mercredi 20 mai 2026

(FR) CHINE : Entre Trump et Poutine, Xi Jinping rêve de devenir un empire économique au centre du monde.

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Une installation artistique de Galam Zulkifli représentant les présidents (de gauche à droite) chinois Xi Jinping, états-unien Donald Trump et russe Vladimir Poutine lors de l'exposition ARTSUBS à Surabaya le 2 août 2025.  - Juni KRISWANTO/AFP

En recevant coup sur coup les principaux dirigeants mondiaux, Xi Jinping cultive l’image d’une Chine stable et incontournable. Une stratégie patiente qui profite des fragilités américaines et russes.


Xi Jinping a reçu Donald Trump les 14 et 15 mai 2026, puis Vladimir Poutine les 19 et 20 mai 2026, en l’espace de quelques jours. C'est une première depuis la fin de la guerre froide. Comme un prestigieux défilé entamé dès décembre 2025 avec le président français Emmanuel Macron, suivi du Premier ministre britannique, Keir Starmer, en janvier 2026.

La Chine tire profit de cette séquence pour se positionner comme une puissance incontournable et un pôle de stabilité face au chaos international. Mais derrière l’image de neutralité, Pékin défend avant tout ses intérêts : elle soutient discrètement l’effort de guerre russe tout en flirtant avec Washington.

D'après la Banque mondiale, la Chine pourrait devenir la première puissance économique de la planète en dépassant les États-Unis entre 2020 et 2030.

La Chine possède une part importante de la dette américaine avec 772,5 milliards de dollars de bons du Trésor détenus en moyenne en 2024. La Chine est le deuxième créancier étranger des Etats-Unis, juste derrière le Japon. Cela représente environ 2 % de la dette publique américaine.

Principal bénéficiaire des fonds du programme « la Ceinture et la Route », la Russie est de loin le plus gros emprunteur auprès de la Chine, avec une dette totale de 169,3 milliards de dollars contractée au cours des 20 dernières années. Cependant, les chiffres d'AidData ne prennent en compte que les emprunts contractés entre 2000 et 2021 et, en réalité, ce chiffre est probablement encore plus élevé suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Face aux sanctions occidentales, Moscou s'est tournée vers Pékin pour obtenir d'importantes sommes d'argent, les quatre plus grandes banques chinoises ayant quadruplé leur exposition au secteur bancaire russe depuis février 2022. Cela dit, d'autres banques ont décidé de ne pas prêter d'argent en raison des sanctions internationales, selon Newsweek.



La Chine en rouge, les membres de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures en orange, les six corridors en noir et en bleu.

En 2013, le président chinois Xi Jinping a lancé l'initiative « la Ceinture et la Route » (BRI). Initialement conçu comme un vaste programme d'investissements dans le développement des infrastructures visant à relier l'Asie à l'Europe, ce plan s'est ensuite étendu au monde entier, notamment aux pays en développement.

10 plus tard, la Chine est devenue le premier créancier officiel au monde, et le montant des arriérés de paiement qui lui sont dus explose, alors même que Pékin est confronté à ses propres difficultés financières. L'organisation de recherche AidData estime que près de 80 % du portefeuille de prêts à l'étranger de la Chine soutient actuellement des pays en difficulté financière, pour un montant total dépassant 1.000 milliards de dollars.


Les 30 pays les plus endettés envers la Chine ( mds € = milliards de dollars )

1.  Biélorussie : 11 mds €

2.  Turkménistan : 12,2 mds €

3.  Kenya : 12,7 mds €

4.  Congo (RDC) : 13,1 mds €

5.  Zambie : 13,5 mds €

6.  Myanmar :        13,7 mds €

7.  Nigéria : 14,5 mds €

8.  Égypte : 15 mds €

9.  Malaisie : 15,9 mds €

10. Cambodge : 16,3 mds €

11. Pérou :               16,9 mds €

12. Soudan : 18 mds €

13. Ouzbékistan : 18 mds €

14. Sri Lanka :        19,5 mds €

15. Bangladesh : 20 mds €

16. Éthiopie : 20,4 mds €

17. Laos : 20,6 mds €

18. Afrique du Sud : 21,3 mds €

19. Équateur :           26,3 mds €

20. Iran :                 28 mds €

21. Turquie : 28,3 mds €

22. Vietnam : 28,8 mds €

23. Argentine :        37,7 mds €

24. Brésil :              54,3 mds €

25. Indonésie :        55 mds €

26. Kazakhstan : 64,2 mds €

27. Angola : 64,8 mds €

28. Pakistan :           68,9 mds €

29. Venezuela :        112,8 mds €

30. La Russie :        169,3 mds €


COMMENTAIRE

Le pétrole reste sous tension, les marchés obligataires s’inquiètent et les taux américains poursuivent leur envolée. Alors que les discussions entre Washington et Téhéran patinent, les investisseurs redoutent un retour durable de l’inflation et un nouvel emballement de la dette américaine. Jusqu’où les marchés peuvent-ils encaisser cette montée des tensions ? Les banques centrales sont-elles en train de changer complètement de cap ?


SOURCES

Yahoo : China's biggest borrowers (Les plus gros emprunteurs de Chine)

Wikipedia : AidData

Wikipédia : Nouvelle route de la soie (la ceinture et la route - One Belt, One Road)








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