vendredi 21 février 2025

(FR) Euro numérique : La BCE annonce sa propre blockchain, mais sans Bitcoin.

 Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.


Logo de la Banque centrale européenne

La Banque centrale européenne (BCE) est à l’origine de projets qui ne font pas l’unanimité. En effet, la création d’un euro numérique suscite de nombreuses critiques. En parallèle, la BCE vient d’annoncer le développement d’une blockchain maison pour supporter les transactions en euro numérique.


La BCE dévoile sa blockchain maison

Le 20 février 2025, la Banque centrale européenne a annoncé le développement d’une blockchain maison. Celle-ci a pour objectif de permettre le règlement des transactions en euro numérique.

Selon l’annonce, cette blockchain sera développée dans le cadre du projet TARGET Services. Cela permettra d’assurer l’interopérabilité entre les différents services de la BCE.

En parallèle, la BCE souhaite développer une solution plus intégrée sur le long terme. Celle-ci devrait permettre le règlement des transactions basées sur la blockchain en euro numérique.

Cette nouvelle infrastructure permettra de soutenir l’utilisation de solutions innovantes tout en maintenant la sécurité et l’efficacité des services TARGET.


Euro numérique : une réalité de plus en plus proche

En parallèle de l’annonce de sa blockchain maison, la BCE poursuit le développement de son euro numérique.

Ainsi, le 20 février 2025, la BCE a lancé une consultation publique concernant l’euro numérique. Cette consultation vise à recueillir l’avis des citoyens européens sur les règles qui encadreront l’utilisation de l’euro numérique.

Les résultats de cette consultation seront ensuite utilisés pour élaborer des propositions législatives. Ces dernières seront soumises au Parlement européen à Strasbourg et au Conseil de l’Union européenne à Bruxelles.

De leur côté, les citoyens européens semblent être majoritairement opposés à l’euro numérique. En effet, selon un sondage mené par la BCE, 70 % des Européens seraient opposés à l’euro numérique.

Ces derniers craignent notamment pour la protection de leur vie privée. En effet, l’euro numérique pourrait permettre aux autorités de suivre toutes les transactions effectuées par les citoyens.

Malgré les critiques, la BCE continue de défendre son projet. Elle met en avant les avantages potentiels de l’euro numérique, tels que la réduction des coûts de transaction et l’amélioration de l’inclusion financière.

De son côté, la France fait figure de bon élève pour la BCE. En effet, la Banque de France a récemment annoncé le lancement d’une phase pilote pour tester l’euro numérique dans des conditions réelles.


Sources 

1. Systèmes opérés par la Banque de France

2. YouTube : Les services TARGET | Banque de France

3. Qu’est-ce que TARGET 2 ?

4. Banques et cryptos : le gouverneur de la Banque de France veut révolutionner la finance, mais sans Bitcoin





mardi 4 février 2025

(FR) Loi de Finances 2025 : l'augmentation de la TVA sur l'abonnement d'ELECTRICITE et du GAZ

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente. 


© Epictura / mauyom98

Le projet de loi de finances pour 2025 propose de mettre fin au taux réduit de TVA sur le prix de l'abonnement. Une fois adopté, le taux de TVA sur l'abonnement d'électricité et du gaz devrait passer de 5,5 % à 20 %. Cette nouvelle augmentation alourdirait encore davantage le poids des taxes sur la facture, qui, au 1er février 2025, est passé de 26 % à 35 % pour l'électricité.


Fin du taux de TVA réduit sur l'abonnement d'électricité et du gaz

Évoquée dans un premier temps par Michel Barnier, puis rapidement abandonnée sous la menace de la censure, la fin du taux réduit de TVA sur le prix de l'abonnement d'électricité fait son grand retour dans le projet de loi de Finances 2025, que François Bayrou souhaite faire adopter en recourant à l'article 49.3 cette semaine.

En effet, l'article 7, II, du Projet de loi de Finances 2025 adopté par le Sénat en première lecture, ne prévoit plus l'application d'un taux de TVA réduit sur l'abonnement d'électricité et de gaz à 5,5 % mais un taux plein à 20 %.


Impact sur la facture d'électricité d'un taux de TVA à 20 % sur l'abonnement

Malgré la baisse du prix de l'électricité de 15 % en moyenne au 1er février 2025, le prix de l'abonnement d'électricité (partie fixe de la facture) à quant à lui augmenté en raison de l'augmentation des taxes. Ainsi, pour un ménage avec un compteur 6 kVA (puissance la plus répandue en France) en option base, le prix de l'abonnement au tarif réglementé d'EDF est passé de 151,2 € à 164,6 € TTC par an, soit une hausse 8,89 %. 

Ainsi, l'application du taux de TVA à 20 % fera grimper le prix de l'abonnement à 184,3 € par an, soit une nouvelle augmentation de 12 %. Sur un an, l'augmentation aura été de 21,9 %.


Le poids des taxes sur la facture d'électricité de plus en plus important

La mise en place du bouclier tarifaire a supposé une accalmie fiscale pour les ménages et entreprises françaises. Cependant, son retrait suppose désormais un retour à une pression fiscale plus élevée, suscitant des inquiétudes quant au pouvoir d’achat et à la compétitivité des entreprises.

Ainsi, depuis le 1er février 2025, le poids des taxes sur le montant total des factures a bondi, passant de 26 % en moyenne à 35 % aujourd'hui. Pour un ménage consommant 7700 kWh par an (compteur 6 kVA, base), cela suppose aujourd'hui un total de 600 € par an rien qu'en taxes.


Quelles sont les taxes en vigueur sur l’électricité et le gaz ?

Les taxes sur l’électricité

Trois taxes principales s’appliquent sur la facture d’électricité :

1. Accise sur l’électricité (ex CSPE et TICFE), qui finance en grande partie les dépenses liées au service public de l’électricité et dont un tiers est reversé aux collectivités locales. Depuis février 2025, elle est remontée à son taux plein, majorée de l'inflation, soit 33,7 € pour MWh consommé pour les particuliers (soit 40,4 € du MWh TTC).

2. CTA (Contribution Tarifaire d’Acheminement), prélevée sur la partie fixe du tarif d’acheminement (TURPE). Elle sert notamment à financer l’assurance vieillesse du personnel des industries électriques et gazières. Son taux actuel pour les particuliers est de 21,93 % sur la partie fixe du Tarif d'acheminement.

3. TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée). Deux taux sont appliqués : 
- 5,5 % sur la partie abonnement ainsi que sur la CTA et pourrait passer à 20 % si le Projet de loi de Finances 2025 est adopté. 
- 20 % sur la consommation (prix du kWh HT) et sur l’accise.

Tous les ménages paient en proportion les mêmes taxes sur l'électricité, quel que soit leur fournisseur ou leur option tarifaire (Base, Heures pleines / Heures creuses, etc.).


Les taxes sur le gaz

Comme pour l’électricité, trois taxes s’appliquent sur la facture de gaz :

1. Accise sur le gaz (ex TICGN), qui alimente majoritairement le budget de l’État. Elle est passée le 1er janvier 2025 à 17,16 € du MWh hors taxes (+4,83 % par rapport à 2024).

2. CTA (Contribution Tarifaire d’Acheminement), basée sur un pourcentage du tarif d’utilisation des réseaux (ATR). Elle est soumise à la TVA à 5,5 %. Pour un foyer consommant 13 450 kWh/an, la CTA revient à environ 34,49 € par an.

3. TVA, Deux taux sont appliqués : 
- un taux réduit de 5,5 % sur l’abonnement et la CTA. Ce taux pourrait passer à 20 % si le Projet de loi de Finances 2025 est adopté ;
- un taux plein de  20 % sur la consommation ainsi que sur l’accise.

Comme pour l'électricité, tous les ménages paient en proportions les mêmes taxes sur le gaz, quel que soit leur fournisseur, zone tarifaire ou leur classe de consommation.


Source : 

1. Exclusivité : l'augmentation de la TVA sur l'abonnement d'électricité et du gaz prévue par la Loi de Finances 2025

2. Quelles sont les principales mesures fiscales pour 2025 ?






jeudi 30 janvier 2025

(FR) Canal de Panama

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



Cliquer sur https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/Panama_Canal_Map_FR.png pour agrandir la carte et vue schématique en coupe du canal.


Le canal de Panama est un canal maritime de 80 k m de long, qui traverse l'isthme de Panama en Amérique centrale, reliant l’océan Pacifique et l’océan Atlantique. Sa construction a été l'un des projets d’ingénierie les plus difficiles jamais entrepris. Son influence sur le commerce maritime a été considérable, puisque les navires n’ont plus eu besoin de faire route par le cap Horn et le passage de Drake, à la pointe australe de l’Amérique du Sud. Un navire allant de New York à San Francisco par le canal parcourt 9 500 kilomètres, soit moins de la moitié des 22 500 kilomètres du voyage par le cap Horn.

L'histoire du canal de Panama est très mouvementée. Le concept d’un canal à Panama remonte au début du XVIe siècle. Une des premières représentations iconographiques du canal est indiquée sur la carte des Conseils du missionnaire breton Michel Le Nobletz vers 1630. La première tentative de construction ne commença qu'en 1880, sous l’impulsion française de Ferdinand de Lesseps, grâce à une collecte de fonds géante à la Bourse de Paris. Après l'échec de cette tentative, le travail fut terminé par les États-Unis sous la direction de George Washington Goethals, et le canal ouvrit le 15 août 1914. La construction des 80 kilomètres du canal a été parsemée de problèmes, des maladies comme le paludisme et la fièvre jaune, aux glissements de terrain. Le nombre de travailleurs qui périrent de maladie durant la construction a été évalué à plusieurs milliers (plus de 5 600 pour la seule période française 1881-1889).



Cliquez sur 
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f7/Panama_Canal_Gatun_Locks.jpg 
pour agrandir Un remorqueur du canal, se dirigeant vers le côté Caraïbes, attend d’être rejoint par un navire dans la chambre supérieure de l’écluse de Gatún.

Depuis son ouverture, le canal a remporté un énorme succès et continue d’être un point de passage stratégique pour la navigation. Chaque année, il est emprunté par plus de 14 000 navires transportant plus de 203 millions de tonnes de cargaison. Jusqu'à 2002, un total de 800 000 navires étaient passés par le canal. Des travaux d'élargissement du canal ont été lancés en septembre 2007 pour livrer passage à des navires de plus gros tonnage, transportant jusqu'à 12 000 conteneurs, soit plus du double de la charge auparavant autorisée à emprunter la voie navigable. C'est un groupement d'entreprises mené par l'entreprise espagnole Sacyr, l'italienne Salini Impregilo, la belge Jan de Nul et la panaméenne Constructora Urbana, qui a réalisé les travaux. Le premier navire « new Panamax » (ou neopanamax) passe les nouvelles écluses le 26 juin 2016.

Le canal peut accueillir des bateaux de différentes tailles, allant des yachts privés jusqu'à de gros navires de commerce. Les bateaux ayant la plus grande taille admissible dans le canal sont désignés sous l’appellation « Panamax ». Un nombre croissant de navires dépassent cette taille et sont appelés « post-Panamax ».

Le canal de Panama est probablement l'une des aiguilles les plus importantes pour l'ensemble de l'économie mondiale. Il relie, par plus de 140 routes maritimes, quelque 1.700 ports dans 160 pays. Il est essentiel pour l'approvisionnement de l'Amérique du Nord et du Sud ainsi que pour la liaison avec l'Europe et les mégapoles d'Asie de l'Est. 

En raison du changement climatique, la région d'Amérique centrale devient de plus en plus sèche et les autorités ont de plus en plus de mal à extraire suffisamment d'eau pour faire fonctionner le canal. Une année record de sécheresse a eu lieu en 2023, l'exploitation a dû être interrompue à plusieurs reprises et il est devenu évident à quel point le canal de Panama est effectivement vulnérable. 


Présence chinoise

Avant la prise de possession du canal en 1999, le gouvernement du Panama avait négocié un contrat de 25 ans pour la gestion des terminaux à conteneurs du canal (principalement deux terminaux aux entrées Pacifique et Atlantique) avec une société chinoise, Hutchison Whampoa, basée à Hong Kong, dont le propriétaire Li Ka-shing est l’homme le plus riche de Chine. La société a fusionné en juin 2015 avec Cheung Kong Holdings pour former un nouveau conglomérat nommé CK Hutchison Holdings. Certains Américains ont émis des critiques à ce sujet, alléguant que cela ouvrirait la voie à une occupation par l’armée chinoise et la maîtrise du canal, ou même la possibilité d’une attaque chinoise vers les États-Unis depuis les ports en question. Le gouvernement de Panama répliqua que la Chine n’opérait que dans les ports et non sur le canal, et que le gouvernement américain avait toujours le droit d’intervenir militairement si nécessaire.


Sources :

1. Canal de Panama (Wikipédia)

2. La merveille d'ingénierie qu'est le canal de Panama ! sur YouTube

3. Pourquoi Donald Trump veut à tout prix annexer le canal de Panama? par Juliette Vignaud





mercredi 22 janvier 2025

(FR) Que signifie l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas pour le monde ?

 Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



Israël est sorti du conflit en tant que superpuissance du Moyen-Orient, mais l'ordre international fondé sur des règles s'effondre.

On ne sait toujours pas si le cessez-le-feu à Gaza prendra effet. Mais si la guerre prend réellement fin, qu’est-ce que cela signifiera pour le monde ?

Pour Israël, l’impact semble être une arme à double tranchant. Le dirigeant du pays, Benjamin Netanyahu, pourrait affirmer qu'il a transformé une tragédie nationale en une victoire stratégique. Le Hamas a été détruit, voire complètement détruit. Le Hezbollah, le groupe militant libanais le plus lourdement armé et le plus dangereux de « l’axe de la résistance » iranien, a également été affaibli. L’Iran et Israël se sont livrés à un échange de tirs direct. Mais la plupart des missiles iraniens ne parviennent pas à vaincre les défenses d’Israël et de ses alliés – et la République islamique semble plus faible qu’elle ne l’a été depuis des décennies.

Au niveau stratégique, Israël émerge du conflit en tant que superpuissance du Moyen-Orient – ​​avec sa dissuasion militaire entièrement rétablie, alors que ses ennemis sont dans le chaos. Mais d’un autre côté, la réputation d’Israël a été considérablement ternie. Quelque 46 000 personnes seraient mortes dans l'attaque israélienne et Gaza est désormais en ruines. Netanyahu a été inculpé par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre – ce qui le place dans la même catégorie juridique que Vladimir Poutine. Comme le dirigeant russe, Netanyahu aura beaucoup plus de difficultés à voyager à l’étranger.

Le soutien à Israël a chuté dans les sondages d’opinion internationaux. Les jeunes – même aux États-Unis – sont désormais beaucoup plus hostiles à l’égard du pays. Une enquête du Pew Center réalisée en avril 2024 concluait que : « Les jeunes Américains sont plus susceptibles de sympathiser avec les Palestiniens qu’avec les Israéliens. » Un tiers des adultes de moins de 30 ans ont déclaré qu’ils sympathisaient entièrement ou majoritairement avec le peuple palestinien, contre 14 % qui se rangeaient du côté d’Israël.

Les Israéliens peuvent espérer que les attitudes s’atténueront avec le temps – surtout si la paix est rétablie. Netanyahu et ses alliés estiment également que les amis à la Maison Blanche sont bien plus importants que les ennemis dans les universités américaines.

Mais l’amitié de Trump n’est peut-être pas inconditionnelle. L’extrême droite israélienne a clairement vécu un choc lorsque la nouvelle administration américaine a soutenu l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages négocié par la Maison Blanche Biden. Les espoirs d’Israël – que Trump leur donne carte blanche pour traiter les Palestiniens comme bon lui semble – ont été déçus.

La décision de Trump de faire pression en faveur de la paix peut refléter deux facteurs principaux. Le premier est le désir de s’attribuer le mérite d’avoir négocié l’accord et la libération des otages. Deuxièmement, bien qu’Israël soit fervent soutenu par la droite républicaine, ce n’est pas le seul pays important de la région. Au cours de son premier mandat présidentiel, le premier voyage de Trump à l’étranger a eu lieu en Arabie Saoudite.

La prochaine administration Trump favorisera probablement la normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite – ce qui est également l’objectif principal de l’administration Biden. Très probablement, cela apportera une lueur d’espoir aux Palestiniens, car on estime que le prix que l’Arabie saoudite devra payer pour la normalisation sera un pas en avant tangible vers un État palestinien. Mais c’est peut-être aussi un prix que les Israéliens ne veulent pas payer, ce qui signifie que l’accord saoudo-israélien reste une illusion.

La guerre à Gaza a des implications mondiales et régionales. L’une des raisons pour lesquelles les États-Unis et leurs alliés occidentaux ne veulent pas exercer trop de pression sur Israël est qu’ils croient que l’Iran est un ennemi commun. Au cours de l’année écoulée, les responsables occidentaux ont exprimé de plus en plus leur conviction d’être désormais engagés dans une lutte mondiale contre un « axe d’adversaires » lâche qui comprend la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord.

En affaiblissant l’Iran, Israël affaiblit également son axe de rivalité. L’effondrement du régime d’Assad en Syrie est en grande partie le résultat de l’attaque dévastatrice d’Israël contre le Hezbollah, qui était un allié clé de Bachar al-Assad.

La chute du régime d’Assad, à son tour, été un coup dur pour l’Iran et la Russie, qui étaient intervenus militairement au nom du président syrien. La Russie a utilisé la Syrie comme base pour projeter sa puissance et recule désormais. Paradoxalement, Israël lui-même a réagi avec plus de prudence à la chute d’Assad que de nombreux pays occidentaux, craignant que les forces djihadistes ne s’infiltrent dans le vide du pouvoir en Syrie.

La victime ultime de la guerre à Gaza est « l’ordre international fondé sur des règles » promu par l’administration Biden. L'élan de sympathie et de soutien envers Israël après l'attaque du 7 octobre a conduit les États-Unis à tolérer les fréquentes violations du droit international humanitaire par Israël lors de son attaque contre Gaza. Rétablir un ordre fondé sur des règles pourrait s’avérer une tâche aussi ardue que la reconstruction des installations à Gaza.


Source: Gideon Rachman, "What the Israel-Hamas ceasefire means for the world", Financial Times, 16/01/2025










dimanche 19 janvier 2025

(FR) : Le salaire du président des États-Unis Donald Trump

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



D. Trump a été réélu le 5/11/2024 président des Etats-Unis en battant Kamala Harris (E. Vucci)


Donald Trump sera le 47e président des Etats-Unis à partir de ce lundi 20 janvier 2025, jour de son investiture. Le salaire de Donald Trump avoisinera les 400.000 dollars annuels bruts. Mais le président américain bénéficie d’autres avantages financiers et en nature. Le locataire de la Maison-Blanche est le quatrième chef d’Etat le mieux payé au monde.

Dans la nuit du 5 au 6 novembre 2024, Donald Trump a largement été élu président des États-Unis face à la démocrate Kamala Harris, au terme d’un scrutin loin d’être aussi serré qu’annoncé. Le milliardaire américain entamera son deuxième mandat ce lundi 20 janvier 2025, jour de son investiture officielle, et deviendra le 47ᵉ président (après avoir été le 45ᵉ entre 2017 et 2021).

Si l’homme est déjà riche, malgré ses dettes, son portefeuille va se garnir d’1,6 million de dollars bruts durant les quatre ans à venir. Le président américain en exercice perçoit en effet, depuis 2001, 400.000 dollars bruts par an. Un salaire, voté par le Congrès, qui était auparavant de 200.000 dollars.


Déplacements, divertissements…

En plus de son salaire, le président américain a droit à de nombreux avantages. Il bénéficie en effet de plusieurs allocations annuelles :

  • Une enveloppe de déplacement de 100.000 dollars.

  • Un budget divertissement de 19.000 dollars.

  • Une allocation personnelle non imposable de 50.000 dollars.

Ces dépenses doivent être exclusivement liées à l’exercice de ses fonctions officielles. La présidence inclut également l’accès à des moyens de transport et services exclusifs :

  • L’avion présidentiel « Air Force One »

  • L’hélicoptère « Marine One »

  • La résidence de la Maison-Blanche et son personnel

  • Une résidence secondaire de 50 ha à Camp David, dans le Maryland

  • Une limousine officielle avec chauffeur.


Au pied du podium

Bien qu’il dirige le pays le plus puissant du monde, le président des États-Unis n’est pas le mieux payé des chefs d’État en exercice à travers le globe. S’il est loin devant le président français Emmanuel Macron, qui perçoit un salaire mensuel de 16.039,71 euros brut, soit environ 192.400 euros par an, le président américain est derrière trois autres présidents en matière de salaire.

Selon les chiffres actualisés du site Political Salaries, il talonne le président de la confédération suisse, qui touche environ 543.000 dollars par an, et le chancelier allemand, qui émarge à 593.000 dollars. Mais il se trouve loin du Premier ministre singapourien. Lawrence Wong, actuel chef de la République de Singapour, est de loin le dirigeant le mieux payé au monde puisqu’il perçoit plus de 1.600.000 dollars par an. Soit ce que va engranger Donald Trump sur la totalité de son mandat.

À noter qu’à l’issue de son exercice de quatre ans, le président américain continue de toucher 200.000 euros par an au titre de pension d’ancien président. Ses voyages sont également pris en charge, il bénéficie d’une couverture médicale et de la protection du Secret Service jusqu’à sa mort.






samedi 18 janvier 2025

(FR) Qui est le joueur de tennis américano-vietnamien " Learner TIEN " ?

 Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



Le joueur de tennis d'origine vietnamienne Learner Tien est gaucher et mesure 1m80. (ATP Tour)

Learner TIEN, né le 2 décembre 2005 à Irvine en Californie, est un joueur de tennis américain, professionnel depuis 2023. Il est considéré comme l'un des joueurs de tennis potentiels aux États-Unis.

Learner n'a que 19 ans et est rapidement devenu l'une des plus grandes stars du tennis. Né de parents vietnamiens, il porte sur ses épaules les espoirs d'une nation. Sa mère, Huyen TIEN, une professeure de mathématiques dévouée, l'a judicieusement appelé « Learner », tandis que son père, Khuong Dan TIEN, avocat spécialisé dans l'immobilier, a appelé sa sœur « Justice », reflétant l'essence de sa propre profession.



Le prodige du tennis américano-vietnamien Learner Tien a provoqué une onde de choc dans le monde du sport en battant Daniil Medvedev, tête de série numéro 5, à l'Open d'Australie 2025. — AFP/VNA

Initié au tennis dès son plus jeune âge, Learner TIEN a perfectionné ses compétences sur les courts communautaires d'Irvine sous l'œil attentif de son père. Sa passion précoce pour le sport s'est épanouie, le conduisant à exceller dans les tournois juniors et à obtenir une place dans le prestigieux programme de développement des jeunes de l'United States Tennis Association (USTA).

En 2022, Learner TIEN a fait la une des journaux en remportant le championnat national des moins de 18 ans de l'USTA, ce qui lui a valu une place convoitée à l'US Open. À seulement 16 ans, il est devenu le plus jeune joueur de simple masculin à participer à l'événement depuis Donald Young en 2005. Il a suivi ce succès avec une autre apparition à l'US Open 2023.

Son dévouement sans faille a porté ses fruits en 2024 lorsqu'il a remporté son premier titre Challenger, devenant ainsi le plus jeune champion Challenger américain depuis Frances Tiafoe en 2016. Learner TIEN a continué d'impressionner, remportant la victoire lors de l'événement M25 et atteignant les quarts de finale du Chicago Men's Challenger 2024, tout en prolongeant sa séquence de victoires à un nombre étonnant de 28 matchs consécutifs.



L'apprenant Tien a fait sensation à l'Open d'Australie 2025 en battant Daniil Medvedev

Aujourd'hui, sa victoire remarquable sur Daniil Medvedev (5e mondial) à l'Open d'Australie a consolidé son statut d'étoile montante. Learner TIEN est devenu le plus jeune joueur à atteindre le deuxième tour du tournoi depuis le légendaire Pete Sampras en 1990. Le monde du tennis observe de près ce jeune talent qui continue de briser les barrières et d'inspirer les générations futures.

Le monde du tennis observe de près ce jeune talent qui continue de briser les barrières et d'inspirer les générations futures.

  • Le 18 janvier 2025, Learner TIEN a battu Corentin Moutet (classé 69e ATP) au 3e tour sur le score de 7-6, 6-3, 6-3 pour le 4e tour de l'Open d'Australie 2025.


Lorenzo Sonego

  • Lors du prochain match 20 janvier 2025, TIEN affrontera Lorenzo Sonego (classé 54e ATP), qui vient de battre Fabian Marozsan avec un score de 3-1. Cela reste un grand défi, mais avec la confiance et la forme actuelle, TIEN peut absolument espérer aller plus loin.

  • Après 2 heures et 24 minutes, Lorenzo Sonego a battu le joueur vietnamien TIEN 3-1, avec des sets de 6-3, 6-2, 3-6, 6-1, remportant le droit d'accéder aux quarts de finale de l'Open d'Australie 2025. Auparavant, le joueur de tennis italien avait également battu Joao Fonseca.





mardi 7 janvier 2025

(FR) Charlie Hebdo, 7 janvier 2015: le jour de la tuerie

Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.



© ANP / EPA

Il y a dix ans jour pour jour, le 7 janvier 2015, la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo était la cible d'un attentat perpétré par deux terroristes. 

Le 7 janvier 2015 à 11h30. Dans un immeuble du 11e arrondissement de Paris, la conférence de rédaction du journal satirique Charlie Hebdo s’achève. Les journalistes discutent et rient encore. Dans la rue, deux hommes en noir, cagoulés, kalachnikovs en main, pénètrent dans le hall du bâtiment et abattent froidement Frédéric Boisseau, un agent de maintenance.


Douze morts, dont 8 membres de la rédaction

Le commando poursuit sa route jusque dans les locaux du journal, prenant en joue la dessinatrice Coco. Sous la menace, elle tape le code de la porte blindée qui protège la rédaction. Sur place, les terroristes tuent dix personnes, dont huit membres de la rédaction. Ils s’appelaient Cabu, Charb, Tignous, Honoré, Wolinski, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Elsa Cayat, Michel Renaud et Franck Brinsolaro.


Cette photographie montre un dessin représentant onze des victimes de Charlie Hebdo lors des attentats islamistes de janvier 2015, près de l'ancien bureau de l'hebdomadaire à Paris, le 12 janvier 2023. © Bertrand Guay, AFP

Les assaillants prennent la fuite. Leur voiture fend les rues et brise des barrages de police. Boulevard Richard-Lenoir, les deux hommes abattent à bout portant Ahmed Merabet, un policier à vélo qui tentait de les arrêter. Contraints d’abandonner précipitamment leur voiture - encastrée dans un plot - les terroristes braquent un automobiliste, s’emparent de son véhicule et disparaissent. La police perd la trace des deux hommes aux portes de Paris. Le soir du 7 janvier, la fouille de leur Citroën permet d’identifier deux personnes. Deux frères : Chérif et Saïd Kouachi, Français d’origine algérienne qui avaient prêté allégeance à Al-Qaïda. Après deux jours de traque, ces derniers ont été abattus par une équipe d’intervention du GIGN, le groupe d’élite de la gendarmerie française, dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), où ils s’étaient retranchés.



Les terroristes islamistes Chérif Kouachi, Amedy Coulibaly et Saïd Kouachi ont été tués le 9/1/2015. [AFP]


Caricatures de Mahomet

Journal joyeusement anarchiste et anticlérical créé en 1970 sur les cendres du magazine Hara-Kiri, Charlie Hebdo était la cible de menaces jihadistes depuis la publication de caricatures du prophète Mahomet en 2006. Parmi les morts figurent son emblématique directeur, le dessinateur Charb, ainsi que deux légendes de la caricature en France, Cabu et Wolinski.


Attaques “coordonnées”

Du 7 au 9 janvier 2015, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly ont ciblé la liberté d’expression, les forces de l’ordre et la communauté juive, lors d’attaques “coordonnées” bien que revendiquées par deux entités distinctes, Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) et l’organisation État islamique (EI). Deux policiers à Paris et Montrouge, ainsi que quatre personnes de confession juive dans un magasin casher porte de Vincennes, ont également été tués durant ces trois jours de terreur. À ces victimes s’est ajouté l’ancien webmaster de Charlie Hebdo, Simon Fieschi, grièvement blessé dans l’attentat et mort en octobre dernier, à 40 ans.


Principaux événements de la rédaction de Charlie Hebdo

1970 : Création de Charlie Hebdo par François Cavanna et Choron, après l'interdiction de Karra-Kiri.

1981 : Le journal dépose le bilan et cesse de paraître

1992 : Le journal réapparaît, dirigé par Philippe Val et Gébé

2006 : Charlie Hebdo publie des caricatures du prophète Mahomet

2008 : Création des éditions Les Echappés.

2009 : Riss et Charb deviennent co-directeurs et dirigeants de la rédaction

2011 : la rédaction  de Charlie Hebdo  est incendiée

7 janvier 2015 : Les deux frères Kouachi attaquent les locaux du journal siégeant dans le 11e arrondissement, à Paris, tuant 12 personnes et en blessant 11 autres.

01 août 2015 : Amedy Coulibaly a assassiné Clarissa Jean-Philippe, policière à Montrouge (Hauts-de-Seine).

9 janvier 2015 : Les frères Kouachi sont arrêtés par les forces françaises.

Amedy Coulibaly a tué quatre personnes lors d'une prise d'otages au supermarché Hyper Cacher, porte de Vincennes, dans le 20e arrondissement de Paris, et a été immédiatement tué par la police.

10 et 11 janvier 2015 : Mars avec la participation de millions de personnes à Paris et dans de nombreuses autres villes de France.

14 janvier 2015 : Charlie Hebdo publie un numéro spécial sur les rescapés

Septembre 2020 : La justice française entend l’affaire de l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo

7 janvier 2025 : Charlie Hebdo sort un numéro spécial, publiant les caricatures du concours de dessin "Rire de Dieu", à envoyer à "ceux qui en ont assez de vivre dans une société gouvernée par Dieu et la religion". La rédaction présentera également les résultats d'une enquête sur la question : la France sera-t-elle encore "Charlie" après 10 ans ? La liberté d'expression est-elle protégée ?


Les limites de la liberté d’expression

L’attentat terroriste contre Charlie Hebdo a suscité une vague d’indignation, non seulement en France, mais aussi en Europe et dans le monde. Charlie Hebdo est à l'origine un magazine satirique, publiant des caricatures satiriques liées à des sujets sociaux, religieux, politiques et à des personnalités publiques, et a suscité à plusieurs reprises des controverses et des critiques sur les palmiers. À ce jour, le débat sur les limites de la liberté d’expression se poursuit, notamment sur des questions sensibles telles que la religion.