samedi 28 mars 2026

(FR) Après le détroit d'Ormuz, l'Iran menace de paralyser un deuxième détroit stratégique Bab el-Mandeb en mer Rouge.

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Après le détroit d'Ormuz, Téhéran menace de perturber le passage stratégique de Bab el-Mandeb en mer Rouge en cas d'offensive américaine. Un nouveau blocage qui menacerait directement les exportations de pétrole de l'Arabie saoudite.


Après le blocage du détroit d’Ormuz, l’Iran menace de s’en prendre au détroit de Bab el-Mandeb. Situé au sud du canal de Suez, Bab el-Mandeb est un point de passage stratégique pour le commerce mondial, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. De nombreux navires l’empruntent pour relier le Moyen-Orient à l’Asie.

Mais Téhéran pourrait ouvrir un front dans cette région en cas d’invasion américaine terrestre sur le sol iranien. D’après la presse américaine, les États-Unis envisageraient de s’emparer d’une île iranienne, l'île de Kharg, où est exportée la quasi-totalité des barils de brut iranien. Aucun ordre n'a pour le moment été donné par Donald Trump.


Craintes sur le pétrole

Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, par lequel transitent 20 % de la production d’or noir, a fait s’envoler les cours du baril. Le baril de Brent de la mer du Nord est encore au-dessus des 100 dollars, ce jeudi 26 mars 2026. Avant le conflit, le prix était de 70 dollars.



L'oléoduc Est-Ouest (à gauche) et l'oléoduc Habshan–Fujairah des Émirats arabes unis (à droite)

Le blocage d’un nouveau détroit dans la région, celui de Bab el-Mandeb, risque de compliquer davantage le commerce d’or noir. C’est surtout l’Arabie saoudite, le premier exportateur mondial de brut, qui risque d’être pénalisée par des perturbations en mer Rouge. Depuis le blocage d’Ormuz, le pays continue d’exporter son pétrole dans la région grâce à son pipeline Petroline qui traverse le pays d’est en ouest, via le port de Yanbu sur la côte ouest. Le volume échangé via cette solution de contournement est d’environ 4 millions de barils par jour, soit 40 % de la production du pays d’avant-guerre, note pour l’AFP Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.


Un couloir pénalisé depuis 2023 par les Houthis

Il n’empêche, le volume de pétrole brut et de produits pétroliers passant par ce détroit a déjà diminué de plus de moitié depuis 2023 et les attaques des Houthis. Ces rebelles du Yémen ont perturbé le commerce maritime mondial avec des attaques de drones et de missiles sur les navires passant par le détroit. Ils s’en prenaient notamment aux flottes occidentales, qui avaient des intérêts avec Israël. Si aucune attaque n’a eu lieu ces derniers mois, les Houthis, alliés de l'Iran, pourraient mettre à nouveau la pression dans la région. « À la moindre évolution du conflit appelant une réponse militaire, nous interviendrons sans délai (...) comme nous l'avons fait lors des phases précédentes », a même déclaré ce jeudi le chef des Houthis, Abdel Malek al-Houthi.

Dans le détail, le passage stratégique voyait passer 9,3 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers par jour en 2023, contre 4,2 millions au premier semestre 2025, d’après les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Concernant le gaz naturel liquéfié (GNL), si 4,2 milliards de pieds cubes de GNL transitaient par jour en 2023, aujourd’hui les flux sont quasi nuls.


Le commerce maritime touché depuis 2023

Du côté du commerce maritime, les grandes compagnies comme Maersk, Hapag-Lloyd et CMA CGM (propriétaire de La Tribune) ont déjà dû, depuis les attaques houthies, détourner les navires par le Cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique. Un contournement plus long et donc plus coûteux.

« À Bab el-Mandeb, il ne passe quasiment que des bateaux avec à leur bord de la marchandise russe, notamment le pétrole et le grain », confie à La Tribune Paul Tourret, directeur de l’ISEMAR, l'Institut supérieur d'économie maritime. Si certaines compagnies, comme Maersk, avaient recommencé de manière progressive à repasser par le canal de Suez et Bab el-Mandeb, le conflit au Moyen-Orient a redistribué les cartes. « Le passage par le canal de Suez est suspendu jusqu’à nouvel ordre, et les navires seront déroutés via le cap de Bonne-Espérance », a publié dans un communiqué CMA CGM, samedi 28 février 2026, après le début des frappes israélo-américaines en Iran.



Le détroit de Bab el-Mandeb


COMMTAIRE

Depuis le début de la guerre 28 février 2026, l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, voie stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial, ce qui a provoqué un choc énergétique majeur.

Aujourd'hui le 28 mars 2026, les rebelles Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont attaqué Israël, s'engageant dans la guerre qui embrase depuis un mois le Moyen-Orient et ébranle l'économie mondiale.

Les Houthis ont annoncé dans la matinée avoir visé des "sites militaires sensibles" en Israël, lors d'une attaque aux missiles balistiques. L'entrée dans la guerre des rebelles houthis pourrait encore perturber davantage le trafic maritime.

Plusieurs médias américains affirment que Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien, Esmael Saghab Esfahani.

Combien de temps cette guerre va-t-elle encore durer ? 

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