jeudi 21 mai 2026

(FR) IRAN : L'Iran publie une carte montrant sa « juridiction administrative » et veut taxer les câbles sous-marins dans le détroit d’Ormuz.

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Carte illustrant le contrôle de l'Iran sur le détroit d'Ormuz et les eaux adjacentes.


Selon l'AFP, Al Jazeera - L'Iran a publié une carte englobant des parties de la mer au large des côtes des Émirats arabes unis et d'Oman, la décrivant comme une zone sous sa surveillance militaire.


L'Iran publie une carte montrant sa « juridiction administrative »

« La juridiction commence à partir de la ligne reliant le promontoire iranien de Kuh-e Mubarak et la zone au sud de la ville de Fujairah aux Émirats arabes unis (EAU), et s'étend jusqu'à la ligne reliant l'île iranienne de Qeshm et la région d'Umm al-Quwain aux EAU », a déclaré aujourd'hui l'Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA).

La PGSA est une nouvelle organisation créée par l'Iran pour surveiller le détroit d'Ormuz.

D'après la carte, les deux voies de communication se situent respectivement aux entrées est et ouest du détroit d'Ormuz. L'Iran revendique ainsi sa juridiction sur l'ensemble du détroit d'Ormuz, son prolongement dans le golfe Persique et la route vers le golfe d'Oman. PGSA a déclaré que toute activité transitant par le détroit d'Ormuz nécessiterait la coordination et l'autorisation des autorités iraniennes.

Anwar Gargash, conseiller du président des Émirats arabes unis, a critiqué l'Iran pour ses tentatives d'instaurer un nouveau statu quo dans la région. « Toute tentative de contrôler le détroit d'Ormuz ou de porter atteinte à la souveraineté maritime des Émirats arabes unis est illusoire », a-t-il déclaré le même jour sur les réseaux sociaux.

En temps de paix, le détroit d'Ormuz est une voie maritime essentielle pour environ 20 % du pétrole et du gaz naturel mondiaux. Administré conjointement par l'Iran et Oman, il n'est pas considéré comme des eaux internationales et la navigation y est libre.

Suite au déclenchement des hostilités avec les États-Unis et Israël le 28 février 2026, l'Iran a bloqué la majeure partie du trafic maritime sur cette voie maritime cruciale. L'Iran n'a rouvert le détroit d'Ormuz que brièvement après un cessez-le-feu le 8 avril 2026. Les États-Unis ont ensuite annoncé un blocus des ports iraniens en représailles.

Le blocus maritime dans la région a eu un impact majeur sur les marchés mondiaux, tout en conférant à l'Iran un avantage considérable dans les négociations.



Des vedettes rapides du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI) s'approchent d'un cargo dans le détroit d'Ormuz le 21 avril 2026. Photo : AP


Téhéran a affirmé à plusieurs reprises que le trafic maritime transitant par le détroit d'Ormuz « ne retrouvera pas son niveau d'avant le conflit ». Les autorités iraniennes ont annoncé le mois dernier avoir perçu les premiers droits de douane liés au trafic sur cette voie maritime cruciale.

Les relations entre l'Iran et les Émirats arabes unis se sont considérablement détériorées depuis le début des hostilités. Les Émirats arabes unis ont accusé à plusieurs reprises l'Iran de lancer des missiles et des drones contre eux, tandis que Téhéran a reproché à son voisin de soutenir les attaques de Washington.


l’Iran veut taxer les câbles sous-marins

Les câbles sous-marins forment la colonne vertébrale de la connectivité mondiale en transportant l’immense majorité du trafic Internet et des données, qu’il s’agisse de systèmes bancaires, de communications militaires, d’infrastructures d’intelligence artificielle en nuage ou encore de télétravail, de jeux en ligne et de streaming. Selon CNN, plusieurs grands câbles intercontinentaux passent par le détroit d’Ormuz et, malgré les risques sécuritaires, au moins deux d’entre eux, Falcon et Gulf Bridge International (GBI), traversent les eaux territoriales iraniennes, ce qui renforce le levier potentiel de Téhéran.

Les médias iraniens ont rapporté plus en détail ce plan et ont mentionné des entreprises spécifiques, telles que Google, Meta, Microsoft et Amazon, ...  comme cibles de ces droits de douane.



Illustration : Des câbles à fibres optiques de haute technologie, d'un bleu lumineux, s'étendent sur le fond océanique, symbolisant le réseau mondial de communications. Photo : Getty Images - imaginima


Selon CNN, Mostafa Ahmed, chercheur principal au centre de recherche Habtoor, basé aux Émirats arabes unis, estime qu’une attaque ou une perturbation majeure des câbles pourrait provoquer une « catastrophe numérique » pour les voisins de l’Iran dans le Golfe, mais aussi pour l’Inde et certaines régions d’Afrique de l’Est. Une telle offensive toucherait les exportations de pétrole et de gaz, les systèmes bancaires et les industries de services numériques. TeleGeography, une société de recherche en télécommunications, explique toutefois que « les câbles traversant le détroit d’Ormuz représentent moins de 1 % de la bande passante internationale mondiale en 2025 ».

Avec l'intensification de la crise du Golfe, les câbles internet sous-marins deviennent une nouvelle source de vulnérabilité stratégique, au même titre que les voies de transport pétrolier et maritime. Même une perturbation mineure pourrait affecter la connectivité internet mondiale, illustrant ainsi à quel point les infrastructures numériques critiques s'intègrent de plus en plus aux conflits géopolitiques modernes.



COMMENTAIRE

Selon The New York Times, il suffit de regarder une carte du Moyen-Orient : avec ses nombreux ports donnant sur la mer Méditerranée et ses frontières avec l’Irak et la Jordanie, portes d’entrée terrestres sur les pays du Golfe, la Syrie offre une alternative indispensable au détroit d’Ormuz” dont le blocage, depuis le lancement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, a bouleversé l’approvisionnement mondial.



Forte de ses nombreux ports donnant sur la mer Méditerranée et de ses frontières avec l’Irak et la Jordanie, portes d’entrée terrestres sur les pays du Golfe, la Syrie peut se poster en voie alternative au détroit d’Ormuz.


Les événements dans le détroit d’Ormuz offrent à la Syrie l’occasion de renforcer sa position de plaque tournante régionale en matière de logistique et de commerce. La Syrie est en passe de devenir un “corridor vital” dans ce contexte de tensions régionales.




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