dimanche 25 janvier 2026

(FR) Confrontation États-Unis - Chine en 2025 : une compétition globale sur tous les fronts.

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Les relations internationales contemporaines sont marquées par une dynamique de rattrapage de la Chine sur les Etats-Unis, qui affecte la géopolitique et la géoéconomie mondiales.

En 2025, sous la présidence de Donald Trump, les relations sino-américaines sont restées extrêmement conflictuelles dans de nombreux domaines. Dès son retour au pouvoir, Trump a désigné Pékin comme le principal rival stratégique de Washington, une menace majeure pour la sécurité nationale, les intérêts économiques et l'influence géopolitique des États-Unis dans la région indo-pacifique et à l'échelle mondiale. L'administration Trump considérait la Chine comme un rival qu'il fallait contenir militairement, technologiquement et économiquement, tout en cherchant à limiter l'influence de Pékin dans la zone d'influence traditionnelle des États-Unis. Au cours de l'année écoulée, la compétition sino-américaine s'est clairement manifestée sur trois fronts principaux :

militaire,

- technologique et économique,

- et géopolitique.


1. Compétition militaire : une course au pouvoir dans l'Indo-Pacifique.



La Chine a imposé sa ligne en 9 traits, nombre de traits qui est par ailleurs variable, qui exprime les limites géographiques de ses revendications territoriales. Archipel des Paracels et des Spratleys, récif de Scarborough, les motifs de contestation sont nombreux.

Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire dans la région indo-pacifique afin de contrer la montée en puissance militaire de la Chine. Washington a continué de consolider ses alliances avec le Japon et la Corée du Sud, a accru sa présence militaire autour de Taïwan et a mené régulièrement des exercices militaires conjoints pour dissuader Pékin. Notamment, les États-Unis ont apporté publiquement, pour la première fois, un soutien militaire sans précédent à Taïwan : ils ont dépêché des formateurs et des conseillers pour aider à l’entraînement des forces de défense taïwanaises. Cette initiative a incité la Chine à riposter en intensifiant la pression militaire autour de Taïwan de façon quasi quotidienne, signalant ainsi sa disposition à recourir à la force si nécessaire.



L'exercice militaire conjoint américano-sud-coréen, baptisé « Bouclier de la liberté d'Ulchi », aura lieu en août 2025. Photo : Armée sud-coréenne

Les États-Unis ont également encouragé leurs alliés d'Asie du Nord-Est à renforcer leurs capacités de défense, notamment en développant des armes offensives. Au début de son second mandat, l'administration Trump a donné son feu vert à la Corée du Sud pour la construction de sous-marins nucléaires – une initiative novatrice qui, selon Trump, a renforcé l'alliance américano-sud-coréenne à un niveau sans précédent. Le 30 octobre 2025, le président Trump a annoncé son approbation de la demande de Séoul, saluant que les relations militaires bilatérales atteignaient un niveau historique. Washington transférera des technologies à la Corée du Sud pour la construction de sous-marins nucléaires dans un chantier naval de Philadelphie, dans le cadre d'un plan visant à dynamiser l'industrie navale de défense américaine et celle de ses alliés. Parallèlement, le Japon a accéléré sa modernisation militaire, en acquérant des armes américaines à longue portée telles que les missiles de croisière Tomahawk et en développant des capacités de frappe préventive. Tokyo a décidé de doubler son budget de défense, le portant à 2 % du PIB, une première depuis des décennies, afin de pouvoir dissuader toute attaque contre les bases de missiles ennemies en cas de conflit. Cette transformation du Japon et de la Corée du Sud est encouragée et soutenue par Washington, qui forme un front militaire unifié pour contrebalancer la Chine et la Corée du Nord en Asie du Nord-Est.

Parallèlement, Pékin a réagi en accélérant l'expansion et la modernisation de l'Armée populaire de libération (APL). La Chine a lancé davantage de grands navires de guerre, mis en service de nouveaux groupes aéronavals et déployé en continu des groupes navals au large des côtes. En février 2025, un groupe naval chinois composé de trois navires (un croiseur, une frégate et un navire de ravitaillement) est apparu de manière inhabituelle près des côtes orientales de l'Australie, incitant Canberra à déployer ses forces aériennes et navales pour une surveillance étroite. Les autorités australiennes ont qualifié cet événement de rare et potentiellement dangereux, bien que les navires chinois aient opéré dans le respect du droit international. Dans le même temps, les relations militaires sino-russes se sont renforcées grâce à des exercices conjoints annuels. En août 2025, les deux marines ont mené l'exercice « Joint Sea 2025 » en mer du Japon, s'entraînant à la lutte anti-sous-marine et à la défense aérienne. Ne se contentant pas de l'Asie de l'Est, Pékin a étendu son influence militaire au Moyen-Orient. En mars et début novembre 2025, la marine chinoise, conjointement avec la Russie et l'Iran, a mené l'exercice « Ceinture de sécurité 2025 » en mer Rouge, près du port iranien de Tchabahar. Cet exercice visait à renforcer la coordination opérationnelle et à défier la présence américaine dans la région. Les observateurs estiment que, par ces démonstrations de force dans l'Indo-Pacifique et l'Indo-Moyen-Orient, la Chine cherche à contenir l'influence militaire américaine à l'échelle mondiale.


2. Le front technologique et économique : une bataille sans merci.

La concurrence sino-américaine dans les domaines de la haute technologie et de l'économie devrait s'intensifier en 2025. L'administration Trump continue de durcir les restrictions sur les exportations de technologies de pointe vers la Chine, notamment les semi-conducteurs, et fait pression sur ses alliés européens et asiatiques pour qu'ils se joignent à cette initiative. Les États-Unis ont persuadé les Pays-Bas et le Japon de limiter la vente de machines de lithographie de pointe à la Chine, afin d'empêcher Pékin d'accéder à la technologie de fabrication de puces inférieure à 7 nm. Parallèlement, Washington et l'UE renforcent les contrôles sur les investissements et le partage de données sensibles avec la Chine, créant ainsi un front commun pour la technologie occidentale. En réponse, Pékin poursuit une stratégie d'« autosuffisance » technologique : elle intensifie la recherche et le développement de ses propres puces, systèmes d'exploitation et plateformes d'IA.

- En 2023-2024, des entreprises chinoises comme Huawei ont surpris les observateurs en lançant des produits électroniques utilisant des puces de pointe fabriquées en Chine, contournant partiellement les sanctions américaines. De son côté, la Chine n'hésite pas à riposter par l'armement technologique, un domaine où elle dispose d'un avantage concurrentiel.

- Depuis octobre 2025, Pékin a imposé des restrictions à l'exportation de terres rares et de métaux stratégiques (comme le gallium et le germanium) en représailles aux sanctions technologiques américaines croissantes. Les terres rares sont des composants essentiels à la fabrication de produits de haute technologie, et la Chine fournit actuellement jusqu'à 70 % de la production mondiale. Cette mesure a suscité l'inquiétude de Washington, qui a menacé d'imposer des droits de douane punitifs si la Chine persistait à bloquer les exportations de terres rares. La confrontation technologique entre les deux superpuissances s'intensifie donc, entraînant l'implication de nombreux autres pays et provoquant des répercussions importantes.



Les relations militaires entre la Chine et la Russie se resserrent, comme en témoignent les exercices militaires conjoints annuels. (Illustration)

Sur le plan économique et commercial, l'année 2025 a été marquée par une nouvelle escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Dès le début de son second mandat, le président Trump a réimposé et augmenté des droits de douane punitifs sur les produits chinois, similaires à ceux de la guerre commerciale de 2018, mais à une échelle bien plus importante. En avril 2025, Washington a annoncé une série de nouveaux droits de douane visant des centaines de milliards de dollars d'importations chinoises, invoquant le déficit commercial et accusant Pékin de manipulation économique. Pékin a immédiatement riposté en imposant des droits de douane supplémentaires sur les produits agricoles et industriels américains et en suspendant ses achats de nombreux produits énergétiques américains. Les deux camps se sont livrés à des échanges de mesures incessants pendant des mois, paralysant les échanges bilatéraux. À l'automne 2025, face aux répercussions négatives et à la pression du monde des affaires, Washington et Pékin ont tous deux montré des signes d'apaisement.

Un tournant décisif s'est produit en marge du sommet économique de l'APEC fin octobre 2025, lors de la rencontre entre le président Trump et le président Xi Jinping à Busan, en Corée du Sud. Il en a résulté un accord commercial intérimaire historique, apaisant les tensions. Aux termes de cet accord, la Chine a également fait d'importantes concessions : elle s'est engagée à contrôler le fentanyl (une préoccupation majeure pour les États-Unis), a suspendu temporairement pendant un an les nouvelles restrictions à l'exportation de terres rares, a repris ses importations de produits agricoles américains (avec l'achat de 12 millions de tonnes de soja juste avant la fin de l'année et de 25 millions de tonnes par an jusqu'en 2028) et a levé les mesures de rétorsion visant les principales entreprises américaines. Pékin a accepté de suspendre tous les droits de douane de rétorsion imposés depuis mars 2025, de supprimer les barrières non tarifaires aux industries américaines et d'autoriser la reprise des exportations de matières premières stratégiques telles que les terres rares et l'antimoine sous licence générale. En contrepartie, les États-Unis ont également dû faire des concessions : Washington réduira de 10 % les droits de douane sur de nombreux produits chinois à compter du 10 novembre et reportera jusqu’à fin 2026 tout projet de hausse de ces droits. La Maison-Blanche a également accepté de reporter jusqu’en 2026 l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions à l’exportation visant les entreprises chinoises figurant sur la « liste noire ». Cette trêve commerciale montre qu’aucune des deux parties ne pouvait vaincre totalement l’autre dans cette guerre économique prolongée, les deux camps devant finalement accepter des ajustements pour éviter de se nuire davantage. Toutefois, la plupart des anciens droits de douane et restrictions punitifs restent en vigueur ; les relations économiques sino-américaines ne sont pas revenues à la normale, le conflit n’étant que temporairement « gelé » à un nouveau niveau.

Un autre point important concerne la question du pétrole et de l'énergie dans la compétition économique entre les deux superpuissances. Après l'escalade du conflit en Ukraine, Washington a cherché à étouffer les revenus pétroliers et gaziers de la Russie, prêt à imposer des sanctions secondaires à tout pays tiers achetant du pétrole russe à un prix supérieur au plafond fixé par le G7. Cependant, la Chine, principal client énergétique de la Russie, s'est montrée difficile à soumettre. En octobre 2025, l'administration Trump a, pour la première fois, sanctionné directement deux grandes compagnies pétrolières et gazières russes (Rosneft et Lukoil) afin d'interrompre leurs exportations de pétrole vers l'Asie. Cette mesure a contraint quatre compagnies pétrolières d'État chinoises (PetroChina, Sinopec, CNOOC et Zhenhua) à suspendre temporairement leurs achats de pétrole brut russe transporté par voie maritime afin d'éviter tout risque de dommages collatéraux. Toutefois, l'approvisionnement de la Chine en pétrole russe n'a pas été interrompu pour autant. La majeure partie des importations de pétrole russes et chinoises (environ 900 000 barils par jour) continue d'acheminer le pétrole par oléoduc, restant largement à l'abri des sanctions. De plus, les raffineries privées chinoises n'ont suspendu leurs activités que temporairement afin d'évaluer la situation et devraient reprendre leurs achats de pétrole russe par l'intermédiaire de tiers. Autrement dit, malgré les fortes menaces des États-Unis, ces derniers n'ont pas osé sanctionner directement les entreprises chinoises, permettant ainsi à Pékin de contourner la réglementation et de maintenir son approvisionnement énergétique en provenance de Moscou. Le Kremlin affirme d'ailleurs que les recettes pétrolières russes n'ont pas subi de baisse significative, notamment grâce aux importantes quantités de pétrole toujours vendues à la Chine et à l'Inde par des circuits non officiels. Les analystes estiment que Washington se trouve dans une position délicate : adopter une position plus ferme à l'égard de la Chine concernant le pétrole russe plongerait les relations bilatérales dans une crise, tandis que faire marche arrière compromettrait son objectif d'isoler la Russie. Pour l'instant, les États-Unis doivent se rendre à l'évidence : Pékin accroît sans cesse ses réserves de pétrole brut bon marché en provenance de Russie, préservant ainsi ses intérêts énergétiques malgré les pressions occidentales.


3. Géopolitique en pleine tourmente : les États-Unis contre-attaquent contre l'initiative « Ceinture et Route ».

La rivalité sino-américaine de l'année écoulée s'est également manifestée clairement sur l'échiquier géopolitique mondial. L'administration Trump a activement attaqué l'influence chinoise dans plusieurs pays participant à l'initiative « la Ceinture et la Route » (BRI), du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud à l'Amérique latine. Washington perçoit les projets BRI de Pékin comme une menace à long terme pour le statut de superpuissance des États-Unis et a cherché à perturber ou à affaiblir la présence chinoise dans les pays participants.

Au Moyen-Orient, les États-Unis maintiennent une présence militaire en Syrie et en Irak tout en accentuant la pression sur l'Iran. En 2025, le président Trump a menacé Téhéran d'une attaque militaire sans précédent et, conjointement avec Israël, l'a lancée pour son incapacité à négocier un nouvel accord nucléaire. Bien que les deux camps aient finalement évité une escalade du conflit, Washington a maintenu de lourdes sanctions qui ont paralysé l'économie iranienne. Parallèlement, les États-Unis ont poursuivi leur présence en Syrie, soutenant les forces d'opposition et entravant les efforts de la Chine et de la Russie pour étendre leur influence. De toute évidence, Washington ne souhaitait pas que la Syrie tombe dans l'orbite de la Chine et de la Russie. Ce n'est que vers la fin de 2025 que des signes d'un possible changement de tactique américain sont apparus : le président Trump s'est dit prêt à lever les sanctions pour « ouvrir la voie » à la reconstruction de la Syrie. Les analystes estiment qu'il s'agissait d'une manœuvre visant à éloigner la Syrie de l'initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie (BRI), ou du moins à partager l'influence de cet effort de reconstruction de plusieurs milliards de dollars. Néanmoins, Damas entretient des liens très étroits avec Pékin et Moscou, deux pays qui l'ont soutenue par le passé.

En Asie du Sud , les États-Unis sont également accusés d'ingérence dans les affaires intérieures de plusieurs pays proches de la Chine. Le Bangladesh, bénéficiaire d'importants investissements dans les infrastructures grâce à l'initiative « la Ceinture et la Route » (BRI), est devenu un point de tension majeur. Avant les élections générales de début 2024, Washington et l'Union européenne ont exercé une pression constante sur le gouvernement de la Première ministre Sheikh Hasina pour qu'il organise des élections « libres et équitables », allant jusqu'à menacer de sanctions de visa les responsables bangladais jugés comme « porteurs de la démocratie ». Cette initiative a été perçue par l'opinion publique bangladaise comme une ingérence flagrante dans les affaires intérieures. À l'inverse, la Chine et la Russie ont ouvertement appelé au respect de la souveraineté de Dacca et se sont opposées à toute ingérence extérieure dans les élections. En conséquence, Sheikh Hasina (proche de Pékin) a remporté un cinquième mandat, mais les tensions politiques restent vives. De même, au Népal, au Myanmar, au Pakistan, etc., les États-Unis ont intensifié leur diplomatie en coulisses pour soutenir les forces pro-occidentales, tandis que la Chine a soutenu des gouvernements ou des factions qui lui sont favorables. De nombreuses crises internes dans ces pays sont décrites par les médias russes et chinois comme une « forme de révolution de couleur » avec intervention occidentale.

Le président Trump a invité les dirigeants de cinq pays d'Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan et Turkménistan), tous frontaliers de la Chine, à un sommet spécial à Washington en novembre 2025. Il s'est engagé à renforcer la coopération économique et sécuritaire avec l'Asie centrale, afin d'empêcher ces pays de se rapprocher excessivement de la Russie et de la Chine. Notamment, le président Trump a persuadé les présidents arménien et azerbaïdjanais de se rendre à Washington pour signer un accord trilatéral visant à établir un axe Zangezur reliant l'Azerbaïdjan et l'Arménie à la Turquie sous contrôle américain. Si cet axe se concrétise, il bloquerait l'accès de la Chine à l'Europe et empêcherait la Russie d'étendre son influence dans l'océan Indien et en Afrique.



Le président américain Donald Trump s'entretient avec le président chinois Xi Jinping lors de leur rencontre bilatérale le 30 octobre 2025 à Busan, en Corée du Sud. Photo : Andrew Harnik/Getty Images

Les développements en Amérique latine ont été particulièrement significatifs, la Chine y ayant depuis longtemps accru ses investissements et contesté l'influence de Washington. L'administration Trump, à l'horizon 2025, s'est concentrée sur l'endiguement du flanc sud de la Chine par la voie diplomatique et des démonstrations de force. Plusieurs pays d'Amérique latine ayant participé activement à l'initiative « la Ceinture et la Route » (BRI) ou ayant des partenariats pétroliers avec la Chine connaissent aujourd'hui des troubles : du Guatemala à la Colombie, en passant par le Mexique et le Brésil. De nombreux gouvernements de la région revoient leur degré de rapprochement avec Pékin. Fait significatif, en septembre 2025, le Paraguay – dernier allié diplomatique de Taïwan en Amérique du Sud – a rompu ses relations avec Taipei et établi des relations avec la Chine en échange de promesses d'investissement de Pékin. Cette décision a provoqué un effet domino, suscitant des inquiétudes aux États-Unis quant à une possible perte d'influence dans leur zone d'influence. Afin de rassurer la région, les États-Unis font pression sur les gouvernements latino-américains pour qu'ils renoncent aux attraits des prêts et du commerce chinois

L'apogée de la confrontation géopolitique sino-américaine a été illustrée par la crise vénézuélienne. Ce pays d'Amérique du Sud possède les plus importantes réserves de pétrole brut au monde et est un partenaire stratégique de la Chine dans le secteur pétrolier et gazier. Pendant de nombreuses années, Pékin a investi des dizaines de milliards de dollars dans l'industrie pétrolière vénézuélienne en échange d'un approvisionnement énergétique stable. L'administration Trump était déterminée à « régler » la question vénézuélienne en raison des inquiétudes suscitées par l'influence de Pékin dans l'hémisphère occidental. À partir de fin août 2025, les États-Unis ont discrètement déployé une importante force militaire dans les Caraïbes, comprenant environ 10 000 soldats, de nombreux bombardiers B-52 et B-1B, ainsi qu'un porte-avions à propulsion nucléaire (l'USS Gerald R. Ford) stationné en permanence près du Venezuela. Washington a affirmé que cette opération visait à lutter contre le trafic de drogue, accusant Caracas d'abriter des « cartels de la drogue » qui nuisent aux Américains. De septembre à début novembre, l'armée américaine a mené au moins 16 attaques contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans les eaux vénézuéliennes, faisant environ 65 à 66 victimes. Le président Trump a également évoqué la possibilité de frappes aériennes de précision contre des installations militaires et de débarquements amphibies pour contrôler les champs pétroliers vénézuéliens et renverser le régime de Nicolas Maduro. Il a chargé le ministère de la Justice d'élaborer un cadre juridique pour étendre la campagne « antidrogue » de la mer au territoire vénézuélien et a ordonné à la CIA de mettre en œuvre un plan visant à destituer le président Maduro.

De son côté, le président Maduro a condamné avec véhémence les États-Unis, les accusant d'instrumentaliser la guerre contre la drogue pour renverser le régime et s'emparer du pétrole vénézuélien. Caracas a sollicité d'urgence le soutien de partenaires tels que la Russie et la Chine. Moscou a immédiatement condamné « l'usage excessif de la force » par Washington et réaffirmé son soutien au gouvernement vénézuélien. La Russie a même révélé avoir fourni au Venezuela des systèmes de défense aérienne Pantsir-S1 et Buk-M2E et être prête à envisager l'envoi d'armements offensifs plus sophistiqués, comme des missiles hypersoniques Oreshnik ou des missiles de croisière Kalibr, pour aider Caracas à se défendre.

La situation est devenue extrêmement tendue début novembre 2025 lorsque des informations ont circulé selon lesquelles Trump  « envisageait des options militaires directes »  pour renverser Maduro. La position intransigeante de la Maison Blanche a immédiatement suscité une vive réaction aux États-Unis : le Congrès (avec un Sénat contrôlé par l'opposition) prévoyait de voter une résolution limitant les pouvoirs de guerre, empêchant ainsi Trump d'attaquer unilatéralement le Venezuela sans l'approbation du Congrès. Les parlementaires américains craignaient que le président n'entraîne le pays dans une dangereuse aventure militaire en Amérique du Sud. Sous cette pression, Trump a déclaré n'avoir « pas pris de décision définitive » quant à une attaque, tout en affirmant que  « les jours de Maduro au pouvoir sont comptés ». Il est donc clair que les États-Unis étendent leur sphère d'influence à travers l'hémisphère occidental, déterminés à empêcher la Chine de s'implanter durablement dans leur zone d'influence traditionnelle.


CONCLUSION : Le paysage concurrentiel à long terme et les considérations stratégiques.

Avec le recul, l'ambition de contenir la Chine et de rivaliser pleinement avec elle, inscrite dans la politique du président Trump, est manifeste. Sur les plans militaire, économique et géopolitique, Washington, sous sa présidence, a renforcé sa présence et agi avec détermination pour protéger ses intérêts et contester la position chinoise.

- Sur le plan militaire, les États-Unis ont réaffirmé leur engagement à long terme dans la région indo-pacifique, n'hésitant pas à aider leurs alliés à renforcer leurs capacités offensives et allant même jusqu'à se rapprocher de la « ligne rouge » fixée par Pékin sur la question de Taïwan. Dans les domaines économique et technologique, après des échanges de représailles réciproques, les deux superpuissances ont été contraintes à une trêve temporaire, mais une dynamique de distance s'est instaurée, chaque camp réduisant sa dépendance mutuelle et développant ses propres capacités.

- Sur le plan géopolitique, les États-Unis ont connu une année faste, marquée par des contre-attaques fructueuses sur de nombreux fronts – du moins du point de vue de Washington. L'administration Trump a obtenu le soutien de plusieurs alliés et partenaires pour isoler la Chine ; parallèlement, elle a créé des difficultés pour Pékin dans des pays clés (comme l'Iran, la Syrie et le Venezuela). Cependant, ces succès géopolitiques de Trump restent fragiles et se heurtent à de nombreux défis.

Dans ses calculs stratégiques à long terme, Washington a notamment mis en œuvre une stratégie de « diviser pour mieux régner » impliquant le duo Pékin-Moscou. Trump a parfois fait preuve de bonne volonté envers le Kremlin, espérant implicitement rapprocher la Russie des États-Unis afin d'isoler la Chine. Par exemple, la Maison Blanche a limité ses critiques à l'égard de la Russie, a recherché un dialogue sur l'Ukraine et a laissé entendre qu'elle était disposée à faire preuve de souplesse si Moscou réduisait ses liens avec Pékin. Cependant, la réalité montre que les relations russo-chinoises se resserrent en raison d'intérêts économiques et sécuritaires communs et d'une méfiance partagée envers l'Occident. Selon les analyses d'experts, le président Poutine considère les États-Unis comme son principal rival et il est peu probable qu'il modifie sa position du seul fait de sa relation personnelle avec Trump. De plus, la Russie voit stabilité et pragmatisme dans son alliance avec la Chine. Le développement coordonné du bloc BRICS et la dédollarisation menés par la Russie et la Chine constituent une offensive majeure visant à affaiblir le rôle prépondérant des États-Unis. Malgré ses efforts, l'administration Trump n'est pas parvenue à briser l'axe Moscou-Pékin, car les deux pays se sont rapprochés par nécessité de survie face aux pressions américaines. Même si Washington tente de rallier Moscou à sa cause, Pékin ripostera en renforçant son soutien économique et militaire à la Russie, rendant les plans de Trump d'autant plus difficiles à mettre en œuvre. Par conséquent, les observateurs concluent que la stratégie de Washington visant à diviser la Chine et la Russie a jusqu'à présent échoué, ou du moins qu'elle est « extrêmement difficile et peu susceptible de réussir » dans le contexte actuel.

En résumé, le tableau de la confrontation sino-américaine en 2025 montre que la compétition entre les deux superpuissances s'est intensifiée et complexifiée à tous les niveaux. Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis se sont montrés plus proactifs et affirmés dans leur volonté de contenir l'influence chinoise, de l'Asie-Pacifique au Moyen-Orient et à l'Amérique latine. La Chine a également réagi avec vigueur, refusant tout compromis sur ses intérêts fondamentaux et renforçant ses alliances avec des partenaires comme la Russie et l'Iran pour contrer les pressions de Washington. Cette rivalité entre « deux superpuissances » est appelée à se prolonger. Comme le prévoient de nombreux analystes, elle constituera un marathon géopolitique qui pourrait durer des décennies, ponctué de périodes d'escalade et de détente. L'année 2025 n'est qu'une étape parmi d'autres, révélant les ambitions et les limites de chaque camp. À l'avenir, l'équilibre des pouvoirs entre Washington et Pékin, ainsi que la flexibilité de leurs stratégies, détermineront l'ordre mondial. Une chose est sûre : la partie d'échecs sino-américaine est loin d'être terminée, et les autres pays devront s'adapter avec habileté à cette intense course à deux.


SOURCES

- Wikipédia ; Nouvelle route de la soie



La Chine en rouge, les membres de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures en orange, les six corridors en noir et en bleu.

- Wikipédia : BRICS+



Pays BRICS  : Brésil, Russie, Inde, République populaire de Chine, Afrique du Sud + Émirats arabes unis, Égypte, Éthiopie, Iran, Indonésie   
BRICS partenaires : Biélorussie, Bolivie, Cuba, Kazakhstan, Malaisie, Nigéria, Thaïlande, Ouganda, Ouzbékistan, Vietnam. SANS: Algérie et Turquie   
BRICS candidates : Azerbaïdjan, Bangladesh, Myanmar, Pakistan, Sénégal, Sri Lanka, Syrie et Venezuela. SANS: Algérie et Argentine

CARTES GEOGRAPHIQUES


- Wikipédia : Asie centrale - Carte politique

- carte-du-monde.net : Les cartes du monde par continent, pays et ville











jeudi 22 janvier 2026

(FR) Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne hausse le ton à Davos en Suisse.

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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, mardi 19 janvier 2026, au forum économique de Davos : « Dans un monde de puissance brute, l’Union européenne doit abandonner sa prudence traditionnelle. » | FABRICE COFFRINI / AFP


Malgré leurs divisions, les Vingt-sept commencent à prendre la mesure des menaces que fait peser le retour des empires. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne hausse le ton. Sa main ne devra pas trembler. Et ne pas hésiter à prendre des mesures de rétorsion.

Sous les coups de boutoir de Donald Trump et de Vladimir Poutine, l’ordre international construit sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale vacille. Il faut y ajouter la pression de Pékin aussi dangereuse mais plus subtile. En expert du jeu de Go (un jeu de société originaire de Chine), l’empereur rouge avance ses pions.

Avec un coup d’avance sur ses adversaires, Xi Jinping apparaît comme le grand gagnant du désordre actuel. Sans renoncer à ses objectifs de long terme. Pékin s’appuie sur la transition énergétique et l’intelligence artificielle pour imposer ses règles. L’objectif final est clair. Il s’agit de supplanter les États-Unis. Soldant ainsi l’humiliation du pillage du Palais d’été à Pékin par les Occidentaux, le 18 octobre 1860. Les Chinois n’ont rien oublié.

L’heure est au retour des empires et l’Europe se trouve prise à revers. « L’esprit de commerce », cher à Montesquieu, ne permet pas d’endiguer la montée des périls. Ou dit autrement, il ne suffit plus. Car Washington et Moscou s’accordent au moins sur un point : la volonté de fracturer l’Europe. Le sujet est devenu obsessionnel pour Donald Trump. On l’a encore vu mercredi au sommet de Davos, en Suisse. Bateleur paranoïaque d’un monde où la violence l’emporte sur le droit, il tempête et pilonne ses anciens alliés. Avec retard, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, semble l’avoir enfin compris. « Dans un monde de puissance brute, l’Union européenne doit abandonner sa prudence traditionnelle », avait-elle martelé la veille lors de ce même sommet.


L’Europe n’est pas condamnée à être vassalisée

Le pire n’est pas certain. À condition de rester lucide et d’éviter le piège du repli sur soi. Divisée, l’Europe a besoin de s’unir, de construire une industrie de la défense qui ne soit pas dans les mains d’un pays dont la fiabilité n’est plus garantie. Simplifier ses procédures. Gagner en souplesse. S’appuyer sur le rapport Draghi pour conjurer les menaces.

Elle n’est pas condamnée à être vassalisée pour autant. Dans un monde fait d’interdépendances, la Commission dispose dans son arsenal juridique d’instruments de rétorsion qui peuvent faire très mal à l’économie américaine. Elle n’est pas seule non plus. Face à cette vague antidémocratique, un front du refus se met en place. Des voix de plus en plus nombreuses aux États-Unis contestent cette course vers l’abîme. Bruxelles compte des alliés au-delà des frontières du Vieux Continent. À commencer par le Canada et le Royaume-Uni.

Et puis, coopérer n’a jamais été aussi nécessaire. Le climat comme les virus se moquent des frontières. La pression sur les ressources hydriques nécessite de trouver des accords entre pays partageant les mêmes bassins hydrographiques. Le multilatéralisme n’a pas dit son dernier mot.

Face à tous ces enjeux, la société française devrait se demander si les bonnes questions ont été posées avec ce budget. Pour faire face à la chute de la démographie. Protéger notre industrie. Recréer une économie productive et solidaire. Prendre enfin la mesure des périls. Regarder au-delà de nos frontières.







mercredi 21 janvier 2026

(FR) Le Canada, la nouvelle obsession de Donald Trump après le Groenland ?

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Depuis son élection en novembre 2024, Donald Trump a répété plusieurs fois qu’il voulait faire du Canada le 51e État des États-Unis. Est-ce qu’il blague ? En tout cas, le ancien premier ministre Justin Trudeau a tenu à lui répondre : « Jamais, au grand jamais, le Canada fera partie des États-Unis ».


Donald Trump ne sera officiellement président que le 20 janvier 2025. Mais déjà, il multiplie les déclarations chocs. Mardi, pendant une conférence de presse, il a dit qu’il souhaitait : 

- intégrer le Canada aux États-Unis

- acheter et même s’approprier le Groenland, une île appartenant au Danemark, un pays européen

- prendre le contrôle du canal de Panama, en Amérique centrale. C’est une voie importante pour le transport des marchandises entre l’océan Pacifique et l’océan Atlantique. 

- renommer le golfe du Mexique « le golfe de l’Amérique »

Après le Groenland, c’est au tour du Canada: Trump multiplie en coulisses les critiques contre Ottawa, accusé d’être trop faible face à la Russie et la Chine dans l’Arctique, selon des responsables américains.

À Washington, plusieurs sources décrivent Trump de plus en plus préoccupé par ce qu’il considère comme l’incapacité du Canada à protéger ses frontières nord, rapporte NBC News.

Donald Trump pousserait ses conseillers à accélérer une stratégie arctique et à envisager un accord, dès l'année 2026, pour renforcer la sécurité de la région, notamment via des patrouilles conjointes et des systèmes d’alerte, selon le média américain. « Trump est vraiment inquiet de voir les États-Unis continuer à dériver dans l’hémisphère occidental et il se concentre là-dessus », confie un responsable.

Si aucune option d’envoi de troupes américaines au sol n’est discutée, l’administration souhaite accroître la coopération militaire bilatérale. L’objectif serait de solidifier l’hémisphère occidental, selon les informations de NBC News.

Un haut responsable résume la logique ainsi: « En fin de compte, c’est pour empêcher la Russie ou la Chine d’avoir une présence plus importante dans l’Arctique », ajoutant que « le Canada a tout à gagner du fait que les États-Unis aient le Groenland ».

Donald Trump insiste également sur le faible effort budgétaire canadien en défense: « Le statu quo ne suffit pas », rapporte NBC News.


COMMENTAIRE



Lors de la visite du premier ministre de Canada Mark Carney (En fonction depuis le 14 mars 2025) à la Maison-Blanche, le président Trump a une fois de plus insinué que le Canada devrait devenir le 51e État des États-UnisCarney lui a dès lors répondu avec fermeté en utilisant une métaphore immobilière : « le Canada n’est pas à vendre ».









(FR) Emmanuel Macron a déclaré qu'il n'accepterait pas un « statut de vassal ».

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Le président français Emmanuel Macron prend la parole lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le mardi 20 janvier 2026.  - M. Schreiber

(Dès jeudi 15 janvier 2026, le chef de l'Etat Emmanuel Macron, arrivé avec ses lunettes de soleil d'aviateur, était apparu l'œil droit rougi, en partie injecté de sang, lors des vœux aux Armées.)

Le président français Emmanuel Macron a déclaré que l'Europe ne céderait pas aux intimidations, après que le président américain Donald Trump a laissé entendre qu'il pourrait imposer des droits de douane très élevés si l'Europe n'autorisait pas les États-Unis à prendre le contrôle du Groenland.


Alors que de nombreux autres dirigeants européens s'efforçaient de maintenir une position mesurée afin d'éviter d'envenimer davantage les relations transatlantiques (les relations entre les pays de l'Europe et ceux du continent américain), le président Macron a réagi avec force.

S’exprimant au Forum économique mondial de Davos en Suisse le 20 janvier 2026 (heure locale), il a déclaré que la France et l’Europe n’accepteraient pas « passivement la loi du plus fort », avertissant que cela équivaudrait à accepter un « statut de vassal ».

Le président français Macron a souligné que l'Europe continuera de défendre sa souveraineté territoriale et l'état de droit, malgré ce qu'il a qualifié de tendance à un monde sans règles. Il a précisé que l'Union européenne (UE) pourrait réagir par des mesures commerciales fortes.

« Nous accordons plus de valeur au respect qu’à l’intimidation. Et nous accordons plus de valeur à l’État de droit qu’à la violence », a déclaré Macron.

Le discours de Macron est intervenu après que Trump a menacé d'imposer des droits de douane très élevés sur le vin et le champagne français, et a également publié des messages privés avec Macron, même si cela violait le protocole diplomatique.


« L’imposition constante de nouveaux droits de douane par Washington est totalement inacceptable, surtout lorsqu’ils sont utilisés comme moyen de pression contre la souveraineté territoriale », a déclaré le président français à Davos en Suisse.

Les dirigeants de l'UE ont décidé de convoquer un sommet d'urgence à Bruxelles le soir du 22 janvier 2026 pour discuter du Groenland.

Macron fait pression sur l'UE pour qu'elle utilise l'instrument anti-coercition afin de restreindre l'accès des États-Unis aux marchés publics ou de durcir les règles du commerce des services, notamment des plateformes technologiques.

Les relations entre le président Trump et l'Europe se sont considérablement détériorées depuis que le dirigeant américain a menacé de s'emparer d'une île arctique Groenland appartenant au Danemark. Cette situation provoque des turbulences dans l'industrie européenne et ébranle les marchés financiers.

M. Trump a également exprimé son mécontentement face au manque d'enthousiasme de la France pour le Conseil de la paix qu'il préside.

Interrogé sur la position de Macron concernant le Conseil de la paix, Trump a déclaré aux journalistes le 20 janvier : « J'imposerais un droit de douane de 200 % sur son vin et son champagne, et il adhérerait, mais il n'y serait pas obligé. »

Macron a confirmé qu'il n'avait pas l'intention de rester à Davos jusqu'à mercredi 21 janvier 2026, date à laquelle Trump devait commencer à participer aux événements du forum.

« Je n’ai pas besoin de modifier mon programme », a déclaré le président Macron, ajoutant que son départ de Davos le soir du 21 janvier 2026 était prévu de longue date.


COMMENTAIRE

À Davos, mardi 20 janvier 2026, le président français Emmanuel Macron a dénoncé une concurrence des États-Unis d'Amérique et rappelé les outils très puissants dont dispose l'Europe en matière commerciale quand elle n'est pas respectée. Son discours était, sans équivoque, une réponse à Donald Trump, qui s'en est pris sans relâche à ses alliés, 24 heures avant son arrivée au Forum économique mondial.

Aux 2900 dirigeants, investisseurs et délégués réunis à Davos, Macron a dit préférer le respect plutôt que les brutes et l'état de droit plutôt que la brutalité, dénonçant un monde sans loi où le droit international est bafoué.

De plus, le projet de créer un Conseil de paix de Donald Trump avec un ticket d'entrée à plus d'un milliard de dollars ne semble pas enthousiasmer Macron qui a rappelé l'attachement de la France et de l'Europe à la souveraineté nationale et aux Nations unies et à leur Charte. Par ailleurs, en guise de riposte aux droits tarifaires punitifs dont les menace Trump, l'UE est passée de la parole aux actes mardi 20 janvier 2026.




Le président américain Donald Trump au moment de serrer la main de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l'issue de leur rencontre à Turnberry, dans le sud-ouest de l'Écosse, le 27 juillet 2025. Photo : Getty Images / AFP / BRENDAN SMIALOWSKI

Par un accord majoritaire, les principaux groupes politiques du Parlement européen ont annoncé le gel du processus de ratification de l'accord commercial qu'avaient conclu le 27 juillet 2025 : Trump et von der Leyen concluent un accord douanier sur les produits de l’UE.


Nouvelle information 21 janvier 2026 - Groenland, taxes douanières : à Davos, Trump tempère ses menaces mais vitupère à tout va.

Après des semaines de déclarations plus agressives les unes que les autres, Trump a subitement annoncé mercredi soir 21 janvier 2026, dans une déclaration décousue, « le cadre d’un futur accord » sur le Groenland. Il a d’abord écarté l’hypothèse d’une invasion militaire du territoire danois, avant d’en réclamer pourtant la propriété et d’insulter copieusement l’Europe, l’Otan, le Canada, le Danemark et… Emmanuel Macron. Il a plus tard annoncé renoncer à une hausse des taxes le 1er février 2026, dont il avait menacé 8 pays européens dont la France. Les Vingt-Sept doivent se réunir ce jeudi soir 22 janvier 2026 pour décider de la stratégie à suivre.









lundi 19 janvier 2026

(FR) Qu’est-ce que l’instrument anti-coercition de l’UE pour contrer les droits de douane de Trump ?

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Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse au Conseil de l’UE, le 19 décembre 2025

Le président français Emmanuel Macron a fait savoir par son entourage ce dimanche 18 janvier 2026 qu’il demanderait l’activation de l’instrument anti-coercition de l’UE en cas d’augmentation des droits de douane par Donald Trump. Et ce pourrait être la première utilisation de ce dispositif créé en 2023.


Qu’est-ce que l’instrument anti-coercition ?

L’instrument anti-coercition (IAC) est un règlement de l’Union européenne (UE) proposé en décembre 2021, adopté en novembre 2023 et entré en vigueur le 27 décembre 2023. Il vise à protéger l’UE et ses États membres contre la coercition économique exercée par des pays tiers et fournit un cadre d’action pour l’UE, notamment en matière d’examen, de dialogue et d’adoption de contre-mesures.

En combinant la politique commerciale et la politique de sécurité, il s'agit d'un outil de défense et principalement de dissuasion. En effet, d'après le site du Parlement européen, cet outil est avant tout un outil de dissuasion : « L’objectif de cet outil anti-coercition est d’agir comme un moyen de dissuasion, en permettant à l’UE de résoudre les conflits commerciaux par la négociation ». Il est conçu pour prévenir la coercition en ripostant en appliquant des sanctions au pays qui l'exerce.

Sur le plan analytique, les actes d'une conférence de 2025 introduisent le terme de « géo-légalité » pour décrire comment l'UE utilise son autorité juridico-normative, notamment l'IAC, comme levier pour contrer les pressions (économiques) extérieures.

Parmi les mesures coercitives contre lesquelles il pourrait être utilisé figurent les boycotts et les restrictions commerciales. Une version antérieure de l’IAC contenait des mécanismes proposés d’indemnisation des États membres affectés. Toutefois, l’instrument final prévoit plutôt un cadre pour obtenir réparation de la part du pays ayant exercé la coercition.



Situation géographique du Groenland. Infographie : BBC.


Après l'envoi de troupes européennes (le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande) au Groenland, vendredi 16 janvier, Trump ne parle plus de conquérir le territoire danois par la force mais de l'acheter, avec des menaces de droits  de douane à compter du 1er février 2026 des droits de douane de 10% de tarifs supplémentaires et de 25% à compter du 1er juin 2026. Mais d'autres options sont sur la table. 

Le 18 janvier 2026, le président français Emmanuel Macron a menacé de demander « l’activation de l’instrument anticoercition » en cas de nouveaux droits de douane américains, affirme son entourage.


Procédure

Aux termes du règlement, la « coercition économique » désigne une situation dans laquelle un pays tiers cherche à exercer des pressions sur l’UE ou un État membre afin de les amener à faire un choix politique particulier, en appliquant, ou en menaçant d’appliquer, des mesures affectant le commerce ou l’investissement. 




Siège de la Commission européenne à Bruxelles (bâtiment Berlaymont).

La procédure est déclenchée lorsque la Commission européenne (CE) examine un cas potentiel de coercition, soit de sa propre initiative, soit à la suite d’une demande motivée, et soumet ensuite une proposition au Conseil de l’Union européenne afin de déterminer s’il existe une coercition économique

- Si le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, confirme l’existence d’une coercition, la Commission engage des discussions avec le pays tiers afin de trouver une solution, notamment par la négociation, la médiation ou l’arbitrage

- Si ces efforts échouent, l’UE peut adopter des « mesures de rétorsion » telles que des droits de douane, des restrictions au commerce des biens et des services, des limitations d’accès aux programmes publics et aux marchés financiers, ou des mesures affectant les droits de propriété intellectuelle et les investissements directs étrangers. Ces restrictions peuvent viser des États, des entreprises ou des particuliers, mobilisant ainsi l'autorité juridique de l'UE comme moyen de pression. 

Dans une perspective « géo-juridique », ce modèle de réponses juridiques situe l'IAC au sein d'une panoplie plus large d'instruments de contre-coercition de l'UE.


L’activation doit être approuvée à la majorité qualifiée

Combien de temps faudrait-il pour l’activer ? Quelle serait sa portée exacte ?
Beaucoup d’interrogations subsistent dans la mesure où ce dispositif n’a jamais été utilisé. Concrètement, la Commission européenne doit examiner le cas en question pour savoir s’il existe une coercition économique soit de sa propre initiative soit après une saisine

Selon les textes de l’UE, la coercition économique existe lorsqu’un pays tiers « applique ou menace d’appliquer une mesure affectant le commerce ou les investissements » dans le but d’interférer « dans les choix souverains légitimes de l’UE ou d’un État membre ».

La décision d’activation de cette mesure doit ensuite être approuvée par le Conseil de l’UE à la majorité qualifiée, c’est-à-dire avec le soutien d’au moins 55 % des États membres représentant au moins 65 % de la population de l’UE.


SOURCES

Wikipédia : Instrument anti-coercition

Le Nouvel Obs : Qu’est-ce que l’instrument anti-coercition, le « bazooka » de l’UE évoqué par Macron pour contrer les droits de douane de Trump ?

Parlement européen : Instrument anti-coercition : la nouvelle arme de l’UE pour protéger le commerce




dimanche 18 janvier 2026

(FR) Les menaces de Trump concernant le Groenland masquent un manque de stratégie arctique.

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Le navire de la marine danoise Lauge Koch patrouille les eaux au large de Nuuk, capitale du Groenland, le 11 mars 2025. Odd Andersen/AFP via Getty Images

Les efforts déployés par les États-Unis pour contrer la Russie et la Chine nécessitent le soutien de leurs alliés, plutôt que d'être considérés comme des cibles.

Lorsque le président américain Donald Trump a évoqué pour la première fois l'achat du Groenland durant son premier mandat (20 janvier 2017 - 20 janvier 2021), l'idée a été accueillie avec scepticisme. Les responsables de la sécurité nationale à Washington reconnaissaient l'importance stratégique de ce territoire danois, tout en admettant que l'île n'était clairement pas à vendre. Aujourd'hui, un an après le début de son second mandat (en fonction depuis le 20 janvier 2025), Trump a réaffirmé la volonté des États-Unis d'acquérir le Groenland, que le Danemark y consente ou non.



Carte politique du Groenland. (Wikipédia)

Les propos de Trump, bien que préoccupants et condamnés par les dirigeants européens, masquent un problème plus vaste : les États-Unis n’ont pas de stratégie claire pour l’Arctique, et leurs efforts pour contrôler le Groenland ne constituent pas une alternative viable. Au lieu de menacer d’annexion, Washington devrait renforcer sa coopération avec ses partenaires et alliés dans la région et accroître ses investissements dans les infrastructures militaires et civiles.



Carte de l'Arctique avec le cercle Arctique en bleu. (Wikipédia). L'Arctique est la région entourant le pôle Nord de la Terre, à l’intérieur et aux abords du cercle polaire arctique. Elle s'oppose à l'Antarctique, au sud.

Avec la fonte des glaces, l'Arctique acquiert une importance croissante. La fonte des glaces entraînera une augmentation de la fréquence des voies de navigation, même pour les navires dépourvus de brise-glaces. Parallèlement, la région recèle d'importantes ressources naturelles : l'Institut d'études géologiques des États-Unis (United States Geological Survey, USGS) estime que l'Arctique renferme 13 % des réserves mondiales de pétrole et 30 % des réserves mondiales de gaz naturel non découvertes et exploitables de manière conventionnelle. Le Groenland possède également de vastes réserves de minéraux critiques, dont la demande croît à mesure que les pays occidentaux prennent conscience de l'influence grandissante de la Chine sur ces ressources.

La Russie et la Chine renforcent leur présence dans la région. Moscou y investit depuis longtemps et y maintient actuellement 12 bases militaires et 16 ports en eau profonde. La Russie est également le seul pays au monde à posséder une flotte de brise-glaces à propulsion nucléaire, composée actuellement de 8 navires et prévoyant d'en acquérir d'autres. La Chine renforce également sa présence dans l'Arctique, notamment par sa coopération avec la Chine au développement d'un porte-conteneurs capable de naviguer toute l'année dans l'Arctique.

Actuellement, Pékin exploite 3 brise-glaces, ce qui permet à la Chine de mener des activités de recherche civiles et militaires dans l'Arctique. Cette région est également cruciale pour la défense territoriale des États-Unis, les systèmes radar américains et canadiens exploités par le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (North American Aerospace Defense Command, ou NORAD) assurant à Washington et à Ottawa la capacité de protéger le continent.

L'accès aux ressources et aux voies maritimes, ainsi que la lutte contre la Russie et la Chine, sont autant d'objectifs légitimes que Washington souhaite atteindre dans l'Arctique. Cependant, l'occupation du Groenland ne contribue guère à la réalisation de ces objectifs. Au contraire, les déclarations répétées de Trump nuisent aux relations entre les États-Unis et le Danemark, un allié clé de l'OTAN, ainsi qu'avec le Groenland lui-même. Washington exploite actuellement une base militaire au Groenland, la base spatiale de Pituffik, et des entreprises américaines de traitement des terres rares et de fabrication d'aimants ont signé des accords non contraignants avec une importante compagnie minière groenlandaise.



Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, en fonction depuis le 28 mars 2025

Les États-Unis pourraient accroître leur présence militaire et leurs investissements économiques au Groenland sans pour autant l'annexer. Fin décembre 2025, le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a d'ailleurs déclaré qu'« aucun obstacle ne s'oppose au renforcement de la sécurité arctique au Groenland par les États-Unis, s'ils le souhaitent ». Le traité de défense du Groenland de 1951, signé entre les États-Unis et le Danemark, autorise Washington à construire de nouvelles bases sur l'île, en plus de la base de Pituffik déjà existante. Par ailleurs, sous la pression des États-Unis, le gouvernement groenlandais a pris des mesures pour bloquer les investissements chinois et empêcher Pékin d'étendre son influence dans l'Arctique.

Le Danemark, qui considère le Groenland comme un territoire semi-autonome, a renforcé sa coopération avec les États-Unis. L'année dernière, son parlement a adopté une loi autorisant l'armée américaine à construire des bases sur son territoire. Cet accord permet aux États-Unis de maintenir une présence militaire en Europe et facilite l'accès à la région nordique. Cependant, Copenhague a également clairement indiqué que cet accord pourrait être dénoncé si Donald Trump procédait à l'annexion de tout ou partie du Groenland.

Une initiative similaire est en cours parmi les membres de l'Accord de renforcement des capacités en matière de brise-glaces (Accord ICE). Il s'agit d'un accord trilatéral entre le Canada, la Finlande et les États-Unis visant à mutualiser leurs connaissances et leurs ressources pour produire des brise-glaces destinés aux régions arctiques et polaires. Bien que ces trois pays coopèrent étroitement, les déclarations de Trump, qui souhaitait faire du « Canada le 51e État », ont conduit de nombreux Canadiens à percevoir les États-Unis comme une force négative sur la scène internationale. The Globe and Mail a publié un éditorial intitulé : « Le sort du Venezuela est un avertissement pour le Canada. »

Le Canada réévalue actuellement son achat de F-35 de fabrication américaine et recherche de nouveaux partenariats en matière de défense et de sécurité, indépendants des États-Unis. À l'instar du Groenland et du Danemark, le Canada a toujours été un partenaire volontaire des États-Unis sur les questions de sécurité arctique et joue un rôle essentiel dans le maintien des responsabilités partagées en matière de défense en Amérique du Nord. Les déclarations concernant des annexions territoriales ne rapprocheront pas le Canada, le Danemark et le Groenland des États-Unis ; au contraire, elles ne feront que les éloigner davantage.

L'administration Trump semble envisager une coopération avec la Russie, car un éventuel accord de paix en Ukraine pourrait déboucher sur des activités économiques conjointes entre la Russie et les États-Unis dans l'Arctique. Cependant, toute coopération dans cette région affaiblirait la position des États-Unis, compte tenu des vastes infrastructures civiles et militaires russes déployées dans toute la région pour l'exploitation des ressources et les revendications territoriales. Au lieu de coopérer avec Moscou, les États-Unis devraient se tourner vers leurs alliés de l'OTAN et d'autres partenaires pour défendre leurs intérêts commerciaux dans l'Arctique. Le Groenland, le Canada et d'autres nations sont prêts à accroître leurs investissements et leurs échanges commerciaux dans la région, et Washington aurait intérêt à coopérer avec eux plutôt qu'avec la Russie.

Trump devrait se concentrer sur les domaines où il a déjà obtenu des résultats positifs, notamment en encourageant ses alliés et partenaires à assumer la part croissante des responsabilités en matière de défense et de sécurité dans l'Arctique.
- En décembre 2025, le Canada s'est engagé à investir 1 milliard de dollars canadiens sur quatre ans pour améliorer les infrastructures de ces deux secteurs dans toute la région.
- En octobre 2025, le Danemark a investi 4,2 milliards de dollars américains pour renforcer la sécurité dans l'Arctique et l'Atlantique Nord, y compris au Groenland. Washington devrait également se concentrer sur son propre territoire arctique ; les récents investissements dans les infrastructures civiles et militaires en Alaska, annoncés dans le cadre de la loi d'autorisation de la défense nationale, sont perçus comme une mesure encourageante.

Outre l'augmentation des dépenses, une coopération étroite avec les autres nations arctiques et une compréhension commune des menaces posées par les adversaires régionaux seront essentielles au renforcement des défenses. Dans ce contexte, des collaborations telles que l'Accord ICE et le déploiement de troupes américaines au Groenland joueront un rôle crucial pour dissuader la Russie et la Chine dans l'Arctique. Si davantage de collaborations de ce type sont nécessaires, les menaces de Trump fragilisent ces accords.

Concernant l'Arctique, l'administration Biden a annoncé une stratégie de défense visant à renforcer les capacités des forces interarmées dans la région, à coopérer avec les partenaires et les autorités locales, et à maintenir une présence sur l'ensemble du territoire. Trump aurait tout intérêt à poursuivre la stratégie solide et cohérente mise en place par l'administration Biden. Une stratégie cohérente est plus efficace que des menaces injustifiées.

SOURCE : Imran Bayoumi, "Trump’s Greenland Threats Paper Over a Lack of Arctic Strategy", Foreign Policy, 08 janvier 2026. Il est le directeur adjoint de l'Initiative stratégique Scowcroft au Centre Scowcroft pour la stratégie et la sécurité, qui fait partie de l'Atlantic Council.


COMMENTAIRE

Après l'envoi de troupes européennes (le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande) au Groenland, Trump ne parle plus de conquérir le territoire danois par la force mais de l'acheter, avec des menaces de droits de douane à compter du 1er février 2026 des droits de douane de 10% de tarifs supplémentaires et de 25% à compter du 1er juin 2026. Mais d'autres options sont sur la table. 




Le président américain Donald Trump, le 16 janvier 2026 à Palm Beach, en Floride ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Le président français Emmanuel Macron va demander « l'activation de l'instrument anti-coercition » de l'UE en cas de nouveaux droits de douane américains. Cet instrument permet ​à l'UE de conduire des représailles contre des ​pays tiers qui utilisent la pression économique sur des membres de l'UE pour influer sur leurs politiques. Outil de dissuasion, il peut être utilisé en dernier recours pour lancer des contre-mesures, notamment un large éventail de restrictions liées au commerce, aux ‍investissements et au financement

Quelle que soit la méthode, l'objectif de Trump sera difficile à atteindre.



Manifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d'afficher son intention de s'emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk ( AFP / Alessandro RAMPAZZO )

Samedi 17 janvier 2026, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés, notamment à Copenhague et à Nuuk en scandant "le Groenland n'est pas à vendre".

Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6% y sont favorables.