mardi 6 décembre 2022

(FR) L’embargo sur le pétrole russe est entré en vigueur

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Une plateforme pétrolière russe. - CC BY-SA 4.0 / SenkYou / Wikimédia Commons

À partir du lundi 5 décembre 2022, plus aucune goutte de pétrole russe n’est censée entrer sur le territoire de l’Union européenne par voie maritime. Cette décision des vingt-sept pays membres, prise dès le 30 mai 2022 en réaction à l’agression russe en Ukraine, laissait le temps à l’Europe de diversifier ses approvisionnements.

Celle-ci a ainsi renoncé à 90 % des importations de pétrole russe réalisées avant la guerre en Ukraine. En revanche, l’importation par oléoduc continue. Elle a été exemptée d’embargo en raison de la place centrale de l’oléoduc de Droujba. Ce dernier, qui s’étend sur quelque 5 500 kilomètres, permet d’alimenter avec le pétrole de l’Oural les raffineries de plusieurs pays d’Europe centrale. La Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, trois pays sans accès à la mer et très dépendants du pétrole russe, ont finalement obtenu gain de cause lors des négociations européennes, comme l’explique Euronews dans un article de juin 2022.

À cet embargo s’ajoute une seconde sanction contre la Russie, entrée elle aussi en vigueur à partir du 5 décembre 2022 : le plafonnement à 60 dollars du prix du baril de pétrole brut d’origine russe transporté par voie maritime. Cette décision prise le 2 décembre 2022 par l’Union européenne, le G7 et l’Australie vise cette fois à tarir les échanges de pétrole de la Russie avec d’autres pays dans le monde. Le G7 sanctionnera tout pays qui achètera du pétrole russe au-delà de 60 dollars le baril. Les bateaux qui achemineront ces cargaisons ne seront plus assurés. 


Vers une nouvelle hausse des prix à la pompe ?

Pas de quoi faire frémir le Kremlin. Dmitri Peskov, son porte-parole, assurait lundi : "De telles mesures n’auront pas d’effet" sur l’offensive russe en Ukraine. L’économie russe "a toutes les capacités nécessaires" pour financer cette offensive. "En revanche, ces mesures auront sans aucun doute un effet sur la stabilité du marché mondial de l’énergie […] C’est un pas vers leur déstabilisation."

À partir du 5 février 2023, un deuxième embargo européen doit entrer en vigueur, cette fois sur les produits pétroliers raffinés comme le diesel. Il devrait être accompagné là encore d’un plafonnement de ces mêmes produits au niveau international.

Ces mesures pourraient avoir des conséquences sur les automobilistes français. "On n’est pas à l’abri, dans les semaines à venir, de constater une augmentation du prix à la pompe", observait dimanche 4 décembre 2022 sur Franceinfo Patrice Geoffron, professeur de Sciences économiques à l’université Paris-Dauphine et directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières.






 

lundi 5 décembre 2022

(FR) Russie : deux bases aériennes attaquées par des drones ukrainiens.

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Des bombardiers Tu-95MS et Tu-160 se rassemblent à la base d'Engels sur des images satellites le 29 novembre 2022. Photo : Maxar .

air-cosmos.com - Des explosions ont été aperçues sur deux bases aériennes russes et confirmées par les médias russes et réseaux sociaux. Plusieurs médias annoncent également que la cause de ces explosions serait un drone suicide ukrainien. Ces bases aériennes accueillent justement des bombardiers Tu-95 utilisés pour lancer des missiles sur l'Ukraine.


Deux explosions

Durant les premières heures du 5 décembre 2022, deux bases aériennes russes ont été secouées par deux explosions. Des vidéos confirment les incidents :

1. la base aérienne de Ryazan/Dyagilevo (Oblast de Ryazan, Russie)

2. la base aérienne d'Engels 2 (Oblast de Saratov, Russie)

Les médias russes confirment les deux explosions sur les bases mais parlent également d'une attaque aérienne ukrainienne via l'utilisation d'un drone. Les dégâts ne sont pas encore confirmés mais l'agence de presse TASS annonce que sur la base de Ryazan, trois personnes sont décédées et cinq blessées. Quatre avions seraient également endommagés (pas encore confirmé). L'agence de presse Ria Novosti confirme également l'explosion sur la base de Ryazan, confirmant un camion-citerne en feu, 3 personnes décédées et 6 autres blessées. En ce qui concerne Engels-2, certaines informations, non confirmées pour l'instant, parlent de deux avions touchés.



Localisation de deux bases aériennes russes Dyagilevo et Engels. Graphismes : AP .


Quelles conséquences ?

Ces deux explosions sont importantes car elles sont lourdes de conséquences : en partant du principe que l'attaque de drones ukrainiens est confirmée, cela veut dire que l'Ukraine est capable de frapper profondément en Russie : Engels-2 se trouve à 600 kilomètres des premières lignes ukrainiennes et Ryazan à environ 500 kilomètres. 

Ces deux bases sont également symboliques ; 

1. Ryazan accueille des bombardiers Tu-22M et des bombardiers stratégiques Tu-95.

2. Engels-2 semblait accueillir à la fin du mois de novembre 2022 une vingtaine de bombardiers stratégiques Tu-95 mais aussi et surtout quelques bombardiers stratégiques Tu-160. Des appareils de transport stratégique Il-76 sont également présents en faible nombre sur la base d'Engels 2.

Au total, les capacités des Forces aériennes russes (stratégiques et conventionnelles) incluaient au début de l'année 2022 ;

- 60 Tu-22M3

- 120 Tu-95MS

- 30 Tu-160 (et 2 Tu-160M en phase d'essai)

La destruction de plusieurs de ses appareils - utilisés par les Russes pour lancer des missiles en Ukraine - pourrait obliger les Russes à les reculer un peu plus de l'Ukraine.


Un probable Tu-141 ?

Une caméra d'un immeuble résidentiel situé non loin de la base aérienne d'Engels-2 a pu enregistrer le son d'un avion ou drone à réaction : à environ 15 secondes, l'objet en question est passé en faisant énormément de bruit. Un habitant situé devant la caméra s'est d'ailleurs décalé pour voir ce qui passait au-dessus de lui. L'information n'est pas encore confirmée mais différents tweets parlent d'un drone Tu-141 Strizh. Il s'agit au départ d'un drone de reconnaissance à réaction qui aurait été modifié avec une charge offensive. Ce drone date de l'époque soviétique et est utilisé par les Russes et les Ukrainiens en Ukraine.



Drone Tu-141 sur sa plateforme de lancement. Le camion qui sert de centre de commandement permet d'avoir une idée de la taille du drone (14,3 mètres de long, masse de 6,2 tonnes). © Ukrainian MoD

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Un nouveau drone ukrainien ?



La seule image d'une partie du nouveau drone ukrainien, publiée par sur le compte Facebook d'Ukroboronprom le 17 octobre 2022. © Ukroboronprom

Ces deux explosions coïncident également avec l'annonce d'un nouveau drone au sein des Forces armées ukrainiennes peu avant les premières annonces de ces attaques. En effet, Ukrobonoprom a officiellement annoncé avoir testé avec succès un drone suicide équipé d'une charge de 75 kg.

Le drone avait déjà réalisé plusieurs vols concluants, en ce compris des essais dans un environnement de guerre électronique actif. Il ne manquait donc plus qu'une première utilisation au combat pour confirmer ce nouveau drone suicide. 

Aucune image n'existe, ni même information sur ce nouveau modèle. Si "l'essai" en conditions réelles s'avère effectivement être ces deux attaques, il s'agit d'un essai osé ; survoler le territoire russe en profondeur est risqué, surtout en ce qui concerne les zones frontalières, équipées de brouilleurs et de systèmes antiaériens. Il faut également ajouter les radars de défense aérienne de ces bases stratégiques et leurs défenses éventuelles.



Base aérienne d'Engels-2 Russie :
drone ukrainien frappe et endommagé 2 bombardiers russes Tu-95



Une autre explosion s'est produite sur un aérodrome près de Riazan, en Russie.











samedi 3 décembre 2022

(FR) L'Espagne a remis les premiers systèmes de défense aérienne HAWK à l'Ukraine.

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Systèmes de défense aérienne HAWK. 2015. Crédits photo : Bjørn Steiner

mil.in.ua - Les premiers systèmes de défense aérienne HAWK sont arrivés en Ukraine en provenance d'Espagne.

Oleksii Reznikov, ministre de la Défense de l'Ukraine, en a fait rapport.

Margarita Robles, ministre espagnole de la Défense, s'est également rendue en Ukraine et a rencontré Oleksiy Reznikov à Odessa.

Au cours de la réunion, les parties ont convenu que davantage de militaires ukrainiens pourraient suivre une formation en Espagne.

En outre, les ministres de la Défense ont honoré la mémoire des soldats ukrainiens tombés au combat et ont également rendu visite aux défenseurs ukrainiens blessés à l'hôpital.



Le ministre ukrainien de la Défense Oleksii Reznikov et le ministre espagnol de la Défense Margarita Robles. Décembre 2022. Ukraine. Crédits photo : Ministère de la Défense de l'Ukraine

L'Espagne a promis à l'Ukraine 6 systèmes de missiles sol-air à moyenne portée MIM-23 HAWK (Homing All the Way Killer) de fabrication américaine. Ces systèmes sont capables d'effectuer des tâches de défense antimissile.

En novembre 2022, l'Espagne a annoncé qu'elle accueillerait 64 militaires ukrainiens qui suivraient une formation à Tolède. En outre, 19 militaires ukrainiens ont été formés à l'utilisation de l'Aspide SAM. Selon le ministère de la Défense, l'Espagne a la possibilité de former environ 400 soldats ukrainiens tous les deux mois.


FAUCON

Le MIM-23 Hawk est un système de missile anti-aérien à moyenne portée fabriqué par Raytheon. Il a été adopté par les États-Unis en 1960, et depuis lors, il a subi plusieurs programmes de modernisation.

En 1994, l'armée américaine a remplacé le système par le MIM-104 Patriot SAM. Mais l'American Marine Corps a utilisé le HAWK jusqu'en 2002.



Système de missile antiaérien Homing All the Way Killer. 2015. Crédits photos : Benjamin Reed

La première version du système de défense aérienne avait une portée allant jusqu'à 25 km et une altitude allant jusqu'à 13,7 km. Après la modernisation, la portée maximale d'interception de la cible a été portée à 40 km avec une altitude d'interception maximale de 18 km.

À partir de 2021, les systèmes espagnols améliorés de défense aérienne HAWK subissent une modernisation progressive dans le cadre du programme Hawk 21 - qui représente une modification améliorée et plus compacte du système.




 

(FR) L’UE avertit Elon Musk de renforcer les contrôles sur Twitter avant les nouvelles règles.

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Thierry Breton, commissaire européen chargé de la politique numérique.

actualitescanada.com - L’Union européenne a adressé un avertissement à Elon Musk, propriétaire de Twitter, lui indiquant que la plateforme serait interdite si elle ne renforçait pas ses politiques de modération et n’abandonnait pas son approche « arbitraire » de la réintégration des utilisateurs bannis.

Un haut responsable de l’Union européenne a averti Elon Musk mercredi 30 novembre 2022 que Twitter devait renforcer les mesures pour protéger les utilisateurs des discours de haine, de la désinformation et d’autres contenus préjudiciables afin d’éviter de violer les nouvelles règles qui menacent les géants de la technologie de lourdes amendes ou même d’une interdiction dans les 27 pays. bloc.

Thierry Breton, commissaire européen chargé de la politique numérique, a déclaré au PDG du milliardaire Tesla que la plate-forme de médias sociaux devra redoubler d’efforts pour se conformer aux nouvelles règles, connues sous le nom de loi sur les services numériques, qui doivent entrer en vigueur l’année prochaine.

Les deux hommes ont tenu un appel vidéo pour discuter de la préparation de Twitter à la loi, qui obligera les entreprises technologiques à mieux contrôler leurs plateformes pour le matériel qui, par exemple, fait la promotion du terrorisme, des abus sexuels sur des enfants, des discours de haine et des escroqueries commerciales.

Cela fait partie d’un nouveau livre de règles numériques qui a fait de l’Europe le leader mondial dans la volonté de limiter le pouvoir des entreprises de médias sociaux, créant potentiellement un conflit avec la vision de Elon Musk pour un Twitter plus libre. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a également déclaré mercredi 30 novembre 2022 qu’une enquête sur l’achat de 44 milliards de dollars de Elon Musk n’était pas exclue.

Thierry Breton s’est dit ravi d’apprendre que Elon Musk considère les règles de l’UE comme « une approche sensée à mettre en œuvre à l’échelle mondiale ».

« Mais soyons également clairs sur le fait qu’il reste encore beaucoup de travail à faire », a déclaré Elon Musk, selon une lecture de l’appel publiée par le bureau de Thierry Breton. « Twitter devra mettre en place des politiques d’utilisation transparentes, renforcer considérablement la modération du contenu et protéger la liberté d’expression, lutter contre la désinformation avec détermination et limiter la publicité ciblée. »

Après que Elon Musk, un « absolutiste de la liberté d’expression » autoproclamé, a acheté Twitter il y a un mois, des groupes qui surveillent la plate-forme pour les discours racistes, antisémites et autres discours toxiques, comme l'organisation à but non lucratif Cyber Civil Rights Initiative (CCRI), disent qu’elle est en augmentation dans le monde. place publique numérique facto.

Elon Musk a manifesté son intérêt à revenir sur de nombreuses règles précédentes de Twitter destinées à lutter contre la désinformation, plus récemment en abandonnant l’application de sa politique de désinformation COVID-19. Il a déjà rétabli certains comptes de haut niveau qui avaient violé les règles de contenu de Twitter et avait promis une « amnistie générale » rétablissant la plupart des comptes suspendus à partir de cette semaine.

Twitter n’a pas répondu à une demande de commentaire par e-mail. Dans un article de blog séparé mercredi 30 novembre 2022, la société a déclaré que la « sécurité humaine » était sa priorité absolue et que son équipe de confiance et de sécurité « poursuivait son travail diligent pour protéger la plate-forme contre les comportements haineux, les comportements abusifs et toute violation des règles de Twitter ».

Elon Musk, cependant, a licencié la moitié des 7.500 employés de l’entreprise, ainsi qu’un nombre incalculable de sous-traitants responsables de la modération du contenu. Beaucoup d’autres ont démissionné, y compris le responsable de la confiance et de la sécurité de l’entreprise.

Lors de l’appel de mercredi 30 novembre 2022, Elon Musk a accepté de laisser la Commission exécutive de l’UE effectuer un « test de résistance » au siège de Twitter au début de l’année prochaine pour aider la plate-forme à se conformer aux nouvelles règles plus tôt que prévu, selon la lecture.

Cela aidera également l’entreprise à se préparer à un « audit indépendant approfondi » comme l’exige la nouvelle loi, qui vise à protéger les internautes contre les contenus illégaux et à réduire la diffusion de matériel nuisible mais légal.

Les violations pourraient entraîner d’énormes amendes allant jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial annuel d’une entreprise ou même une interdiction d’opérer sur le marché unique de l’Union européenne.

Avec les régulateurs européens, Elon Musk risque de se heurter à Apple et Google, qui alimentent la plupart des smartphones du monde. Les deux ont des politiques strictes contre la désinformation, les discours de haine et autres fautes, précédemment appliquées pour démarrer des applications comme la plate-forme de médias sociaux Parler à partir de leurs appareils. Les applications doivent également respecter certaines normes de sécurité des données, de confidentialité et de performance.

Elon Musk a tweeté sans fournir de preuve cette semaine qu’Apple « a menacé de retirer Twitter de son App Store, mais ne nous dira pas pourquoi ». Apple n’a pas commenté.

Pendant ce temps, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, est revenue sur ses déclarations quant à savoir si l’achat de Twitter par Elon Musk justifiait un examen par le gouvernement.

« Je me suis mal exprimé », a-t-elle déclaré lors du sommet DealBook du New York Times mercredi 30 novembre 2022, faisant référence à une interview de CBS ce mois-ci où elle a déclaré qu’il n’y avait "aucune base" pour examiner l’achat de Twitter.

Le secrétaire au Trésor supervise le Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis, un comité interinstitutions qui enquête sur les risques pour la sécurité nationale des investissements étrangers dans les entreprises américaines.

« S’il y a de tels risques, il serait approprié que le Trésor y jette un coup d’œil », a déclaré Janet Yellen au New York Times.

Elle a refusé de confirmer si le Comité pour l'investissement étranger aux États-Unis (Committee on Foreign Investment in the United States, CFIUS) enquêtait actuellement sur l’achat de Elon Musk sur Twitter.

Le milliardaire saoudien Prince Alwaleed bin Talal est, à travers sa société d’investissement, le plus grand actionnaire de Twitter après Musk.


( Les écrivains d’Associated Press Fatima Hussein à Washington et Matt O’Brien à Providence, Rhode Island, ont contribué. )





vendredi 2 décembre 2022

(FR) Les missiles GEM-T du système américain de défense aérienne Patriot vont être produits en Allemagne.

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Photo : MBDA Deutschland

opex360.com - Les missiles GEM-T du système américain de défense aérienne Patriot vont être produits en Allemagne.

Pour le chancelier allemand, Olaf Scholz, et à la lumière de la guerre en Ukraine, la défense aérienne doit être un sujet prioritaire. Au point que, en octobre 2022, l’Allemagne a réussi à fédérer une quinzaine de pays membre de l’OTAN autour de son initiative « European Sky Shield », laquelle vise à mettre en place un « bouclier antimissile » devant reposer les systèmes IRIS-T SLM de l’allemand Diehl Defence, Arrow-3 mis au point par Israël, avec un appui américain et Patriot.

Dans le détail, cette initiative vise à mutualiser les achats de systèmes de défense aérienne entre les pays participants. Cependant, elle a été mal accueillie par la France… Et le président Macron, dont on sait l’importance qu’il donne aux relations franco-allemandes, ne s’est pas privé de le dire, lors de la présentation de la Revue nationale stratégique RNS, le 9 novembre 2022.

La « défense aérienne de notre continent, c’est une question stratégique, solidaire et aux multiples ramifications. Elle ne peut se résumer à la promotion d’une industrie nationale ou d’industries tierces aux dépens de la souveraineté européenne », a ainsi fait valoir le locataire de l’Élysée.

Quoi qu’il en soit, la remarque de M. Macron n’a visiblement pas fait ciller MBDA Deutschland… dans la mesure où la filiale allemande du missilier a annoncé, le 30 novembre 2022, la signature d’une « feuille de route » avec le groupe américain Raytheon pour produire à Schrobenhausen (Bavière) les missiles GEM-T des système de défense aérienne Patriot destinés au marché européen.



Photo : MBDA Deutschland

Le système « Patriot s’impose comme étant la colonne vertébrale de l’Otan et de la défense aérienne allemande. Raytheon Missiles & Defense et MBDA étendent désormais leur partenariat, avec une feuille de route stratégique pour la production de missiles intercepteurs en Allemagne. Cela permettra […] d’utiliser le Patriot au sein de la Bundeswehr au moins jusqu’en 2048 », a indiqué MBDA Deutschland. Cette feuille de route « ouvre également la possibilité de livrer des GEM-T de fabrication allemande à d’autres partenaires utilisant des Patriot en Europe », a ajouté l’industriel.

La production des missiles GEM-T devrait revenir à COMLOG, la co-entreprise détenue par MBDA Deutschland et Raytheon. Jusqu’à présent, cette structure assurait le maintien en condition opérationnelle (MCO) des batteries Patriot mises en oeuvre par les forces allemandes.

Pour rappel, le système Patriot est un concurrent du système sol-air moyenne portée/terrestre (SAMP/T) - Mamba, développé dans le cadre d’une coopération franco-italienne associant MBDA et Thales, via le consortium Eurosam. D’où les critiques de M. Macron à l’endroit de l’initiative allemande « European Sky Shield »…






(FR) Défense : Airbus et Dassault concluent un accord sur le SCAF.

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La France a programmé entre 2023 et 2025 1,26 milliard d'euros de crédits de paiement (372,8 millions en 2023, 471,17 millions en 2024 et 416,51 millions en 2025). (Crédits : Dassault Aviation / Eridia Studio / V. Almansa)

opex360.com - Airbus et Dassault Aviation sont enfin parvenus à un accord sur le projet d'avion de combat européen (NGF), l'un des piliers du programme SCAF (système de combat aérien du futur).

En février 2021, à l’issue d’un conseil franco-allemand, Angela Merkel jeta un froid au moment d’évoquer le Système de combat aérien du futur SCAF (en anglais Future Combat Air System, FCAS) , un programme lancé en 2017 par la France et l’Allemagne, rejoint plus tard par l’Espagne.

« Vous savez que c’est un projet sous leadership français mais il faut quand même que les partenaires allemands puissent être à un niveau satisfaisant face à leurs homologues français. Nous devons donc voir très précisément les questions de propriété industrielle, de partage des tâches et de partage de leadership », avait-elle lancé, se faisant ainsi l’avocate des exigences posées par son industrie… et le chambre basse du Parlement allemand Bundestag.

À l’époque, il était question de lancer la phase 1B (celle ouvrant la voie à un démonstrateur) et le blocage concernait surtout le pilier n°1 du programme, c’est à dire l’avion de combat de nouvelle génération NGF (New Generation Fighter en anglais, NGF). En effet, estimant avoir déjà fait assez de concessions, Dassault Aviation entendait garder les leviers lui permettant de tenir son rôle de maître d’oeuvre, ce qui lui contestait le constructeur d’avion franco-allemand Airbus, représenté par ses filiales allemandes et espagnoles.

En effet, l’industriel français avait déjà accepté que 50% des tâches spécifiques se fissent sans responsable désigné et que les 50% restantes fussent partagées selon la règle des trois tiers, dont deux tiers devait revenir à Airbus, grâce à ses deux filiales. Seulement, il n’était pas question pour lui de transiger sur sa propriété intellectuelle et de céder sur les commandes de vol, l’architecture fonctionnelle, l’interface homme-machine et la furtivité du NGF.

Quoi qu’il en soit, et malgré trois rapports (deux du ministère allemand de la Défense et un de la Cour fédérale allemande des comptes) ayant dénoncé la « mainmise française » sur le SCAF, le Bundestag accorda, du bout des lèvres, le financement nécessaire au lancement de cette phase 1B. Ce qui permit par la suite, au niveau gouvernemental, la signature de l’Arrangement d’application n°3. Seulement, aucun accord n’était encore en vue entre les industriels impliqués dans le développement du NGF.

En mars 2022, le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, ne cacha pas son impatience. « Avec la France qui est leader sur le contrat, Dassault Aviation est prêt à signer. On a fait tout ce qu’il fallait pour pouvoir signer avec Airbus. J’attends la signature d’Airbus », avait-il lancé. Et d’évoquer un « plan B ».

De son côté, en juin 2022, le PDG d’Airbus Defence & Space, Michael Schoellhorn, fit monter les enchères, dans un entretien accordé au quotidien Les Échos, en contestant le statut de « meilleur athlète » de Dassault Aviation, en particulier dans le domaine des commandes de vol.

Dans le même temps, l’idée d’un échec du SCAF, ou plus précisément du NGF, commença à être évoquée de plus en plus ouvertement, tant en France qu’en Allemagne. En témoignent les propos tenus par certains députés (y compris ceux de la majorité) lors de l’examen des crédits de la mission Défense pour 2023 à l’Assemblée nationale…

Cela étant, malgré les positions fermement défendues par les industriels concernés, les discussions se sont poursuivies. Et elles ont fini par aboutir, sans que l’on sache encore qui, de Dassault Aviation et d’Airbus, a fait des concessions… Ou s’il s’agit de ne pas laisser filer une partie des budgets débloqués pour la phase 1B (soit 3,6 milliards d’euros)…

Toujours est-il que, dans la soirée du 18 novembre 2022, la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, a annoncé, via Twitter, qu’un « accord politique » sur le SCAF venait d’être conclu après des « négociations intenses » entre les industriels. Et d’y voir un « signe important de l’excellence coopération franco-germano-espagnole », ajoutant qu’il « renforce les capacités militaires de l’Europe et garantit un savoir-faire important non seulement pour notre industriel, mais aussi pour l’industrie européenne ».

Selon l’AFP, l’Élysée a réagi avec une déclaration quasiment identique à celle faite par Mme Christine Lambrecht, mais en ne manquant pas de rappeler que la « France assure le rôle de chef de file du projet ». À ce propos, il est étonnant que la partie française ait été devancée par Berlin pour faire cette annonce… Et à l’heure de la rédaction de cet article, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, n’a encore rien dit. En outre, Dassault Aviation n’a publié aucun communiqué et reste muet sur ses réseaux sociaux.

Pour le moment, seul Airbus s’est exprimé au sujet de cet accord qui, d’après lui, « représente un grand pas en avant pour ce programme phare de défense européen ». Cependant, a-t-il continué, un « certain nombre d’étapes formelles dans les pays respectifs doivent être franchies afin de permettre une signature rapide du contrat auquel nous devrons nous conformer ».

Pour autant, la route est encore longue est semée d’embûche. Lors de l’examen du budget allemand de la Défense 2023, la semaine passée, le Bundestag a réaffirmé sa volonté de voir le SCAF et le Système Principal de Combat Terrestre MCGS (Main Ground Combat System, le char franco-allemand du futur, dont la direction a été confiée à Berlin) avancer au « même rythme » et défendu une « meilleure prise en compte des intérêts de l’industrie allemande ». Deux exigences qui, selon lui, ne sont actuellement pas satisfaites.

Enfin, il n’est pas impossible non plus que le Parlement français ait un mouvement d’humeur s’il considère que les intérêts de la France ne sont pas suffisamment défendus, tant pour le SCAF que pour le MCGS.

Pour rappel, parmi les six autres piliers du SCAF, celui relatif aux moteurs devait être dirigé par Safran, qui, à la demande de Berlin, a finalement dû consentir à former, avec l’allemand MTU, la co-entreprise EUMET. Et Airbus Allemagne assure la direction des travaux sur les « effecteurs connectés », avec les filiales française et allemande de MBDA ainsi que l’espagnol SATNUS pour partenaires. Même choisie pour le « cloud de combat », en association, cette fois, avec Thales et Indra (par ailleurs désigné « leader » pour les capteurs). Enfin, Airbus Espagne a la main sur la furtivité, Airbus Allemagne et Dassault Aviation ayant été désigné « partenaires principaux ».



SCAF : Français, Allemands et Espagnols s'engagent sur la phase 1B du programme de système de combat.



SCAF: un chasseur de 6ème génération contre les nouvelles menaces








jeudi 1 décembre 2022

(FR) Les États-Unis prennent de nouvelles mesures contre Huawei et ZTE

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journaldugeek.com - Dans le collimateur des États-Unis depuis de nombreuses années, les entreprises technologies ne sont toujours pas les bienvenus sur le territoire américain. L’administration Biden vient d’interdire les technologies de Huawei, ZTE et Hikvision en raison d’un « risque inacceptable » pour la sécurité nationale.

Le gouvernement américain a décidé d’interdire la vente des nouveaux équipements de télécommunication de plusieurs entreprises chinoises sur son territoire. La Commission fédérale des communications ou FCC ( Federal Communications Commission ), a voté vendredi 25 novembre 2022 à l’unanimité l’adoption de ces nouvelles règles. Elle évoque un « risque inacceptable » pour la sécurité nationale des États-Unis, rapportent les agences AP et Reuters. La décision fait suivre à la directive du Secure Equipment Act de 2021, promulguée par le président Joe Biden en novembre 2022. Cette dernière impose de nouvelles restrictions à près d’une demi-douzaine d’entreprises chinoises.

Parmi les cibles de l’administration Biden, on retrouve les groupes chinois Huawei et ZTE. Ces deux entreprises figurent déjà sur la « liste noire » de Washington ; ce qui a déjà eu un impact important sur les activités de ses deux sociétés. Dans cette nouvelle liste, on note aussi la présence des spécialistes chinois de la vidéosurveillance Dahua Technology et Hikvision ; ou de la compagnie télécoms Hytera.


Qu’est-ce que ça change ?

Dans un contexte de tensions ouvertes entre les deux pays, cette mesure confirme la méfiance des États-Unis à l’égard des technologies chinoises. Le pays de l’Oncle Sam craint que les géants chinois de la « tech » utilisent leurs équipements pour l’espionner. Ces entreprises ont pourtant toujours nié qu’elles transmettaient des informations à Pékin.

Notez en revanche que certaines sociétés chinoises, comme le spécialiste de la vidéosurveillance Hikvision, ont déjà été accusées de participer à la répression de la population ouïghoure. L’entreprise Hikivision a d’ailleurs fait savoir dans un communiqué que ses produits ne menaçaient pas la sécurité nationale des États-Unis. Contactés, les autres sociétés n’ont pas souhaité réagir.

« Ces nouvelles règles représentent une partie importante de nos efforts actuels pour protéger le peuple américain des menaces en termes de sécurité nationale impliquant les télécommunications », explique la présidente de la FCC, Jessica Rosenworcel, dans un communiqué.

Avec cette décision, les firmes concernées ne sont plus en mesure de vendre de nouveaux produits ou nouveaux équipements de télécommunication. Elles peuvent encore commercialiser des produits déjà autorisés par la FCC. En revanche, elles n’obtiendront plus de nouvelles autorisations de mise sur le marché. Sur cette question, l’administration Biden se classe dans la même lignée que celle de son prédécesseur Donald Trump.


Comme Huawei ou ZTE, TikTok est menacé

Notez que le gouvernement américain envisage également de prendre des mesures contre TikTok. L’application chinoise, qui fait un carton chez les 15-24 ans, est sur un siège éjectable depuis de nombreux mois. Déjà dans le viseur de Donald Trump, elle préoccupe les autorités américaines en raison d’une possible fuite de données des utilisateurs vers la Chine. En Europe, TikTok est aussi sous surveillance.