites, de l'Université de Stanford (États-Unis), du King's College de Londres et de l'Université de Nottingham (Royaume-Uni), présentait une estimation alarmante : le Brexit aurait coûté au Royaume-Uni entre 6 et 8 % de son PIB ces dernières années. Selon ce même groupe de recherche, si les relations économiques et commerciales entre le Royaume-Uni et l'UE restent inchangées, les pertes se poursuivront et le PIB diminuera d'environ 4 % par an. Le gouvernement travailliste actuel privilégie la croissance par-dessus tout autre politique ; créer un environnement économiquement compatible avec l'UE est donc l'approche choisie pour relancer l'économie britannique, qui connaît une croissance très faible, estimée à seulement 0,1 % au quatrième trimestre 2025.


Le processus ne vise pas à revenir sur certaines dispositions du Brexit.

Après les déclarations du Premier ministre Keir Starmer et les annonces du gouvernement britannique, il ne s'agit pas d'un processus visant à revenir sur certaines dispositions du Brexit, contrairement aux affirmations de l'opposition.

Concrètement, le Royaume-Uni souhaite simplement renouer des liens plus étroits avec l'UE dans les années à venir et se conformer aux normes européennes dans 4 domaines suivants :

1. Agriculture et alimentation : ils constituent une priorité absolue. Le Royaume-Uni souhaite signer un accord sur les normes sanitaires et phytosanitaires afin de réduire les contrôles aux frontières des produits alimentaires, des boissons et des produits d'origine animale et végétale.

2. Industrie automobile : il souhaite harmoniser les normes techniques afin de garantir que les voitures fabriquées au Royaume-Uni puissent facilement accéder au marché de l'UE sans rencontrer de nouveaux obstacles réglementaires.

3. Energie et changement climatique : les deux parties vont réactiver le système d'échange de quotas d'émission et coopérer étroitement sur le marché de l'électricité afin de réduire les coûts énergétiques.

4. Sécurité des frontières et d'immigration : a priori le plus simple puisqu'il n'est pas de nature économique, concerne la poursuite de la coopération entre le Royaume-Uni et l'UE en matière de sécurité des frontières et d'immigration. Les deux parties échangent déjà des informations, coordonnent leurs procédures de contrôle aux frontières et partagent des données sur la criminalité.


Le principe de «  compatibilité active  » entre le droit anglais et le droit de l'UE

Ce règlement a été appliqué de manière limitée entre le Royaume-Uni et l'UE en Irlande du Nord, notamment pour l'importation et l'exportation de produits agricoles. Le règlement relatif au pourcentage de pesticides utilisés en agriculture pour certaines cultures destinées à la production de biens échangés entre l'Irlande du Nord (Ulster qui fait partie du Royaume-Uni) et la République d'Irlande (qui fait partie de l'UE) a été appliqué comme suit : le Royaume-Uni s'engage à respecter les normes européennes en matière de pourcentage de pesticides utilisés dans la culture des cultures vivrières, par exemple en Irlande du Nord. Par conséquent, l'importation et l'exportation de produits agricoles entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud ne nécessitent pas de contrôle supplémentaire.



Les termes de Royaume-Uni, de Grande-Bretagne et d’Angleterre recouvrent des entités géopolitiques distinctes et ne sont donc pas synonymes. En effet, le terme de Royaume-Uni (angl. United Kingdom) désigne l'ensemble des territoires du pays, alors que la Grande-Bretagne comprend les trois « provinces historiques » de l’île de Grande-Bretagne que sont l'Angleterre (England), le pays de Galles (Wales) et l'Écosse (Scotland), mais également l'Irlande du Nord (Ulster).

Le Royaume-Uni est désormais prêt à permettre à chaque secteur, supervisé par différents ministères, d'adapter automatiquement sa réglementation aux normes de l'UE chaque fois que celle-ci révise ses propres normes.

Par exemple, si l'UE impose que les batteries des véhicules électriques contiennent jusqu'à 55 % de composants et de technologies d'origine nationale, plutôt que provenant de Chine ou d'autres pays tiers, le Royaume-Uni ferait de même lors de l'élaboration de sa réglementation sur les batteries des véhicules électriques. Cela permettrait aux deux parties de vendre des batteries sur leurs marchés respectifs sans nouvelles négociations tarifaires.

Ce mécanisme, s'il est adopté par la loi cet été, s'appliquerait à d'autres secteurs économiques du Royaume-Uni dans leurs relations avec l'UE.

En effet, les deux parties ont discuté des normes relatives aux produits (produits chimiques et biens de consommation). Le Royaume-Uni tend à respecter les normes européennes de sécurité chimique (REACH) et de protection des consommateurs afin d'éviter que les marchandises britanniques ne soient refusées à la frontière en raison de différences de normes. L'élargissement progressif des échanges, secteur par secteur, constitue une étape prudente vers la mise en œuvre d'une stratégie de « compatibilité » économique entre les deux parties. Le 15 avril 2026, l'UE a réintégré le Royaume-Uni au programme Erasmus+, qui sera mis en œuvre à partir de 2027. Selon le gouvernement britannique, au moins 100.000 étudiants et jeunes bénéficieront, dès la première année, du retour du Royaume-Uni à ce programme d'échanges éducatifs et culturels.

L'UE a signé un accord de coopération élargie similaire avec la Suisse, pays situé au cœur de l'Europe mais non membre de l'Union européenne, même si les termes de cet accord diffèrent de ceux utilisés pour le projet d'accord avec le Royaume-Uni. En février dernier, l'UE et la Suisse ont signé un accord visant à renforcer leur coopération dans 4 domaines : l'alimentation, l'électricité, la protection des frontières et l'exploration spatiale. On constate que les 3 premiers domaines sont quasiment identiques à ceux que l'UE pourrait signer avec le Royaume-Uni.


Pourquoi le Premier ministre britannique Keir Starmer souhaite-t-il présenter ce projet de loi maintenant  ?

1. Premièrement, le contexte international de plus en plus difficile en matière de sécurité énergétique et de chaînes d'approvisionnement, en raison des conflits au Moyen-Orient, de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et de la guerre en Ukraine, a rendu urgent pour le Royaume-Uni de se rapprocher de son plus grand voisin et partenaire commercial important, l'UE.

Comme le Premier ministre Keir Starmer l'a lui-même déclaré à la BBC le 13 avril 2026, dix ans après le référendum sur le Brexit,  « le Royaume-Uni doit regarder vers l'avenir et non vers le passé », et face aux « conflits massifs et à la grande incertitude » qui se déroulent dans le monde, « pour son propre bien, le Royaume-Uni a besoin d'une relation plus étroite et plus forte avec l'Europe ». Il a fait valoir que ce besoin découle des réalités actuelles et s'applique à la défense, à la sécurité, à l'énergie et à l'économie.

2. Deuxièmement, il est nécessaire de stimuler la croissance économique. Plus tôt cette année, le Fonds monétaire international (FMI) prévoyait une croissance économique de 1,5 % au Royaume-Uni en 2026, mais dans son rapport Perspectives de l'économie mondiale publié en avril 2026, il a revu à la baisse ses prévisions à seulement 0,8 % pour l'année 2026. Cela signifie que l'économie britannique se trouve actuellement dans une situation très vulnérable à la récession.

Le principal objectif du gouvernement britannique actuel est de stimuler la croissance économique. Le Parti travailliste, au pouvoir, souhaite renforcer les relations commerciales avec l'UE grâce à des politiques favorisant la compatibilité dans les secteurs clés, réduisant ainsi les obstacles techniques et les coûts pour les entreprises et créant de ce fait davantage d'opportunités de croissance pour l'économie britannique.


Quels outils juridiques lui permettraient d'effectuer ces changements sans l'approbation du Parlement  ?

Un projet de loi devrait être présenté lors du discours du Roi en mai 2026 et adopté avant la pause estivale de cette année, marquant ainsi le plus grand bouleversement des relations Londres - Bruxelles depuis la sortie officielle du Royaume-Uni de l'UE. Une fois adoptée, cette loi permettra au gouvernement, d'ici à 2028-2029, de promulguer des décrets ou des directives visant à réglementer des secteurs spécifiques de l'économie, en garantissant leur compatibilité avec la réglementation européenne sans nécessiter d'approbation parlementaire détaillée supplémentaire.


L'initiative risquée pour Keir Starmer, étant donné que les partis d’opposition l’accusent de trahir la volonté du peuple  ?

Ce plan a immédiatement été critiqué par les partis d'opposition, notamment les partis conservateur et réformiste. Ils estiment que toute modification de l'accord sur le Brexit doit être approuvée par le Parlement.

Les détracteurs du gouvernement affirment que cela n'est pas différent de la loi en vigueur à l'époque du roi Henri VIII – en 1539, la cour anglaise a promulgué une loi autorisant le roi à gouverner par décret sans que le Parlement ait besoin de voter sur chaque cas particulier pour approuver ou rejeter les changements.

Actuellement, l'opposition et les partisans d'un Brexit dur craignent qu'il s'agisse d'une « réintégration déguisée dans l'UE », portant atteinte à l'autonomie juridique du Royaume-Uni en l'obligeant à respecter des règles sur lesquelles il n'a plus voix au chapitre à Bruxelles. Le 13 avril 2026, la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch, s'est publiquement opposée à ce projet de loi. Selon elle, c'est « la pire solution à tous points de vue » : le Royaume-Uni perd son droit de participer à la définition des normes européennes en matière de produits et doit se conformer à la réglementation européenne. Par ailleurs, ce statut de compatibilité l'empêche de conclure librement des accords commerciaux avec des pays hors UE.

En réalité, les partis conservateur et réformiste reconnaissent tous deux la grande faiblesse de l'économie. Cependant, le parti réformiste explique cette situation par le fait que les précédents Premiers ministres conservateurs et l'actuel Premier ministre travailliste « n'ont pas su saisir les opportunités offertes par le Brexit » et ont dilapidé l'indépendance vis-à-vis de l'UE, privant ainsi l'économie de toute croissance. Le Parti conservateur, qui a gouverné du Brexit en 2016 jusqu'à mi-2024, est désormais dirigé par une nouvelle équipe, qui affirme elle aussi proposer des mesures pour relancer la croissance. Mais objectivement, quel que soit le parti qui adoptera ces mesures, il se heurtera à une dure réalité.


Quelle est l'opinion publique au Royaume-Uni actuellement concernant le Brexit et les relations avec l'UE  ?

Concernant l'opinion publique, selon Statista (janvier 2026), 58 % des Britanniques estiment que le Brexit est une erreur, contre seulement 30 % qui le jugent judicieux. Cependant, un retour dans l'UE paraît irréalisable. Pour l'instant, un rapprochement avec l'UE, visant à atténuer les difficultés économiques, est considéré par beaucoup comme la solution la plus raisonnable. Hormis les questions économiques, il me semble que, globalement, la population accepte que le Royaume-Uni soit hors de l'UE et que ses seules critiques concernent les procédures de contrôle aux frontières et les voyages en avion vers l'UE. Nombre de ces problèmes pratiques restent encore sans solution commune.






lundi 4 mai 2026

(FR) USA : Donald Trump va-t-il perdre les midterms 2026 ?

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Dans 6 mois, jour pour jour, soit le 3 novembre 2026, les électeurs américains se rendront aux urnes pour les élections de mi-mandat aux États-Unis. Ils éliront l’ensemble les membres de la Chambre des représentants, ainsi qu’un tiers des sénateurs du Sénat, renouvelés par rotation.



Chambre des représentants et Sénat des États-Unis (Wikipédia)

Cette élection s’annonce donc risquée pour le Parti républicain, qui pourrait perdre des sièges à la Chambre, mais aussi au Sénat, alors que le bilan du second mandat de Donald Trump est largement entaché par la guerre en Iran.

Alors que le conflit s’enlise et que les Américains voient le prix de l’essence augmenter, la cote de popularité du président américain ne cesse de descendre. Elle a même atteint son niveau le plus bas 34% depuis le début de son mandat actuel, selon sondage Reuters/Ipsos réalisé fin avril 2026. Plus préoccupant encore, sa base MAGA commence à s’effriter et à prendre ses distances.

Cette élection va se jouer autour de son bilan : son style, la guerre en Iran, la police de l’immigration ICE, l’inflation, sa conception conflictuelle du pouvoir, tout l’aspect antidémocratique, mais aussi la construction de sa salle de bal de la Maison-Blanche…. De plus, le président américain Trump a une autre grosse casserole Affaire Epstein. Il faut rappeler qu’il y a eu ce fameux rapport du FBI, avec 4 auditions d’une jeune fille qui était mineure à l’époque, et qui met en cause directement Trump.

Vers une vague bleue en novembre 2026 ? Si les démocrates reprennent le Sénat, on pourra véritablement parler de bascule. Pour y arriver, les démocrates doivent reprendre 4 sièges. Il faudra pour cela faire basculer des États républicains tels que le Maine, la Caroline du Nord, l’Ohio, le Texas éventuellement, peut-être l’Alaska. Parallèlement, il va falloir défendre certains états démocrates comme la Géorgie, le Michigan ou le New Hampshire.

Donald Trump est imprévisible, mais on sait qu'il n’accepte pas la défaite. S’il venait à perdre ces élections, sa réaction pourrait être particulièrement virulente. Il pourrait contester les résultats, dénoncer des fraudes ou exiger un recomptage. Avec lui, tous les scénarios sont envisageables. L’assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump du 6 janvier 2021 reste un précédent marquant.

À 6 mois des élections de mi-mandat, la politique américaine entre dans une phase de projection et de crispation. Pour James Carville, stratège démocrate chevronné, le scénario est déjà écrit : les midterms de 2026 pourraient tourner au « wipeout » (défaite écrasante) pour les républicains, avec une reconquête massive du Congrès par les démocrates. Cette assurance contraste avec les mises en garde de David Plouffe, ancien conseiller de Barack Obama, qui doute de la capacité des démocrates à s’inscrire dans une domination durable du pouvoir fédéral. Entre pronostics de raz-de-marée et scepticisme stratégique, une question s’impose : les midterms de 2026 annoncent-ils une simple alternance électorale ou une recomposition politique plus profonde des États-Unis ?