La société aérospatiale Airbus, officiellement enregistrée aux Pays-Bas, prévoit de se passer des services américains Google Workspace, selon des informations obtenues par The Register.
Cliquez ici pour consulter la documentation la plus récente.
Airbus migre vers le cloud ses systèmes clés de gestion d’entreprise, tels que :
- les CRM (Customer Relationship Management - La gestion de la relation client),
- les ERP (Enterprise Resource Planning), les systèmes de gestion des processus de production et de cycle de vie des produits.
Elle cherche un prestataire cloud européen souverain d’ici l’été 2026. L’appel d’offres débutera en janvier 2026. Le montant du contrat à long terme pourrait dépasser 50 millions d’euros (environ 58,6 millions de dollars).
Airbus vise un prestataire cloud souverain européen pour héberger ses systèmes IT (Les technologies de l’information) critiques de gestion d’entreprise.
Airbus est l’un des deux plus grands constructeurs aéronautiques mondiaux, avec Boeing. L’entreprise emploie 157 000 salariés dans le monde (selon son site). Sur les neuf premiers mois de 2025, son EBIT (*) ajusté s’élève à 4,1 milliards d’euros. En 2024, le chiffre d’affaires a atteint 69,2 milliards d’euros et le bénéfice net 4,2 milliards d’euros.
(*) EBIT est l'acronyme anglais de Earnings Before Interest and Taxes. Cet élément constitue l'un des indicateurs financiers les plus importants d'une entreprise. En effet, il évalue sa rentabilité opérationnelle et sa capacité à générer des bénéfices.
Souveraineté numérique
Catherine Jestin, vice-présidente exécutive du numérique chez Airbus, explique ce choix européen par la « confidentialité extrême » de certaines données : « Nous voulons garantir que ces informations restent sous contrôle européen. » Les entreprises européennes commencent à prendre conscience de l’indépendance numérique après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Le CLOUD Act américain, qui permet aux autorités US d’accéder aux données stockées par des entreprises américaines même à l’étranger, suscite de vives inquiétudes. En juillet 2024, Microsoft a admis devant un tribunal français qu’elle ne pouvait pas garantir la souveraineté des données en vertu de cette loi. Les Européens ont désormais conscience des risques non seulement pour la confidentialité, mais pour la souveraineté IT en général. En novembre 2025, CNews rapportait que la Cour pénale internationale (CPI ; en anglais International Criminal Court ou ICC) à La Haye abandonnait Microsoft Office après que son procureur Karim Khan eut perdu l’accès à sa messagerie Microsoft à cause de sanctions américaines.
Les chances de succès sont minces
Compte tenu de l’ampleur du projet, Catherine Jestin doute de trouver un prestataire européen adapté : « Si vous me demandiez aujourd’hui si nous trouverons une solution, je répondrais 80/20 », a-t-elle déclaré.
Airbus avait commencé à migrer ses employés vers Google Workspace (depuis Microsoft Office) en mars 2018. À l’époque, l’objectif était de passer 130 000 salariés au cloud Google en quelques mois. Cela ne s’est pas produit, même après tant d’années.
Par exemple, le département financier ne peut pas encore abandonner complètement le logiciel tableur Excel de Microsoft Office, car Google Sheets (le tableur de Google, disponible via Google Drive) ne gère pas les très grandes feuilles de calcul (jusqu’à 20 millions de cellules chez Airbus). Des problèmes de compatibilité et de conformité réglementaire persistent. Les documents militaires ne peuvent pas être stockés dans le cloud, forçant ces équipes à rester sur les logiciels Microsoft en local.
Source ; Airbus to migrate critical apps to a sovereign Euro cloud




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire