jeudi 22 janvier 2026

(FR) Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne hausse le ton à Davos en Suisse.

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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, mardi 19 janvier 2026, au forum économique de Davos : « Dans un monde de puissance brute, l’Union européenne doit abandonner sa prudence traditionnelle. » | FABRICE COFFRINI / AFP


Malgré leurs divisions, les Vingt-sept commencent à prendre la mesure des menaces que fait peser le retour des empires. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne hausse le ton. Sa main ne devra pas trembler. Et ne pas hésiter à prendre des mesures de rétorsion.

Sous les coups de boutoir de Donald Trump et de Vladimir Poutine, l’ordre international construit sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale vacille. Il faut y ajouter la pression de Pékin aussi dangereuse mais plus subtile. En expert du jeu de Go (un jeu de société originaire de Chine), l’empereur rouge avance ses pions.

Avec un coup d’avance sur ses adversaires, Xi Jinping apparaît comme le grand gagnant du désordre actuel. Sans renoncer à ses objectifs de long terme. Pékin s’appuie sur la transition énergétique et l’intelligence artificielle pour imposer ses règles. L’objectif final est clair. Il s’agit de supplanter les États-Unis. Soldant ainsi l’humiliation du pillage du Palais d’été à Pékin par les Occidentaux, le 18 octobre 1860. Les Chinois n’ont rien oublié.

L’heure est au retour des empires et l’Europe se trouve prise à revers. « L’esprit de commerce », cher à Montesquieu, ne permet pas d’endiguer la montée des périls. Ou dit autrement, il ne suffit plus. Car Washington et Moscou s’accordent au moins sur un point : la volonté de fracturer l’Europe. Le sujet est devenu obsessionnel pour Donald Trump. On l’a encore vu mercredi au sommet de Davos, en Suisse. Bateleur paranoïaque d’un monde où la violence l’emporte sur le droit, il tempête et pilonne ses anciens alliés. Avec retard, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, semble l’avoir enfin compris. « Dans un monde de puissance brute, l’Union européenne doit abandonner sa prudence traditionnelle », avait-elle martelé la veille lors de ce même sommet.


L’Europe n’est pas condamnée à être vassalisée

Le pire n’est pas certain. À condition de rester lucide et d’éviter le piège du repli sur soi. Divisée, l’Europe a besoin de s’unir, de construire une industrie de la défense qui ne soit pas dans les mains d’un pays dont la fiabilité n’est plus garantie. Simplifier ses procédures. Gagner en souplesse. S’appuyer sur le rapport Draghi pour conjurer les menaces.

Elle n’est pas condamnée à être vassalisée pour autant. Dans un monde fait d’interdépendances, la Commission dispose dans son arsenal juridique d’instruments de rétorsion qui peuvent faire très mal à l’économie américaine. Elle n’est pas seule non plus. Face à cette vague antidémocratique, un front du refus se met en place. Des voix de plus en plus nombreuses aux États-Unis contestent cette course vers l’abîme. Bruxelles compte des alliés au-delà des frontières du Vieux Continent. À commencer par le Canada et le Royaume-Uni.

Et puis, coopérer n’a jamais été aussi nécessaire. Le climat comme les virus se moquent des frontières. La pression sur les ressources hydriques nécessite de trouver des accords entre pays partageant les mêmes bassins hydrographiques. Le multilatéralisme n’a pas dit son dernier mot.

Face à tous ces enjeux, la société française devrait se demander si les bonnes questions ont été posées avec ce budget. Pour faire face à la chute de la démographie. Protéger notre industrie. Recréer une économie productive et solidaire. Prendre enfin la mesure des périls. Regarder au-delà de nos frontières.







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