samedi 5 mars 2022

(FR) Quelles sont les règles qui s’appliquent aux membres de l’OTAN en cas d’attaque sur l’un d’entre eux?

 

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



L’Organisation du traité de l'Atlantique Nord OTAN (en anglais NATO : North Atlantic Treaty Organization) est l'organisation politico-militaire mise en place par les pays signataires du traité de l'Atlantique Nord afin de pouvoir remplir leurs obligations de sécurité et de défense collectives.

L'offensive de l'armée russe en Ukraine et les avertissements de Vladimir Poutine, qui pointe la menace nucléaire, ont ravivé de nombreuses questions sur l'OTAN, cette organisation stratégique et militaire qui regroupe de nombreux pays d'Europe

Depuis plusieurs jours, l'organisation stratégique semble sur un fil, entre prudence et aide militaire et stratégique accordée à l'Ukraine



Secrétaire général adjoint de l'OTAN depuis le 4 octobre 2016

"L'usage de cette rhétorique nucléaire est vraiment malvenue mais ne doit pas nous faire perdre notre sang-froid pour autant", a ainsi commenté Camille Grand, secrétaire général adjoint de l'OTAN interrogé lundi 28 février 2022 par FranceInfo. Que se passerait-il en cas d'élargissement du conflit ? Joe Biden a délivré un message important dans son allocution du 24 février 2022, au soir de l'offensive russe et du début de la guerre en Ukraine. "Les Etats-Unis défendront le moindre pouce de territoire de l'OTAN", a assuré le président américain, renforçant un peu plus les questions sur l'OTAN, cette organisation militaire dont Vladimir Poutine exècre l'élargissement constaté depuis plusieurs années.

Le président russe Vladimir Poutine s'oppose surtout à une adhésion de l'Ukraine dans l'OTAN, qu'il perçoit comme une provocation et une menace à ses frontières


Qu'est ce que l'OTAN ?

L'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) est une organisation politique, stratégique et militaire créée en 1949 par 12 pays signataires du traité dont la France. Dans le contexte de naissance de la guerre froide (1947-1991), l'OTAN avait pour but de créer une alliance pour renforcer la sécurité et la défense collective entre pays signataires. L'objectif était ainsi de contrer l'expansion soviétique en Europe après la Seconde Guerre Mondiale en lui opposant une force militaire collective, mais à l'époque largement dominée par l'armée américaine. 

Au fil du temps, l'OTAN s'est élargi avec de nouveaux pays membres dont l'Allemagne de l'Ouest, la RFA, dès 1955 puis des pays de l'ex-bloc de l'Est après la disparition de l'URSS, comme la Pologne, les pays baltes ou la Hongrie à la fin des années 1990 et au début du 21e siècle.


L'Ukraine est-elle membre de l'OTAN ?

Non, c'est l'un des points de crispation et l'une des origines du conflit entre la Russie et l'Ukraine. Depuis les révolutions orange (22/11/2004 - 23/01/2005) et de 2013, l'Ukraine cherche à se rapprocher du bloc occidental et souhaite rejoindre l'OTAN, volonté réaffirmée ces derniers mois par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, une adhésion jugée inacceptable par Vladimir Poutine qui y voit une menace à ses frontières. 

L'OTAN n'est donc pas en guerre contre la Russie. "Elle a cherché à éviter la crise en offrant à la Russie un dialogue. Elle est aux côtés de l'Ukraine. L'Otan doit aussi chercher à assurer la sécurité des alliés et c'est ce qui se passe en ce moment", précise Camille Grand, secrétaire général adjoint de l'OTAN, interrogé par FranceInfo le 28 février 2022.


Quels sont les pays membres de l'OTAN ?

30 pays font partie de l'OTAN en 2022, contre 12 à sa création en 1949. Voici la liste des actuels membres de l'OTAN dans l'ordre alphabétique :

Albanie, Allemagne, Belgique, Bulgarie, Canada, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Etats-Unis, France, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Macédoine du Nord, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Turquie.

3 pays ont récemment candidaté à rejoindre l'alliance de l'OTAN, sans que les pourparlers aboutissent pour l'heure : la Géorgie, l'Ukraine et la Bosnie-Herzégovine.


Quels sont les derniers pays à avoir rejoint l'OTAN ?

Depuis la chute de l'URSS le 25/12/1991 et du bloc de l'Est (effondrement du communisme en Europe et en URSS 1989-1991), l'OTAN s'est nettement élargie vers l'Est de l'Europe. La Hongrie, la Pologne et la République Tchèque ont été les premiers à rejoindre l'OTAN en 1999, suivis par la Bulgarie, les trois pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie en 2004 puis par l'Albanie et la Croatie en 2009, le Monténégro en 2017. Le dernier pays à avoir rejoint l'OTAN est la Macédoine du Nord en 2020.


Quel rôle joue la France dans l'OTAN ?

La France a rejoint l'OTAN dès 1949 mais son histoire avec l'alliance est contrastée. Si la France a contribué activement à la création de l'Alliance atlantique, le retour du Général de Gaulle au pouvoir en 1958 et la conduite de sa politique d'indépendance a mené à une opposition symbolisée par la décision de retrait du commandement intégré de l'OTAN en 1965

La France reste alors membre de l'OTAN mais ne met plus ses forces à disposition de l'alliance. Le siège de l'OTAN, alors installé à Paris, quitte la France pour Bruxelles. Un long rapprochement est effectué à partir de la fin des années 90 par Jacques Chirac. La France réintègre peu à peu le commandement, une décision finalement entérinée sous la présidence de Nicolas Sarkozy par le Parlement en mars 2009 puis au sommet de l'OTAN des 3 et 4 avril 2009. La France participe depuis au commandement intégré de l'OTAN mais conserve son indépendance nucléaire en ne participant pas aux réunions du "Groupe des plans nucléaires" de l'OTAN.


Que dit la règle 4 du traité de Washington régissant l'OTAN ?

Invoqué à plusieurs reprises depuis la création de l'OTAN, l'article 4 du traité fondateur de l'OTAN consiste en une consultation de ses membres. Un pays membre peut alors porter à l'attention du Conseil de l'Atlantique Nord toute question concernant en particulier la sécurité d'un pays membre. "Les parties se consulteront chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée", précise le texte présent sur le site de l'OTAN. Le 24 février 2022, l'article 4 a ainsi été invoqué par la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.


Que dit la règle 5 du traité de Washington régissant l'OTAN ?

Comme indiqué sur son site internet, l'OTAN comporte parmi ses règles phares celle de l'assistance mutuelle et de défense collective. "L'OTAN adhère au principe selon lequel une attaque contre l'un ou plusieurs de ses membres est considérée comme une attaque dirigée contre tous. Il s'agit du principe de la défense collective, qui est consacré dans l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord", précise l'OTAN. Un pays membre de l'OTAN qui se verrait attaqué bénéficierait de facto de l'aide militaire des autres membres. Interrogé lundi 28 février 2022 par FranceInfo, le secrétaire général adjoint de l'OTAN, Camille Grand, a précisé cette règle : "(La réponse) serait automatique, les alliés de l'OTAN sont couverts par ce qu'on appelle l'article 5 du traité de Washington qui est une clause de sécurité collective. C'est un pour tous, tous pour un si un allié de l'OTAN est attaqué.

Cette règle n'a été appliquée qu'à une seule reprise dans toute l'histoire de l'instance : c'était au lendemain des attentats du 11/09/2001 aux Etats-Unis, l'OTAN ayant dans la foulée participé aux opérations en Afghanistan, dirigeant à partir de 2003 la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), sous mandat de l'ONU.






Traité de l'Atlantique nord ou  Traité de Washington
https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_l%27Atlantique_nord

Site internet de l'OTAN
https://www.nato.int/cps/fr/natohq/index.htm















(FR) L’Union européenne va « prendre des mesures » contre les cryptos et la Russie.

 

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



Les pays occidentaux ont imposé une série de sanctions économiques sans précédent à la Russie après son invasion de l’Ukraine. Le régime de Vladimir Poutine cherche des alternatives, et l’utilisation de cryptomonnaies, comme le Bitcoin, l’Ether ou l’USDT pourrait être l’une d’entre elles.

En déclenchant une guerre contre l’Ukraine, jeudi 24 février 2022, la Russie a sidéré l’Europe et le monde. Immédiatement, l’Occident a répliqué avec une série de sanctions économiques contre le régime de Vladimir Poutine. Mais depuis quelques jours, des observateurs s’inquiètent de la possible utilisation des cryptomonnaies par le Kremlin pour contourner ces sanctions.


Effondrement du rouble



Le rouble s’est effondré de 30 %, les réserves de change russe sont en train de fondre et le fameux trésor de guerre de Vladimir Poutine est déjà réduit à presque rien.

Il faut dire que la Russie est sous pression depuis l’exclusion d’une partie de ses établissements bancaires et financiers du système interbancaire international SWIF. En parallèle, l’Union européenne et les États-Unis ont bloqué les actifs de la Banque centrale russe. ​

Les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada ont ciblé les 640 milliards de dollars (478 milliards de livres sterling, 573 milliards d’euros) de réserves de change de la Russie et se sont liés pour empêcher la banque centrale russe de déployer ses réserves internationales d’une manière qui compromettrait l’impact des sanctions. Résultat, le rouble s’effondre et a perdu près de 30 % de sa valeur.




Les cryptomonnaies

A contrario, les cryptoactifs, comme le Bitcoin, l’Ether ou l’USDT qui fonctionnent sur un réseau décentralisé et aucune entité centrale ne peut être sanctionnée et empêcher l’accès des utilisateurs. Les Russes se sont donc rués, ces derniers jours, sur ces monnaies virtuelles, avec « des volumes records d’achats en roubles », selon le cabinet américain Kaiko, rapporte l’Agence France-Presse.

Dès lors, les cryptomonnaies pourraient représenter une porte de secours à la Russie et un moyen d’échange alternatif au dollar. Cela permettrait également de contourner le système bancaire international qui est essentiel pour faire appliquer les sanctions.


Repérer les transactions illégales



L’enjeu, pour les Occidentaux, est de faire en sorte que la Russie se retrouve dans l’impasse. Les gouvernements peuvent, dans un premier temps, demander aux plateformes de limiter l’accès à certains utilisateurs, comme l’a fait récemment l’Ukraine au sujet des comptes russes, et comme envisagent d’imposer les autorités américaines.

Le Wall Street Journal a confirmé la semaine dernière que les États-Unis envisageaient d’imposer des sanctions sur le marché russe des cryptomonnaies. Des entreprises américaines telles qu’Elliptic proposent des logiciels qui permettent aux entreprises de repérer les transactions cryptographiques illégales.

« Si le gouvernement russe ou des entités russes voulaient chercher des moyens d’échapper aux sanctions en utilisant la cryptographie, ils pourraient essayer de développer un réseau de services d’échange complices qui les aideraient à le faire », expliquait récemment David Carlisle, directeur d’Elliptic, dans le quotidien britannique The Guardian.


Contrer la cryptomonnaie

De son côté, le cabinet Chainalysis, spécialisé dans le traçage des transactions décentralisées, se veut « optimiste sur la capacité de l’industrie des cryptomonnaies à contrer les actions russes pour échapper aux sanctions ».



Le blanchiment et le retrait des cryptos encaissées sur le dark web.

Une situation extrême qui pourrait pousser les Russes à choisir une autre voie. On pense notamment à celle du piratage des plateformes de cryptomonnaie comme en Corée du Nord : 400 millions de dollars (360 millions d’euros) levés pour l’État de Kim Jong-un l’an passé, selon Chainalysis.

Il existe aussi des attaques de rançongiciels, où des groupes criminels ciblent des ordinateurs et exigent une cryptomonnaie en échange de leur déblocage. Alors même que l’agence de sécurité russe FSB a récemment affirmé avoir démantelé le groupe de rançongiciels REvil.


L’Europe hausse le ton



L'isolement financier et monétaire de la Russie va-t-il accélérer le projet de rouble numérique de la banque centrale ? (Crédits : MAXIM SHEMETOV)

À l’évidence, l’ampleur des restrictions financières contre la Russie est telle que les cryptomonnaies ne pourront pas tout compenser, comme l’explique le patron d’Elliptic : « La crypto seule ne permettra jamais à la Russie de contourner toutes les restrictions financières. »

Toujours est-il que le cours du Bitcoin a bondi. Alors, la Banque centrale européenne (BCE) veut passer à la vitesse supérieure pour bloquer au plus vite les actifs russes. « Il y a toujours des moyens criminels de contourner une interdiction, a rappelé Christine Lagarde, présidente de la BCE, citée par l’Agence France-Presse. C’est pourquoi il est d’une importance capitale que MiCA (Market in Crypto Assets) soit adopté aussi rapidement que possible, pour qu’il existe un cadre réglementaire pour contrôler ces nouveaux flux monétaires. »



Le Groupe des Sept (G7) est une organisation des pays hautement industrialisés des États-Unis, du Canada, de France, d’Allemagne, d’Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Dans ce dossier, les Occidentaux ont bien compris que le seul moyen d’affaiblir la Russie était d’unir leurs forces. Reste à voir si cela sera suffisant pour contrer Vladimir Poutine et son armée.


 L’UE va « prendre des mesures » contre les cryptos et la Russie

Dès le 25 février 2022, lendemain du début du conflit russo-ukrainien, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, sonnait la charge contre Bitcoin et les crypto-actifs, au nom des sanctions contre Vladimir Poutine.



Bruno Le Maire et Christine Lagarde

Le mercredi 2 mars 2022, les différents ministres des Finances de l’Union européenne se sont rencontrés pour discuter de cette nouvelle crise, et nos chers cryptomonnaies faisaient partie des cibles discutées.


Bruno Le Maire, ministre français des Finances

Le ministre des Finances de la France, Bruno Le Maire a dit :

« Nous ferons le point quotidiennement sur la mise en œuvre de ces sanctions, sur leur efficacité et sur les mesures complémentaires qui pourraient être nécessaires. En matière de sanctions économiques et financières, nous voulons rester flexibles et mobilisés. »

Lors de cette même conférence, le ministre des Finances de l’Allemagne, Christian Lindner, a fait écho aux propos de son homologue français, en citant nommément les cryptomonnaies comme échappatoire à contrôler/bloquer des dirigeants et institutions russes.



Christian Lindner, ministre allemand des Finances

« Nous allons intensifier la pression si les dirigeants russes ne changent pas de cap (…) Nous devrions également prendre des mesures pour empêcher les personnes et les institutions répertoriées de se reporter sur des crypto-actifs non réglementés. »

C’est également à l’issue de cette rencontre du 2 mars 2022 que les 27 ministres des Finances de l’UE ont annoncé la coupure du réseau centralisé de virements SWIFT pour 7 grandes banques russes.

Malgré l’importance des sanctions économiques prises contre la Russie, il y a de fortes chances que l’utilisation des cryptos pour les contourner soit fortement exagérée, voire carrément fantasmée. En effet, l’économie du pays de Vladimir Poutine se tourne depuis plusieurs années vers l’Asie et la Chine, et cette dernière récupère pratiquement tout ce qui est bloqué du côté européen (gaz, céréales, transactions financières…).








vendredi 4 mars 2022

(FR) Guerre en Ukraine : les milliardaires russes gardent 100 à 300 milliards de dollars en Suisse.

 

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



La Suisse attire les riches russes grâce à son mécanisme juridique ouvert - Photo : Bloomberg.

Une partie de cette immense richesse risque d'être gelée après que le gouvernement suisse a annoncé la mise en œuvre de sanctions de l'UE contre des centaines d'individus et d'entités russes.

Alors que l'Europe cible les riches russes pour faire pression sur le président russe Vladimir Poutine afin qu'il puisse mette fin à la guerre en Ukraine, la Suisse a attiré l'attention lorsqu'elle a récemment abandonné sa position traditionnelle de neutralité et rejoint l'UE. L'Union européenne impose des sanctions.

La Suisse de 8,6 millions d'habitants est depuis longtemps une destination attrayante pour les riches russes avec ses réglementations souples. Les données de la Banque des règlements internationaux (BRI) montrent qu'en septembre 2021, les particuliers et les entreprises russes détenaient environ 11 milliards de dollars de comptes bancaires en Suisse, soit deux fois plus de 5 milliards de dollars au Royaume-Uni.

Cependant, ce chiffre n'est que la surface de l'énorme richesse des Russes en Suisse, car il n'inclut pas les comptes de courtage, les investissements et les actifs détenus par l'intermédiaire d'entreprises étrangères.

Bloomberg a cité des initiés de certaines des plus grandes sociétés de gestion de patrimoine de Suisse, les riches russes ont caché environ 100 milliards de dollars dans des banques à travers la Suisse. Une source a même estimé que cela pouvait atteindre 300 milliards de dollars, soit l'équivalent de 40% du PIB du pays européen.

Une partie de cette immense richesse risque d'être gelée après que le gouvernement suisse a rompu sa neutralité traditionnelle et décidé d'appliquer des sanctions de l'UE contre des centaines d'individus et d'entités russes, dont le président russe Vladimir Poutine.

Selon les analystes, après des années à maintenir une réglementation stricte sur le secret bancaire pour devenir un "hot spot" pour le stockage d'actifs privés étrangers, la décision aide la Suisse à se connecter plus étroitement avec les pays voisins et pourrait contribuer à accroître la pression sur le gouvernement du président russe Vladimir Poutine.

"D'un point de vue éthique, la Suisse est obligée d'appliquer ces sanctions", a déclaré Chris Weafer, PDG de Macro-Advisory Ltd., basée à Moscou.

Le gouvernement suisse a déclaré plus tôt cette semaine qu'il appliquerait les sanctions de l'UE contre la Russie, avec effet immédiat, après avoir été critiqué par des politiciens de l'opposition, de nombreuses agences de presse de premier plan ainsi que des gouvernements nationaux.

L'UE avait précédemment ajouté 6 milliardaires russes à la liste des sanctions, dont Alexey Mordashov, Mikhail Fridman, Petr Aven, Alisher Usmanov, Gennady Timchenko et Alexander Ponomarenko.



Le milliardaire russe Alisher Usmanov - Photo : Getty Images

Le milliardaire Alisher Usmanov est l'un des résidents les plus riches de Suisse. Il est l'un des principaux actionnaires de la société d'investissement russe USM et prend le contrôle du journal russe Kommersant. Selon le Bloomberg Billionaire Index, Usmanov vaut environ 19,7 milliards de dollars.

Le 1er mars 2022, Alisher Usmanov a annoncé sa démission du poste de président de la Fédération internationale d'escrime basée à Lausanne, en Suisse, citant les sanctions de l'UE à son encontre comme "injustes" et imposées sur la base "d'allégations fausses et diffamatoires".

Pendant ce temps, Gennady Timchenko, avec une fortune d'environ 11 milliards de dollars, possède une maison dans le riche complexe de Cologny, à Genève. Il prend désormais le contrôle de Volga Group, une société d'investissement basée en Russie qui détient des participations dans diverses entreprises d'énergie, de transport et de construction. Il aurait une relation étroite avec le président russe Vladimir Poutine depuis les années 1990.



Le milliardaire russe Gennady Timchenko

En Suisse, Gennady Timchenko a cofondé la société de négoce de pétrole Gunvor Group, basée à Genève. En 2014, juste avant d'être inscrit sur la liste des sanctions américaines pour l'annexion par la Russie de la région ukrainienne de Crimée, il a vendu ses parts dans cette société.

Un autre milliardaire russe entretenant une relation de longue date avec la Suisse est Viktor Vekselberg, avec une valeur nette de 17 milliards de dollars. En 2018, il a également été sanctionné par les États-Unis. Depuis lors, il a réduit sa participation dans plusieurs sociétés suisses.

La Suisse a également introduit des sanctions contre un certain nombre de pays, dont la Corée du Nord et le Soudan, mais aucune n'a été appliquée. Cependant, cette fois, le gouvernement suisse a insisté sur le fait que "l'attaque militaire sans précédent de Moscou contre Ukraine un pays européen souverain a été le facteur décisif" qui l'a conduit à prendre la décision de sanctionner la Russie.

Dans le même temps, le pays tente également de réduire l'importance des investisseurs russes. Selon le ministre suisse des Finances Ueli Maurer, la Banque centrale de Russie (RCB) détient actuellement moins de 2% de ses actifs totaux en Suisse, et la Russie ne représente actuellement qu'environ 1% du total des investissements directs étrangers dans ce pays.












jeudi 3 mars 2022

(FR) Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine peut-il être poursuivi pour « crimes de guerre » ?

 

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.


"La Russie est en train de s'isoler complètement du monde" et que "personne ne croit en sa parole".



Sergey BOBOK / AFP - Une école détruite à la suite d'un combat non loin du centre de la ville ukrainienne de Kharkiv, située à environ 50 km de la frontière ukraino-russe, le 28 février 2022

Karim Khan, le procureur de la juridiction internationale, évoque des « crimes de guerre » et des « crimes contre l’humanité » qui ont pu être commis en Ukraine depuis plusieurs années.



Le siège de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, aux Pays-Bas, le 31 mars 2021. PETER DEJONG / AP

Karim Khan, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé, lundi 28 février 2022, l’ouverture « aussi vite que possible » d’une enquête sur la situation que vit l’Ukraine depuis plusieurs années.

Cette décision fait suite à un rapport préliminaire rendu en décembre 2020 dont la prédécesseure de M. Khan, Fatou Bensouda, était à l’initiative. Elle avait déclaré qu’un « large éventail de comportements constitutifs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité » avait été commis en Ukraine depuis 2014. Mme Bensouda avait alors réclamé l’ouverture d’une enquête complète, une annonce qualifiée de « décision historique » par Kiev à l’époque.

« Je suis convaincu qu’il existe une base raisonnable pour croire que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés ont été commis en Ukraine », a déclaré, à son tour, M. Karim Khan dans un communiqué.



Karim Khan, né le 30 mars 1970 à Édimbourg, est un avocat britannique, spécialiste de droit international pénal. Il est procureur de la Cour pénale internationale depuis le 16 juin 2021..

Le procureur de la CPI avait, la semaine dernière, déjà fait part d’une « inquiétude croissante » à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine, promettant de suivre la situation de près et appelant les parties du conflit à respecter le droit international humanitaire.


Les « nouveaux crimes présumés » aussi pris en compte

« Compte tenu de l’expansion du conflit ces derniers jours, j’ai l’intention que cette enquête englobe également tous les nouveaux crimes présumés relevant de la compétence de mon bureau qui sont commis par toute partie au conflit sur n’importe quelle partie du territoire de l’Ukraine », a souligné M. Karim Khan.

L’Ukraine n’a pas signé le statut de Rome, le traité international fondant la CPI, mais elle a formellement reconnu la compétence de la Cour, créée en 2002, pour les crimes commis sur son territoire.

L’étape suivante consiste à « poursuivre le processus de recherche et d’obtention de l’autorisation [délivrée par] la chambre préliminaire de la Cour » pour ouvrir une enquête, a souligné le procureur Karim Khan.

« Je continuerai de suivre de près l’évolution de la situation sur le terrain en Ukraine », a également promis M. Karim Khan au cinquième jour de la guerre dans le pays. « J’appelle à nouveau à la retenue et au strict respect des règles applicables du droit international humanitaire », a-t-il ajouté.



Quelles conséquences peuvent avoir ces poursuites ?



Le procureur général de la Cour pénale international Karim Khan dans une déclaration en Colombie en octobre 2021 - DANIEL MUNOZ / AFP

« Crime de guerre », c’est l’expression utilisée ce mercredi 2 mars 2022 par le Premier ministre britannique Boris Johnson pour qualifier l’invasion russe en Ukraine, notamment à cause des armes utilisées contre les civils. Une expression lourde de sens, utilisée plus tôt par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan, qui a annoncé ouvrir une enquête « aussi vite que possible » sur la situation en Ukraine, qui pourrait, selon lui, relever des « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ».

Dans le cadre de cette enquête, et si la procédure aboutissait, Vladimir Poutine pourrait être visé par un mandat d’arrêt international (qui pourrait être diffusé par Interpol) et être par la suite condamné à de lourdes peines, allant jusqu’à la perpétuité.



Le président russe Vladimir Poutine peut-il vraiment être poursuivi ?

L’émission d’un mandat d’arrêt ne garantirait cependant pas son arrestation. Au-delà des questions juridiques, il faut garder en tête que les capacités réelles d’action de la CPI dépendent des volontés politiques des Etats signataires du Traité de Rome. Toutefois, la situation actuelle est inédite, jamais il n’y a eu une quasi-unanimité mondiale pour condamner un conflit, ce qui peut permettre d’espérer un aboutissement de la procédure.

Quelle qu’en soit l’issue, la procédure a le mérite d’exister et démontre une volonté de mettre en place une justice au niveau mondial. Avant que la CPI ne tienne ses premiers procès, personne ne pensait que c’était possible. Ce symbole fort viendrait s’agréger aux autres sanctions à l’encontre de la Russie, et renforcerait l’idée que le pays est mis au ban de la scène internationale.








mercredi 2 mars 2022

(FR) L'Ukraine ne se bat pas seule contre l'invasion russe

 

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



En jaune, les pays qui condamnent l'invasion russe. En rouge, les pays qui soutiennent les actions de la Russie.


Le président ukrainien Vododymyr Zelensky a appelé dimanche 27 février 2022 les citoyens étrangers "amis de la paix et de la démocratie" à venir en Ukraine pour lutter contre l'invasion russe. .

Le 24 février 2022, l'ambassadrice d'Ukraine aux États-Unis, Mme Oksana Markanova, lors d'une conférence de presse, a demandé l'aide internationale dans trois domaines : 
- Premièrement, un embargo complet contre la Russie
- Deuxièmement, aider l'Ukraine à renforcer son autodéfense
- Troisièmement, l'aide humanitaire
L'Ukraine n'a pas besoin de troupes étrangères.





AIDE MILITAIRE POUR L'UKRAINE

États-Unis

Depuis 2014, les États-Unis ont fourni à l'Ukraine plus de 2,5 milliards de dollars d'aide militaire, notamment des missiles antichars, des navires de la garde côtière, des véhicules militaires Humvees, des fusils de sniper, des avions de reconnaissance sans pilote, des systèmes radar et des appareils de vision nocturne et des émetteurs radio. En outre, l'Ukraine a également reçu des tirs anti-aériens anti-Stinger, des petits canons et des navires de guerre.


Grande-Bretagne

La Grande-Bretagne a fourni à l'Ukraine 2 000 missiles antichars à courte portée et a envoyé des spécialistes pour former l'armée ukrainienne. En outre, la Grande-Bretagne a également fourni à l'Ukraine des véhicules blindés saxons.


Turquie 

La Turquie vend à l'Ukraine un certain nombre de drones Bayraktar TB2 utilisés pour combattre les séparatistes soutenus par la Russie dans le Donbass, dans l'est de l'Ukraine. 


Allemagne

L'Allemagne n'a initialement fourni que des armes, mais a financé des hôpitaux de campagne et une formation d'une valeur de 6 millions de dollars. Mais récemment, elle a changé sa politique et a envoyé 1 000 armes antichars, 500 missiles Stinger en Ukraine. 


Pays-Bas

En outre, l'Allemagne a également autorisé d'autres pays à envoyer des armes allemandes en Ukraine. En conséquence, les Pays-Bas ont envoyé 400 lance-grenades en Ukraine. 


France 

La France donne à l'Ukraine 300 millions d'euros d'aide ainsi que des armes.


Norvège

Après que de nombreux pays européens aient fourni des armes à l'Ukraine, la Norvège a décidé de donner à l'Ukraine 2.000 armes antichars M72. La Norvège est un pays en partie bordé par la Russie et a une loi interdisant les exportations d'armes vers les pays en guerre depuis 1959. Le Parlement norvégien a voté pour mettre fin à cette pratique.


Estonie - Lituanie - République tchèque - Pologne

L'Estonie fournit à l'Ukraine des missiles antichars Javelin. La Lettonie et la Lituanie ont soutenu l'Ukraine avec les missiles Stinger. La République tchèque fournit des munitions de 152 mm. La Pologne a envoyé à l'armée ukrainienne des armes anti-aériennes Manpad, des munitions et des drones.

Poutine s'est engagé à punir tout pays qui interfère dans l'invasion russe de l'Ukraine. L'événement ci-dessus montre que, malgré la menace de la Russie, de nombreux pays occidentaux et même de petits pays ont fourni des armes d'autodéfense à l'Ukraine.


DÉVELOPPEMENT DE L'ARMÉE EN EUROPE DE L'EST

L'Ukraine n'est pas le seul pays que Poutine veut envahir. En cas de succès en Ukraine, Poutine se tournera vers trois pays, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. C'est ce que les dirigeants des trois pays craignent et soutiennent de tout cœur l'Ukraine. Poutine veut reprendre des parties de l'Union soviétique qui régnaient autrefois, y compris l'Ukraine et les trois États baltes. L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont chacune été gouvernées par l'Empire russe pendant 200 ans et l'Union soviétique pendant 50 ans après que Joseph Staline a occupé et annexé la Russie. Ces trois pays ont obtenu leur indépendance en 1991 lorsque l'Union soviétique s'est effondrée. Les trois pays rejoignent l'OTAN, mais pas l'Ukraine.

Jusqu'à présent, aucun membre de l'OTAN n'a prévu d'envoyer des troupes en Ukraine pour éviter un affrontement direct avec la Russie, car cet incident pourrait étendre la guerre à toute l'Europe. Si les États-Unis envoient des troupes en Ukraine, il y aura un affrontement direct entre la Russie et les États-Unis. Il y a un risque d'une troisième guerre.

Si les États-Unis veulent amener des troupes dans la guerre en Ukraine, cela doit être approuvé par le Congrès et, plus important encore, doit être soutenu par le public américain. Il n'y a actuellement aucune chance pour ces deux conditions. De plus, la partie républicaine Trump défend également Poutine. Lorsque Poutine était sur le point d'attaquer l'Ukraine, l'ancien président Trump a salué Poutine comme un génie et un talent. Récemment, après l'invasion, Trump a de nouveau félicité Poutine pour sa sagesse.

L'administration Biden n'a pas l'intention d'envoyer des troupes en Ukraine car le pays n'est pas encore membre de l'OTAN. L'Ukraine est importante, mais contrairement à la mer de Chine méridionale, les États-Unis n'y ont pas d'intérêt majeur.

L'Ukraine veut rejoindre l'OTAN, mais les conditions politiques et économiques ne sont pas réunies. La Russie a peur qu'un jour l'Ukraine devienne membre de l'OTAN, alors elle frappe en premier.

La Grande-Bretagne, la Pologne et l'Ukraine viennent de signer un traité de sécurité le 17 février 2022 dans la capitale ukrainienne Kiev au milieu des tensions pour soutenir l'Ukraine dans les domaines de la cybersécurité, de l'énergie et du contre-espionnage. Les pays se sont engagés à soutenir l'Ukraine dans ses efforts pour défendre son indépendance et son intégrité territoriale à l'intérieur de frontières internationalement reconnues.

Ce qui a été dit ci-dessus ne signifie pas que l'armée ukrainienne devra se battre absolument seule. Dans l'histoire moderne, il y a eu des armées de volontaires établies telles que Anti-Bolshevic Army 1918-1920, des volontaires américains individuels contre l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale et People’s Volunteer Army pendant la guerre de CoréeMao Zedong a créé une armée de volontaires pour éviter une confrontation directe avec les États-Unis. Les agences de renseignement occidentales ont dû penser à cette tactique.


LA PUISSANCE MILITAIRE DE L'UKRAINE ET DE LA RUSSIE

La puissance militaire est très différente entre l'Ukraine et la Russie en termes de nombre et d'armes. 

Russie 

La Russie compte environ 850 000 soldats, 12 500 chars, 30 000 véhicules blindés, 14 000 pièces d'artillerie, 600 navires de guerre et 70 sous-marins. 

La Russie n'a envoyé qu'environ 200 000 soldats sur le champ de bataille ukrainien.

Ukraine

Pendant ce temps, l'Ukraine ne compte que 250 000 soldats, 2 600 chars, 12 000 véhicules blindés, plus de 3 000 pièces d'artillerie et 38 navires de guerre. La Russie n'a envoyé qu'environ 200 000 soldats sur le champ de bataille ukrainien. 

En plus des troupes ukrainiennes actuellement actives de 200.000 soldats, il existe également des unités de volontaires de 900.000 soldats. L'Ukraine n'est pas stupide de déployer directement une armée puissante. La guérilla est une tactique pour vaincre les envahisseurs. Chaque maison était un bastion surprise pour les Russes.

Selon certains analystes militaires, depuis 2014, l'armée ukrainienne est mieux entraînée et mieux équipée avec des armes de l'OTAN et un esprit combatif plus élevé. Les soldats ukrainiens ont pu résister de manière significative à l'invasion russe et causer de lourds dégâts à l'armée russe. Le général de corps d'armée Valery Zaluzhny, chef d'état-major général des forces armées d'Ukraine, lors d'une conférence de presse le 24 février 2022, a déclaré : " La période difficile est terminée car nous ne permettons pas à l'ennemi de mener à bien les plans d'invasion de l'Ukraine. Dégâts ennemis : Plus de 30 chars détruits, plus de 130 véhicules de combat blindés. Abattez 7 chasseurs et bombardiers, tuez 6 hélicoptères.


DIVERTISSEMENT DES NATIONS UNIES

Les États-Unis ont soumis au Conseil de sécurité des Nations unies UNSC une résolution condamnant l'invasion de l'Ukraine par la Russie et une violation de la charte des Nations unies ONU. La résolution a reçu un large soutien, mais la Russie a opposé son veto le 25 février 2022. La Chine n'a pas utilisé le droit de veto, mais était absente. L'Assemblée générale des Nations Unies votera également la semaine prochaine sur la résolution. La Russie semble isolée dans son invasion de l'Ukraine.

Le 24 février 2022, l'Ukraine a appelé le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève à débattre d'urgence de l'invasion. Bien que cette organisation n'ait pas de pouvoir de sanction, elle a la capacité d'enquêter et d'orienter l'opinion publique. La directrice des droits de l'homme de l'ONU, Michelle Bachelet, a déclaré que la Russie avait violé le droit international et fait du mal à de nombreux civils et que "cette agression doit être arrêtée immédiatement".

David Malpas, président de la Banque mondiale, a déclaré le 24 février 2022 qu'il coopérerait avec le Fonds monétaire international FMI pour aider l'Ukraine financièrement et économiquement dans des circonstances difficiles. L'Ukraine et la Russie sont membres de la Banque mondiale depuis 1992.

Le 24 février 2022, le groupe de hackers Anonymous annonce officiellement sa participation à la cyberguerre contre la Russie et défend l'Ukraine en raison de l'invasion russe de ce pays. Anonymous a fait planter les réseaux du Kremlin, du Parlement russe, du ministère de la Défense, du système de communication RT.COM et a ralenti plusieurs autres réseaux. Le groupe a également averti que si la situation en Ukraine continue d'être tendue, Anonymous attaquera les réseaux technologiques russes. Le ministère ukrainien de la Défense a appelé les pirates informatiques à se porter volontaires pour aider à protéger leurs réseaux contre les attaques russes.

L'Ukraine n'est pas la seule à se battre. Si l'Ukraine ne peut pas arrêter l'invasion russe, le monde vivra à nouveau dans la tourmente et devra faire face à l'agression russe en Estonie, en Lettonie et en Lituanie.


ACTUALITE DE DERNIERE MINUTE

De nombreux pays européens et nord-américains interdisent aux avions russes de survoler leur espace aérien. A commencer par l'Estonie et la Roumanie et ensuite l'Italie, la Norvège, la France, la Suède, la Finlande, le Danemark, l'Islande, la Belgique, l'Irlande, les Pays-Bas, l'Espagne, la Macédoine du Nord….

Répondant à l'appel du gouvernement ukrainien via Twitter, le samedi 26 février 2022, le PDG de Tesla et SpaceX Elon Musk fournit le même jour le système Internet appelé Starlink de SpaceX pour l'Ukraine, après que la Russie a piraté plusieurs réseaux gouvernementaux et perturbé Internet en Ukraine.

Le milliardaire japonais Hiroshi Mikitani a annoncé son don d'un milliard de yens (8,7 millions de dollars) aux programmes humanitaires du gouvernement ukrainien pour les victimes de la guerre. Il est aussi le fondateur du géant japonais du commerce électronique Rakuten.

Le président ukrainien Vododymyr Zelensky a appelé dimanche 27 février 2022 les citoyens étrangers "amis de la paix et de la démocratie" à venir en Ukraine pour lutter contre l'invasion russe. . C'est le début d'une guerre contre l'Europe, contre la structure européenne, contre la démocratie, contre les droits fondamentaux de l'homme, contre l'ordre mondial du droit, les principes et la coexistence pacifique. Quiconque veut participer à la défense de l'Ukraine, de l'Europe et du monde peut venir combattre aux côtés des citoyens ukrainiens contre les criminels de guerre russes.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, n'a pas tardé à déclarer qu'elle soutenait les citoyens britanniques qui voulaient se rendre en Ukraine pour lutter pour la démocratie. L'Ukraine se bat pour la liberté, non seulement pour l'Ukraine mais pour l'Europe dans son ensemble.

Répondant à l'appel de l'Ukraine, une équipe d'anciens soldats des forces spéciales composée de six citoyens américains, trois ressortissants britanniques et un citoyen allemand est arrivée en Pologne et se préparait à entrer en Ukraine. Ils sont formés par l'OTAN et expérimentés dans le combat rapproché et le contre-terrorisme. Deux anciens officiers d'infanterie américains prévoient également de se rendre en Ukraine pour diriger ce groupe pionnier d'anciens combattants.







mardi 1 mars 2022

(FR) Guerre en Ukraine : L’invasion russe en Ukraine mise en lumière par Google Maps. Et l'internet par satellite Starlink ?

 

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



Des soldats ukrainiens inspectent un véhicule militaire endommagé après des combats à Kharkiv, en Ukraine, le dimanche 27 février 2022. — Marienko Andrew/AP/SIPA

Dans un article publié vendredi 25/02/2022, le Washington Post révèle comment des chercheurs ont utilisé Google Maps pour suivre l’avancée des troupes russes en Ukraine. D’après nos confrères, un professeur au Middlebury Institue of International Studies, le Dr. Jeffrey Lewis, a observé dans la nuit du 23 février sur l’application un embouteillage inhabituel près de la frontière ukrainienne. Ce chercheur avait décidé de consulter Google Maps à 3h15 du matin après avoir vu sur des images satellites des véhicules militaires russes à proximité des lieux.



Le Dr Jeffrey Lewis est le directeur du programme de non-prolifération en Asie de l'Est au CNS.

Selon le Dr. Jeffrey Lewis, Google Maps est devenu un outil précieux aussi bien pour les soldats ukrainiens que pour les civils qui peuvent suivre les mouvements militaires russes et tenter d’y échapper. D’après le média américain, de nombreux Ukrainiens se sont mis à utiliser l’application depuis le début de l’invasion.


Des téléphones des civils bloqués à la frontière

« Autrefois, nous aurions compté sur un journaliste pour nous montrer ce qu’il se passe sur place. Aujourd’hui vous pouvez ouvrir Google Maps et voir les gens fuir Kiev », a déclaré Jeffrey Lewis au Washington Post. En effet, Google Maps utilise les données des smartphones en temps réel pour suivre les conditions de circulation. Selon le chercheur, le trafic intense observé cette nuit-là provenait des téléphones des civils bloqués à la frontière, et non des soldats russes.

Nul ne sait si l’application fournit des indications aux utilisateurs en Ukraine pour éviter les troupes russes. Mais Google Maps affiche des informations sur les stations de métro, qui sont utilisées comme abris par les citoyens.


Google Maps désactive les mises à jour du trafic en Ukraine

En réponse à la situation tendue entre la Russie et l'Ukraine, Google a temporairement désactivé la fonction de mise à jour du trafic de Google Maps.

Cette décision de Google vise à protéger la sécurité des utilisateurs, car il craint que les parties belligérantes puissent utiliser cette fonctionnalité pour déterminer l'emplacement de l'ennemi.



Les données de Google Maps pourraient être dangereuses pour les Ukrainiens. Photo : Sergueï Bobok/AFP.

Les mises à jour de trafic en direct de Google Maps fonctionnent en combinant les informations de localisation et de vitesse de votre téléphone Android. Cette fonction spéciale avertit les utilisateurs des embouteillages.

Selon Reuters, Google désactive cette fonctionnalité pour protéger la sécurité des utilisateurs localement. Cette décision a été prise après consultation des autorités ukrainiennes.

Les cartes de trafic de l'Ukraine seront bloquées dans le monde entier. Cependant, Google a déclaré que les automobilistes locaux peuvent toujours utiliser la fonctionnalité pour mettre à jour la situation du trafic directement sur la carte de navigation.

Auparavant, Google n'avait jamais confirmé la désactivation de la fonctionnalité pendant les conflits ou les guerres.

Les applications cartographiques collectent souvent des données de localisation des utilisateurs et révèlent parfois de nombreuses informations inattendues. En 2017, Strava - l'application de suivi de la santé - a lancé un type de carte montrant les activités de l'utilisateur. Il a accidentellement révélé l'emplacement de certaines bases militaires américaines, lorsque les soldats ont utilisé l'application pour suivre l'entraînement.



Google Maps affiche les données de trafic pour de nombreux pays européens (à gauche), mais pas pour l'Ukraine (à droite). Photo : Google Maps.

De même, les fonctionnalités de localisation de Snapchat ont été utilisées pour collecter des images et des vidéos des lignes de front pendant la guerre en Irak. Habituellement, afin de recueillir des informations fiables, les données de la fonction de géolocalisation sur la carte doivent être combinées avec d'autres sources.

Au cas où Google Maps montrerait des embouteillages à la frontière ukrainienne, les enquêteurs devaient vérifier la zone à l'aide d'images satellites. Les données collectées par Google Maps proviennent probablement de personnes qui s'arrêtent aux barrages routiers pour vérifier la circulation.


Starlink : l’Ukraine reçoit des camions remplis d’antennes offertes par SpaceX

Du matériel Starlink vient d’arriver en masse en Ukraine. Courtoise de SpaceX, ces antennes viennent quelques jours après que l’Internet par satellite ait été activé dans le pays sur demande du vice-premier ministre. Le dispositif permettra à la population de lutter contre les cyberattaques et les coupures de réseau.



Elon Musk PDG de SpaceX - Pixabay/SpaceX/Trust My Science (Edit)

« Elon Musk, tandis que vous tentez de coloniser Mars, la Russie tente de coloniser l’Ukraine ». C’est en ces mots que Mykhailo Fedorov, vice-premier ministre et ministre de la Transformation numérique en Ukraine, s’est adressé à Elon Musk PDG de SpaceX, le 26 février dernier sur Twitter. L’homme du gouvernement demandait alors à son interlocuteur d’activer le réseau Starlink et de fournir la population en matériel pour lui assurer une connexion Internet en permanence. C’est désormais chose faite.



Des terminaux du service internet Starlink d'Elon Musk sont arrivés en Ukraine.

Hier 28/02/2022 dans la nuit, Mykhailo Fedorov a partagé la photo d’un camion rempli de paraboles, tout en remerciant Elon Musk. Et à ce dernier de répondre : « Il n’y a vraiment pas de quoi ». Le réseau Starlink va désormais jouer un rôle crucial dans la guerre contre la Russie. Alors que l’Ukraine est victime de cyberattaques à répétition, probablement orchestrée par son adversaire, l’Internet par satellite permettra d’assurer une connexion relativement sécurisée, afin entre autres de diffuser des informations sur la situation.



Les premiers terminaux Starlink de SpaceX arrivent en Ukraine

Pour l’heure, on ne sait pas encore comment les paraboles seront distribuées et utilisées auprès des Ukrainiens. Toutefois, un utilisateur a partagé une capture d’écran sur Twitter du débit obtenu à Kiev, la capitale du pays, grimpant à 136 Mb/s. Reste que leur installation ne sera pas aisée, puisque les antennes doivent avoir un accès direct au ciel, ce qui ne sera pas toujours possible au vu des bombardements à répétition.

Elon Musk continue donc d’aider l’Ukraine durant cette guerre. Hier, Tesla a annoncé que ses Superchargeurs seront accessibles gratuitement dans tout le pays et pour tous les véhicules électriques

En France, les initiatives s’enchaînent également. Orange et SFR ont tous deux offert les appels et SMS vers l’État. 

Quant à Starlink, plusieurs utilisateurs ont demandé à SpaceX d’envoyer leur matériel en attente vers le pays, malgré de lourds retards de livraison.


Comment la résistance s'organise troupes russes

Pour contrer ou ralentir l'invasion russe, la résistance ukrainienne s'organise. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle ne repose pas uniquement sur une riposte armée. Face à l'envahisseur, les civils font preuve de détermination, d'ingéniosité... et de courage.

Parfois l'opposition à l'ennemi prend la forme de démarches simples mais astucieuses, à l'image de cette consigne, transmise, selon plusieurs journalistes présents sur place, par les autorités elles-mêmes : enlever ou intervertir les panneaux de signalisation.




John Hudson, qui travaille pour le Washington Post, a ainsi relayé ce message, attribué aux forces armées ukrainiennes : « Nous désorientons l'ennemi ensemble ! Afin de semer la confusion et de dérouter les troupes russes qui se déplacent illégalement sur les routes d'Ukraine, nous appelons les citoyens à prendre l'initiative suivante : enlever les panneaux avec des numéros et des noms de rues/villes/villages dans leurs zones ».

Actuellement, le réseau internet est très mauvais en Ukraine, notamment en raison des bombardements qui endommagent les infrastructures internet au sol. En semant le trouble parmi les panneaux de signalisation, les Ukrainiens espèrent faire perdre du temps aux troupes russes, qui peinent déjà à se géolocaliser de manière efficace.

Le message a également été relayé par l'Ukravtodor, l'agence routière ukrainienne, qui, sur Facebook, affirme que le démontage des panneaux de signalisation est la « priorité n°1 », sur « toutes les routes du pays ». « L'ennemi a une très mauvaise connexion [...] aidons-les à aller droit en enfer », écrit-elle.

Le président Volodymyr Zelensky a par ailleurs décrété jeudi soir 24 février la mobilisation générale et le rappel des réservistes de 18 à 60 ans sous 90 jours, dans toutes les régions ukrainiennes. Cela représente environ 900.000 personnes, censées grossir les rangs des 200.000 militaires ukrainiens déjà mobilisés.



Si cette guerre semble opposer David à Goliath, les « signes d'une résistance ukrainienne viable » sont là, selon le Pentagone. Dans la nuit de samedi à dimanche, un haut responsable du ministère américain de la Défense a ainsi indiqué : « Nous pensons que les Russes sont de plus en plus frustrés par leur perte d’élan au cours des dernières 24 heures, notamment dans le nord de l’Ukraine. »

Evoquant une résistance « supérieure à ce que les Russes anticipaient », le Pentagone souligne que l'armée de Vladimir Poutine n'a, pour l'heure, pris le contrôle total d'aucune ville ukrainienne d'importance. Ce dimanche 27 février, les forces ukrainiennes ont même assuré avoir repris le contrôle de Kharviv, la deuxième ville du pays. Mais Vladimir Poutine a ensuite suscité une vive inquiétude, en indiquant mettre en alerte la « force de dissuasion » de l'armée russe, soit la force nucléaire.








(FR) Guerre en Ukraine : Les grandes compagnies pétrolières et gazières d'Europe se retirent de Russie

 

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



La pétrolière européenne Shell se retire de tous ses projets communs avec le groupe russe Gazprom en réponse à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. PHOTO : RADIO-CANADA / IAN WALDIE.

Shell vient d'annoncer le retrait des investissements de Russie. Il s'agit de la dernière initiative d'une grande entreprise occidentale dans le contexte des sanctions imposées par la Russie pour avoir attaqué l'Ukraine.

Shell, la plus grande compagnie pétrolière et gazière d'Europe, a déclaré le 28 février 2022 qu'elle se retirerait d'une joint-venture avec Gazprom, un important groupe russe de gaz naturel, selon le New York Times.

Cette décision suit les traces de la société pétrolière et gazière BP (basée au Royaume-Uni). BP a annoncé le 27 février qu'il vendrait près de 20% de sa participation dans Rosneft, une société pétrolière et gazière détenue en grande partie par le gouvernement russe.

Shell entretient depuis de nombreuses années une relation stratégique avec Gazprom, fournissant même un financement et une assurance pour le projet controversé de gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l'Allemagne. Le retrait de Shell du projet est symbolique. La partie allemande a cessé d'approuver le projet afin qu'il puisse être mis en service.



Ben van Beurden, né le 23 avril 1958 à Rosendaal, est un homme d'affaires néerlandais. Il est le directeur général de Shell, géant pétrolier britannique, depuis le 1er janvier 2014.

Ben van Beurden, le directeur général de Shell, a déclaré dans un communiqué : "Nous sommes choqués et attristés par les pertes en vies humaines en Ukraine, qui ont résulté d'une offensive militaire insensée." . L'investissement de la société en Russie s'élève à environ 3 milliards de dollars .

La décision de Shell mettra la pression sur TotalEnergies, le géant pétrolier et gazier français, et sur Exxon Mobil, le groupe pétrolier et gazier américain, qui a également des activités commerciales avec la Russie.



Un ouvrier travaille sur la plate-forme de forage de Gazprom à Lensk, en Russie, en octobre 2021. Photo : Bloomberg .

Quant à BP, la société dépend de Rosneft pour environ un tiers de sa production de pétrole et de gaz et fait face à une perte potentielle pouvant atteindre 25 milliards de dollars à la fin du partenariat.

Le 28 février 2022, Equinor, la société énergétique contrôlée par l'État norvégien, a déclaré qu'elle "arrêterait de nouveaux investissements en Russie" et "entamerait le processus de retrait" de la coentreprise dans ce pays.

Les décisions font partie d'un processus de réévaluation des activités des entreprises occidentales en Russie. Certaines entreprises mettront fin à leurs activités ou décideront de partir complètement après que la Russie a lancé une attaque contre l'Ukraine et a subi des sanctions de l'Occident.

Outre le pétrole et le gaz, la Russie est également un grand marché pour les constructeurs automobiles occidentaux. Daimler Truck Holding AG, le constructeur automobile basé en Allemagne, a déclaré qu'il cesserait d'envoyer des pièces assemblées à son partenaire de coentreprise en Russie. Volvo Car AB dit qu'il cessera de faire des affaires en Russie.

De plus, Renault SA a dû fermer une usine près de Moscou car elle ne disposait pas de suffisamment de pièces de rechange, et Volkswagen AG a temporairement vendu des voitures de marque Audi en Russie pour s'adapter à la dévaluation du rouble.

D'autres grandes entreprises occidentales ayant des activités commerciales en Russie, comme Carlsberg A/S, un brasseur danois, ou Danone SA, une entreprise alimentaire basée en France, ont déclaré qu'elles s'accrochaient toujours à la base en Russie, et suivront de près la situation.

La Russie est un marché potentiel pour les entreprises occidentales. Maintenant, avec les sanctions en place, les entreprises opérant en Russie sont aux prises avec de nouveaux défis allant de la logistique à la réputation. Les sanctions contre les particuliers et les banques russes rendent actuellement difficile pour les entreprises internationales d'opérer dans le pays.