jeudi 19 mars 2026

(FR) L'Europe dit à Trump que "l'Iran n'est pas notre guerre"

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Le président américain Donald Trump

Donald Trump regrette que ses alliés de l'Otan, notamment européens, refusent de venir en soutien de Washington pour sécuriser le détroit d'Ormuz. La fin de non-recevoir de l'Europe pourrait toutefois avoir des conséquences à plus long terme.

C'est une erreur monumentale, comment Trump a qualifié mardi 17 mars 2026 le refus de la plupart des alliés de l'Otan de s'impliquer dans l'opération militaire israélienne en Iran. Un peu plus tôt, ce week-end, le président américain avait exhorté plusieurs pays, dans un message sur son réseau Truth Social, à venir en soutien des Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, aujourd'hui bloqué par l'Iran et par lequel transite un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié. Trump espère que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et les autres pays enverront des navires dans la région afin que le détroit d'Ormuz ne soit plus menacé par Iran. Il avait également menacé l'Otan dans une interview au Financial Times : "S'il n'y a pas de réponse ou si celle-ci est négative, je pense que cela aura des conséquences très mauvaises pour l'avenir de l'Otan", avait mis en garde le dirigeant issu du Parti républicain.


"Ce n'est pas notre guerre"

Actuellement, aucun pays n'a répondu de manière favorable à sa demande, même si tous sont affectés par le blocus d'Ormuz, n'ayant visiblement aucune envie de se retrouver mêlés à une guerre pour laquelle ils n'ont même pas été consultés.

Certains lui ont même opposé une fin de non-recevoir, à l'image du ministre de la Défense allemand Boris Pistorius, qui a déclaré : "Ce n'est pas notre guerre ; nous ne l'avons pas déclenchée." Même froideur du côté d'Espagne, ouvertement opposée au déclenchement du conflit : "Nous ne devons rien faire qui puisse ajouter encore plus de tension ou aggraver la situation", a déclaré José Manuel Albares, le ministre des Affaires étrangères. Pas mieux du côté d'Australie : "Nous n'enverrons pas de navire dans le détroit d'Ormuz", a déclaré Catherine King, membre du cabinet du Premier ministre Anthony Albanese, lors d'une interview à ABC. Le Japon, lui, a jugé plus urgent de débloquer ses ressources stratégiques de pétrole.

L'Italie de Giorgia Meloni, proche de Donald Trump, serait-elle plus réceptive ? Pas vraiment. Son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a déclaré lundi 16 mars 2026 que la diplomatie était la solution à privilégier pour résoudre la crise dans le détroit. Le Premier ministre britannique Keir Starmer, pour sa part, a déclaré que "son pays ne souhaitait pas être entraîné dans une guerre plus vaste". Deux semaines plus tôt, il avait proposé d'envoyer deux navires britanniques dans le golfe Persique, une suggestion que Donald Trump avait alors balayée d'un revers de main – "Nous n'avons pas besoin que des gens nous rejoignent pour des guerres qu'on a déjà gagnées", avait-il alors répondu. Message reçu.

La France reste prudente ; avant l'appel de Donald Trump, la ministre des Armées Catherine Vautrin avait déjà annoncé sur France 24 qu'il n'était pas question d'envoyer des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz. Le président Emmanuel Macron a, lui, expliqué que la France cherchait à constituer une coalition pour sécuriser le détroit "une fois que la situation sécuritaire se sera stabilisée". Paris aurait mené des consultations à cet effet avec des pays asiatiques, européens ainsi que des Etats du Golfe la semaine dernière. Au niveau de l'Union européenne, une piste a été évoquée par sa diplomate en chef Kaja Kallas, lundi matin 16 mars 2026. Elle pourrait consister dans une extension de l'opération Aspides, actuellement déployée en mer Rouge afin d'assurer la protection du trafic maritime contre les attaques des milices houthistes. "Nous discuterons avec les Etats membres pour voir s'il est possible de réellement modifier le mandat de cette mission", a expliqué Kaja Kallas.

Donald Trump en a même appelé à la Chine, alliée de Téhéran, arguant qu'elle importait la majorité de son pétrole d'Iran et qu'"il est logique que les gens qui bénéficient du détroit doivent aider pour faire en sorte que rien de grave n'arrive là-bas". Le président américain menace de reporter sa rencontre avec le président Xi Jinping, prévue du 31 mars au 2 avril 2026 à Pékin si la Chine ne faisait pas pression sur l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Mais ses imprécations ne risquent pas d'avoir beaucoup d'effets puisque Téhéran serait en discussion avec Pékin pour laisser passer ses navires.


"Nous n'avons besoin de personne"

Les pays auxquels Donald Trump en appelle n'ont que n'avoir été en rien consulté en amont de l'intervention israélo-américaines. Dans une conférence de presse lundi 16 mars 2026 à la Maison-Blanche, Trump  a alterné entre vexation et indifférence : "Vous voulez dire que ça fait quarante ans qu’on vous protège et que vous ne voulez pas vous impliquer dans une affaire qui est vraiment mineure ?" Il a même sous-entendu que son appel était surtout pour la forme : "Nous n’avons besoin de personne ; nous sommes la nation la plus puissante du monde (...). Dans certains cas, je le fais presque non pas parce que nous avons besoin d’eux, mais parce que je veux voir comment ils réagissent." Il a toutefois précisé que "de nombreux pays" lui avaient dit qu'ils "étaient en route", mais lorsqu’il lui a été demandé de les nommer, il a répondu : "Je préfère ne pas le dire pour l’instant, mais nous les annoncerons."


COMMENTAIRE

L'Amérique a perdu tout semblant de bon sens avec les menaces :

- d'annexer le Canada et de faire d'eux un 51e État.

- de prendre le Groenland par la force et, par extension, de commencer une guerre avec un allié de l'OTAN.

- de faire exploser complètement le commerce mondial avec les droits de douane (peu importe le pays d'origine).

- de manquer de respect pour les vies perdues des soldats pendant la guerre en Afghanistan.

- de cesser la mise à jour des avions F35 et de ne vendre que des unités déclassées et basiques aux alliés.

- de mettre fin à toute aide militaire et à tout soutien à l'Ukraine.

- la liste est longue ......

Vous parlez du côté de la Russie contre l'Ukraine. Vous insultez les dirigeants. Vous commencez une guerre. Vous dites que vous n'avez besoin d'aucune aide. Vous dites que vous avez gagné la guerre. Puis, vous demandez soudain de l'aide et vous vous fâchez quand vous ne l'obtenez pas. « Vous avez créé ce désordre. Vous vous en occupez. »





mardi 17 mars 2026

(FR) Guerre en Iran : Pourquoi les mines navales compliquent le conflit ?

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Une guerre silencieuse se joue désormais dans le détroit d'Ormuz. Rudimentaires, mais difficiles à détecter, des mines navales auraient été disséminées par le régime des mollahs au travers de cette artère essentielle du commerce énergétique mondial.

L'arme la plus dangereuse en mer n'est ni un missile, ni un sous-marin, ni un porte-avions. Ce sont des mines marines iraniennes qui constituent l'une de ses armes les plus puissantes. Ils se trouvent actuellement au cœur des tensions autour du détroit d'Ormuz. 

Mais… pourquoi les mines ? Parce qu'elles sont d'une efficacité redoutable : peu coûteuses à déployer, difficiles à détecter et capables d'immobiliser des navires valant des milliards de dollars.



Mine à orin utilisée pendant la Première Guerre mondiale. Musée de la Marine, Paris.

Une mine contient une charge explosive, souvent d'une centaine de kilogrammes de TNT (Trinitrotoluène). Le TNT est insoluble dans l'eau, et il reste actif des décennies durant, ce qui rend les mines séparées de leur orin particulièrement dangereuses. Certaines mines de fond peuvent avoir une charge explosive plus importante jusqu'à 1,5 tonne.

Voilà pourquoi les mines navales constituent une arme géopolitique si puissante. Il n'est pas nécessaire de couler des navires. Il suffit de rendre l'océan trop dangereux à traverser.


SOURCES

Wikipédia : Mine marine

Wikipédia : Trinitrotoluène (TNT)










 



(FR) Guerre au Moyen-Orient : L'Europe a refusé de participer à une opération militaire dans le détroit d'Ormuz.

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Suite à l'appel des États-Unis à déployer des forces navales pour protéger le détroit d'Ormuz, de nombreux pays européens ont fait preuve de prudence ou ont refusé de participer.


Depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran depuis 28 février 2026, le commerce via le détroit d'Ormuz est quasiment paralysé. Le risque de rupture d'approvisionnement énergétique a fait flamber les prix mondiaux du pétrole, exerçant une pression considérable sur les économies dépendantes des importations d'énergie.

Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a appelé ses alliés, notamment les États membres de l'OTAN et les partenaires asiatiques, à rejoindre une alliance navale pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.


L'Europe se montre prudente face à la proposition de Washington.

Les réactions des pays européens ont été marquées par une grande prudence face à la proposition de Washington. Lors d'une réunion de l'Union européenne (UE) à Bruxelles, de nombreux dirigeants ont affirmé n'avoir aucune intention de mener des opérations militaires dans le détroit d'Ormuz.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré que Berlin avait besoin de davantage d'informations avant d'envisager toute mesure. « Nous avons besoin de plus de transparence », a-t-il affirmé, soulignant que l'Allemagne souhaite que les États-Unis et Israël fournissent des informations complètes sur les objectifs et la stratégie de l'opération militaire.

Selon Wadephul, une fois que la situation se sera éclaircie, la communauté internationale devra passer à l'étape suivante : la mise en place d'une structure de sécurité régionale avec la participation des pays du Moyen-Orient.




Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius. Photo : Reuters.

Parallèlement, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a affirmé que Berlin ne participerait pas à l'opération militaire dans le détroit d'Ormuz. « Ce n'est pas notre guerre. Les Allemands n'ont pas déclenché cette guerre », a déclaré M. Pistorius, ajoutant que l'Allemagne était uniquement disposée à soutenir les efforts diplomatiques visant à garantir la sécurité maritime.

M. Pistorius a également mis en doute l'efficacité pratique d'une force navale européenne de taille réduite. Selon lui, le déploiement de « quelques frégates » ne permettrait probablement pas de faire une différence significative face à la puissance de la marine américaine.

Ce point de vue a été renforcé par une déclaration du cabinet du chancelier allemand Friedrich Merz. Le porte-parole Stefan Kornelius a affirmé que le conflit actuel « n'a rien à voir avec l'OTAN », l'alliance étant principalement destinée à la défense des territoires de ses États membres.

Selon Kornelius, le déploiement des forces de l'OTAN dans ce cas précis est dépourvu de fondement juridique clair. C'est pourquoi de nombreux pays européens se montrent prudents quant à leur participation à toute opération militaire au Moyen-Orient.


Les alliés de l'OTAN sont divisés.

L'Allemagne n'est pas la seule à avoir exprimé un avis similaire; de nombreux autres pays européens ont fait part de ces points de vue. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a souligné que la protection du détroit d'Ormuz ne serait pas une opération de l'OTAN.

« Soyons clairs : il ne s'agit pas, et il ne s'agira jamais, d'une mission de l'OTAN », a déclaré Starmer, ajoutant que Londres ne souhaite pas être entraînée dans un conflit plus large au Moyen-Orient.




Le Premier ministre britannique Keir Starmer. Photo : Reuters.

Néanmoins, le Royaume-Uni poursuit ses discussions avec les États-Unis et ses partenaires concernant les mesures à prendre pour garantir la sécurité maritime. L'une des solutions envisagées est l'utilisation de drones spécialement conçus pour la recherche et la neutralisation des mines, qui ont déjà été déployés dans la zone.

Aux Pays-Bas, le Premier ministre Rob Jetten a également exprimé son scepticisme quant à la faisabilité d'un déploiement rapide d'une opération militaire efficace à Hormuz.

Certains États baltes, comme l'Estonie et la Lituanie, estiment que la proposition américaine mérite un examen approfondi. Ils insistent toutefois sur la nécessité de bien comprendre les objectifs stratégiques de Washington.

Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a demandé : « Quel sera le plan précis ? » Tsahkna a fait valoir que les alliés européens devaient comprendre la stratégie à long terme des États-Unis avant de prendre tout engagement.

Parallèlement, la Grèce et l'Italie ont déclaré ne participer à aucune opération militaire dans le détroit d'Ormuz. Ces déclarations témoignent de la prudence générale en Europe face au risque d'escalade du conflit.

Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a déclaré que l'Europe devait prendre en compte la réalité de la situation, mais qu'elle devait en même temps viser une désescalade des tensions.

« Nous devons faire face à la réalité du monde, et non à la vision à laquelle nous aspirons », a déclaré Rasmussen.

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radek Sikorski, a déclaré que si les États-Unis formulaient une demande officielle par l'intermédiaire de l'OTAN, Varsovie l'examinerait sérieusement. Il a toutefois mentionné l'article 4 du traité de l'OTAN, qui autorise les États membres à se consulter lorsque leur sécurité est menacée.



Le ministre polonais des Affaires étrangères Radek Sikorski. Photo : Reuters.

Alors que les pays européens font preuve de prudence, Washington semble accentuer la pression sur ses alliés. Le président Trump a récemment exprimé sa frustration face au manque d'enthousiasme de certains pays que les États-Unis « protègent depuis des années ».

Le chef de la Maison Blanche a également indiqué que le secrétaire d'État américain Marco Rubio annoncerait une liste de pays disposés à participer à l'opération.

Au sein de l'UE, certains ont suggéré d'étendre la mission navale Aspides – établie en 2024 pour protéger la navigation commerciale des attaques houthies en mer Rouge.

Toutefois, à la suite d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE, la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a reconnu que la proposition ne bénéficiait pas d'un large soutien.

« Personne ne souhaite participer activement à cette guerre », a déclaré Kallas, indiquant que les pays européens privilégient désormais les solutions diplomatiques à une implication militaire directe.

Cependant, la perturbation du détroit d'Ormuz représente toujours un défi majeur pour l'économie mondiale. Selon Kallas, la flambée des prix du pétrole engendrée par la crise régionale pourrait même profiter financièrement à la Russie dans le conflit ukrainien, Moscou étant fortement dépendante des recettes énergétiques.

Dans ce contexte, les pays européens recherchent des solutions pour rétablir la sécurité maritime sans s'engager directement dans un conflit. Cela témoigne d'un équilibre délicat à trouver entre la nécessité de stabiliser les marchés de l'énergie et la crainte d'être entraînés dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient.


COMMENTAIRE

En attaquant l’Iran sans consulter ses alliés, le président américain pensait aller plus vite. Il a obtenu l’inverse : des Européens qui temporisent et ne le suivent pas sans objectif clair.

Donald Trump pense décider de la marche du monde seul, sans allié. Mais quand les choses tournent mal, soudain, le président des États-Unis s’emporte contre… l’Otan qu’il appelle au secours pour l’aider à sécuriser le détroit d’Ormuz.

Le détroit d’Ormuz, étroit passage maritime reliant le golfe Persique au golfe d’Oman, est l’un des points les plus sensibles de la géopolitique mondiale, la zone qui pourrait humilier les États-Unis et Israël ?

Les États-Unis et Israël, malgré leur supériorité militaire, n’ont jamais réussi à imposer un contrôle total sur ce passage stratégique : le détroit d’Ormuz.


SOURCES

NATO :          Le processus de consultation et l'article 4

Wikipédia :    Opération Aspides (EUNAVFOR Aspides)








samedi 14 mars 2026

(FR) Pourquoi l'île de Kharg est-elle importante pour Iran ?

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Environ 90 % des exportations iraniennes de pétrole transitent par une petite île, située à une vingtaine de kilomètres des côtes, au nord du golfe Persique. Cette vulnérabilité n'a pas échappé à l'armée américaine, qui a lancé des frappes sur place vendredi soir 13 mars 2026. Mais elle retient pour l'instant ses coups, en épargnant les infrastructures pétrolières.


Kharg est une île du golfe Persique appartenant à l'Iran. Elle est située à 25 km de la côte de l'Iran et à 483 km au nord du détroit d’Ormuz. Administrée par la province de Bouchehr adjacente, l'île étend les eaux territoriales iraniennes vers les gisements pétroliers du golfe Persique. L'île de Kharg possède un port permettant d'exporter le pétrole.

Longue d’à peine quelques kilomètres, l’île reçoit par oléoducs le pétrole des grands champs du sud-ouest du pays avant qu’il ne soit chargé sur des superpétroliers. La plupart des côtes iraniennes étant trop peu profondes pour ces navires géants, Kharg constitue un passage quasiment incontournable pour les exportations du pays. Autrement dit : si Kharg tombe, l’essentiel du pétrole iranien ne peut plus quitter le pays.




L’enjeu est considérable. L’Iran est le quatrième producteur de brut de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et, malgré les sanctions internationales, il exporter une capacité maximum de 4 millions de barils par jour. Une grande partie de ces revenus alimente les finances de l’État iranien et celles des Gardiens de la Révolution, pilier sécuritaire du régime. Certains responsables israéliens estiment qu’une telle opération priverait l’Iran de sa principale source de revenus.

Ce passage maritime est l’un des plus stratégiques au monde : environ un cinquième du pétrole transporté par mer y transite habituellement. Chaque jour, des dizaines de superpétroliers y transportent également du gaz naturel liquéfié et des produits pétroliers vers l’Asie, l’Europe et les États-Unis. Depuis le début de la guerre 28 février 2026, les combats et les frappes iraniennes perturbent déjà fortement le trafic dans la zone.





vendredi 13 mars 2026

(FR Shahed-136, un drone iranien au cœur des conflits américano-israélo-iranienne.

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(Infographie d'un drone Shahed-136. - Yasin Demirci/Anadolu/AFP)
Lancés par salves depuis une plateforme terrestre ou un camion, les Shahed saturent les défenses adverses, contraintes parfois d’utiliser de coûteux missiles pour les détruire.


Téhéran a déjà tiré plus de 3.000 drones Shahed vers le Moyen-Orient depuis le début des frappes américaines et israéliennes en Iran, le 28 février 2026.

L’Iran utilise et fabrique un drone, parfois qualifié de missile de croisière, nommé le Shahed-136, est un drone d'attaque unidirectionnel de conception iranienne, aussi appelé drone kamikaze ou drone suicide, sous la forme d'un drone autonome à propulsion par hélice propulsive. Il est conçu et fabriqué par la société d'État iranienne HESA (Iran Aircraft Manufacturing Industrial Company) en association avec Shahed Aviation Industries.  

le Shahed-136 est actuellement en service et son prix unitaire est varie entre 20.000 et 50.000 euros l’unité, selon le modèle. Aucun équipage n’est nécessaire à bord du drone. Il est équipé d’un seul moteur à pistons MD550.

Il mesure 3,50 m de longueur et 2,50 m d’envergure. Le drone pèse 200 kg et peut contenir une charge explosive de 40 kg. Il peut atteindre une vitesse de plus de 185 km/h. Son rayon d’action peut atteindre 2.500 km selon le constructeur. Il aurait déjà parcouru plus de 1.700 km lors de l’Opération Promesse honnête.



Le Shahed-136 est rebaptisé par les Russes "Gueran-2" ou "Géranium-2" passant du gris au noir.

Il a également été aperçu dans le conflit russo-ukrainien en septembre 2022. Utilisé par les forces russes, le Shahed-136 est rebaptisé par les Russes "Gueran-2" ou "Géranium-2". Il est modifié afin de s’adapter aux besoins de l’armée russe.

Selon une enquête réalisée en février 2023, la chaîne de télévision CNN indique que l’ogive du Shahed-136 utilisée par les Russes a été modifiée pour avoir un effet plus dévastateur, notamment avec l’ajout de morceaux de métal dans l’ogive. Une autre modification apportée au drone consiste à changer sa couleur, passant du gris au noir afin de le rendre moins visible lors des attaques nocturnes.

Le Shahed-136 est lancé depuis une plate-forme terrestre ou un camion lanceur, tirant des sortes de roquettes appelées salves. Chaque salve peut contenir jusqu’à 5 drones à la fois.


Le Shahed-136 utilise un système de navigation et de positionnement par satellite (GNSS) ainsi qu’un système de guidage inertiel pour attaquer des coordonnées géographiques précises.

Le Shahed-136 n’a pas été utilisé dans un seul conflit mais dans plusieurs :

- Au Yémen, au cours de la guerre civile,

- Lors de l’attaque d’un pétrolier en juillet 2021,

- Lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie,

- Durant la crise de la mer Rouge en 2023,

- Lors de la vaste attaque de l’Iran contre Israël en avril 2024.


YouTube : Les drones Shahed: l'arme redoutable de l'Iran

YouTube : Shahed 136 - Le Drone Iranien qui Surprend les Armées du Monde


COMMENTAIRE

Iran a déjà tiré plus de 3.000 drones Shahed vers le Moyen-Orient depuis le début des frappes américaines et israéliennes en Iran, le 28 février 2026.

Le Shahed-136 (un bruit particulièrement reconnaissable), est petit, discret, presque anodin... aux allures de maquette d'avion, mais capable de délivrer une charge explosive avec une précision mortelle. Ce n'est pas un mythe, c'est une réalité.

De plus, une nouvelle version du drone kamikaze Shahed-101 (avec un moteur électrique), développée par l'Iran, commence à apparaître dans plusieurs zones de conflit. Sa dangereuse particularité, c'est un moteur électrique presque silencieux qui lui permet d'approcher sa cible sans être détecté.

Comment une telle arme, dépourvue de la technologie de pointe que l'on trouve dans les missiles coûteux, parvient-elle à atteindre des cibles à des centaines de kilomètres de distance ?

Ce 13 mars 2026, l’attaque d’un drone Shahed en Irak, faisant un mort et six blessés, rappelle une réalité brutale, ces armes, d’abord utilisées par la Russie en Ukraine, se propagent désormais au Moyen-Orient et menacent directement les intérêts français. L’Ukraine a montré qu’il existe une réponse efficace, peu coûteuse et rapidement déployable. La France a les moyens de s’en inspirer, mais elle doit agir maintenant, avant que la prochaine attaque ne la prenne de court. Chaque jour de retard est un risque supplémentaire pour nos soldats, nos infrastructures et nos alliés.





jeudi 12 mars 2026

(FR) Le « Dôme de fer » israélien face aux « bombes à fragmentation » iraniennes : un problème se pose-t-il pour Tel Aviv ?

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Iran utilise des bombes à fragmentation, une bombe très très dangereuse.

Selon un communiqué du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), des bases militaires américaines dans la région du Golfe persique ont été attaquées à l'aide de missiles à têtes multiples Ghadir, de missiles à têtes multiples Khorramshahr et de missiles Emad.

L'agence de presse iranienne WANA a rapporté le 11 mars 2026 que le CGRI avait annoncé le lancement de la 39e attaque dans le cadre de l'« Operation True Promise 4 » ciblant des positions américaines dans la région.

Dans le communiqué n° 32, le bureau des relations publiques du CGRI a écrit : « La 39e frappe de l'Operation True Promise 4 a été menée contre des cibles américaines dans la région en mémoire des Martyrs de la Force ».

Selon un communiqué du GRI, lors de cette attaque, des bases militaires américaines dans la région du Golfe persique ont été ciblées par des systèmes de missiles à têtes multiples Ghadir, des missiles à têtes multiples Khorramshahr et des missiles Emad.

Le GRI a également déclaré qu'il poursuivait des attaques de grande envergure par missiles et drones.

Le communiqué ajoute que ces attaques ont provoqué une peur généralisée, obligeant les Israéliens à vivre en état d'alerte aérienne constante et à se réfugier dans des bunkers depuis 11 jours.

Par ailleurs, selon l'agence WANA, le porte-parole du commandement central iranien, Khatam al-Anbiya, a déclaré : « Notre politique de représailles est terminée. Nous poursuivons désormais une politique d'attaques continues. »

Le New York Post a rapporté que des responsables israéliens ont déclaré que l'Iran utilise des bombes à fragmentation lors d'attaques contre des villes israéliennes, ce qui rend plus difficile la prévention de telles attaques pour le système de défense aérienne déjà surchargé du pays.

Les images des attaques de représailles de Téhéran contre Israël montrent des missiles iraniens explosant dans le ciel et dispersant de petites ogives sur une vaste zone en contrebas, ce qui correspond aux caractéristiques des bombes à fragmentation.



Ces types d'armes sont plus difficiles à intercepter, même pour le système de défense israélien « Dôme de Fer », et au moins trois personnes ont été tuées le 10 mars 2026 après l'explosion d'une bombe sur un chantier de construction dans le centre d'Israël.


Que sont les bombes à fragmentation ?

Selon The Week (Inde), les bombes à fragmentation contiennent de multiples sous-munitions. Après leur lancement, elles libèrent des sous-munitions plus petites à une altitude de 7 à 10 kilomètres. Ces sous-munitions se dispersent sur une vaste zone, de quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres, causant des dégâts importants. La bombe sacrifie donc la précision au profit d'une large zone de couverture. Par conséquent, les dégâts qu'elles peuvent causer dans des zones restreintes et densément peuplées de pays comme Israël peuvent être très graves.



Les bombes à fragmentation contiennent plusieurs sous-munitions qui se dispersent à l'approche du missile vers sa cible. Photo : X.

Ce type d'arme a été utilisé pour la première fois par le Troisième Reich (aussi appelé Allemagne nazie) lors de son attaque éclair contre la Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale.

Bien que les bombes à fragmentation ne soient pas interdites par le droit international, leur utilisation dans les zones civiles est prohibée par la Convention de Genève, plus de 120 pays ayant accepté de ne pas utiliser ce type d'arme.


Trop de bombes à désamorcer

Yehoshua Kalisky, chercheur principal à l'Institut israélien de recherche sur la sécurité nationale, a déclaré à l'Associated Press que si le système « Dôme de fer » d'Israël et d'autres systèmes de défense aérienne sont capables d'intercepter la plupart des types de projectiles, il est très difficile de contrer les bombes à fragmentation une fois que les ogives se sont séparées.

Les missiles intercepteurs israéliens sont spécifiquement conçus pour détruire les petits missiles tirés à courte portée et à basse altitude – une capacité qui s'est avérée efficace contre des groupes armés comme le Hamas et le Hezbollah dans les pays voisins.

Cependant, le système « Dôme de fer » avait du mal à détruire les bombes à fragmentation une fois qu'elles s'étaient dispersées en des dizaines de bombes plus petites.








mercredi 11 mars 2026

(FR) Guerre en Iran : Les mines dans le détroit d’Ormuz ?

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Le minage du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui aurait déjà débuté, selon des sources américaines citées par CNN, pourrait constituer un tournant dans la guerre en cours au Moyen-Orient. Les mines marines, par leurs caractéristiques, constituent un instrument de déni d’accès remarquablement efficace. Faciles à déployer, disponibles en nombre, elles sont très difficiles à neutraliser.

Mais elles constituent pour l’Iran une option à double tranchant, incapable de discriminer les pétroliers selon leur pavillon.

Tirant parti de l’opacité du milieu naturel, les mines marines sont des engins explosifs pouvant fonctionner au contact d’un navire ou à l’influence de son passage (influence magnétique et/ou acoustique).

Si le principe de la mine de contact a peu évolué depuis la Première Guerre mondiale, les mines à influence ont bénéficié des avancées technologiques pour mieux discriminer leurs cibles et devenir plus difficiles à détecter.

Les Iraniens disposeraient de 5.000 à 6.000 mines, mais seulement 5 % de cet arsenal suffirait à complètement bloquer le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Il suffirait de 300 mines pour bloquer le détroit d’Ormuz.



Wikipédia

Comment retire-t-on ces mines ?

Autant cela va vite à les mettre à l’eau, autant c’est très galère à relever, d’autant plus qu’une fois qu’elles sont actives, il y a des dispositifs anti-manipulations. Les mines de fond, elles, sont cachées dans les fonds marins, il faut donc des bateaux chasseurs de mines spécialisés, sachant que la côte iranienne est bardée de batteries de missiles antinavires… Et l’US Navy avait depuis très longtemps 4 bateaux chasseurs de mines à Bahreïn, qu’elle vient de retirer - ils sont arrivés mardi aux Etats-Unis pour être démantelés. Donc, s’il faut déminer, cela va être aux Européens, qui ont encore de vrais chasseurs de mines équipés pour certains de drones sous-marins, d’y aller. Mais cela prendrait des années à déminer.


Comment évite-t-on que les Iraniens n’effectuent ce minage du détroit  ?

Aujourd’hui, c’est une vraie course contre-la-montre qui est donc engagée pour éviter que les Iraniens n’effectuent ce minage du détroit. Même si c’est aussi une arme à double tranchant pour les Iraniens, car une fois qu’ils auront fait cela, le détroit sera bloqué y compris pour les bateaux chinois et pakistanais. Ils se couperont donc complètement du monde. Ils auront encore des ports à l’Est de leur côte pour du trafic normal, mais les terminaux de pétrole sont dans le Golfe. C’est pourquoi on les crois capables de mettre quelques mines à l’eau, pour faire stresser les armateurs du transport maritime, et mettre ainsi une pression maximale sur Donald Trump pour qu’il arrête de bombarder l’Iran, mais sans s’engager pour autant dans une action massive de minage du détroit.